Ant, les leçons d’un fiasco
En Chine, le Parti a toujours raison, et ce n’est pas Jack Ma qui dira le contraire. Pékin vient de rappeler au fondateur d’Alibaba qui était le patron, en n’hésitant pas à torpiller la plus importante introduction en Bourse de l’histoire, celle du géant des services financiers Ant Group, à quarante-huit heures du grand jour. Pas vraiment réputé pour sa modestie, l’entrepreneur avait brocardé devant les plus hauts officiels de son pays l’obsolescence des banques publiques et de leur cadre réglementaire, comparant tout ce joli monde à un club de vieux messieurs. Sans doute cette sortie intempestive a-t-elle contribué à braquer les autorités, mais l’on aurait tort de résumer cette séquence incroyable à un bras de fer entre le peu diplomate homme d’affaires et sa tutelle.