Tidjane Thiam, CEO de Credit Suisse depuis juillet 2015, indique dans un entretien à L’Agefi suisse avoir relevé le défi de la compliance. Au cours des trois dernières années, Credit Suisse a ainsi recruté plus de 800 personnes pour la compliance. «Il s’agit-là d’un sujet important et intéressant. Je dirais même que ce sujet est passionnant. C’est en plus une question de vie ou de mort: lors de ces dix dernières années, les problèmes de compliance nous ont coûté quelque 15 milliards de francs, notamment en frais d’avocats et en amendes, sans parler du dégât d’image. La compliance est devenue tellement importante que, depuis l’année 2015, cette fonction a été érigée en fonction autonome, représentée à part entière dans notre Comité Exécutif. Une banque qui veut avoir du succès doit trouver un équilibre entre plusieurs objectifs : l’esprit d’entreprise, le respect de la législation ainsi que la protection des intérêts à long terme de ses clients et actionnaires», explique le patron de Credit Suisse dans les colonnes du quotidien. Après trois ans de restructuration, Tidjane Thiam n’exclut pas de réaliser des opérations de croissance externe, mais pas à grande échelle. «Bien que notre programme de restructuration soit achevé, nous avons encore beaucoup d‘opportunités d’amélioration à l’interne. Néanmoins, nous sommes ouverts - et nous l’avons dit plusieurs fois - à l’opportunité de consolidation domestique, c’est-à-dire à l’intérieur de marchés dans lesquels nous sommes déjà actifs. Il est aussi possible que nous coopérions avec ce type de banques - mais sans les acheter - par exemple en mettant à leur disposition notre système informatisé de compliance et nos plates-formes. En revanche, nous sommes très sceptiques sur les acquisitions et fusions internationales, par-delà des frontières («cross border»)», indique Tidjane Thiam.