Renforcer. Après l’avoir doté de 3 milliards d’euros en 2019, l’Etat a décidé de fournir une rallonge de 500 millions au plan Deeptech, confié à Bpifrance. Ces fonds supplémentaires viendront compléter le dispositif de financement et d’accompagnement de start-up développant une innovation de rupture, du laboratoire au marché et de l’idée au produit. Dès le premier trimestre 2023, Bpifrance amplifiera son action en amont de la création des start-up via de nouvelles initiatives, telles que le financement des écosystèmes académiques pour la conception et la mise en œuvre de leur mission d’innovation à travers le dispositif PUI (Pôles universitaires d’innovation) à hauteur de 160 millions sur trois ans, la bourse French Tech Lab, pour financer les projets de start-up avant leur création pour 20 millions, et le « Ticket Idéation », pour 400.000 euros, pour identifier le potentiel applicatif de résultats de recherche. L’objectif est de favoriser l’émergence de 500 start-up d’ici à 2030. Ces nouveautés s’accompagnent d’un renforcement des actions existantes comme la bourse French Tech Emergence pour 10 millions, les aides au développement Deeptech pour 30 millions et le concours Innovation Lab pour 10 millions.
Licornes. Malgré un ralentissement des levées de fonds au second semestre 2022, la French Tech a battu un nouveau record en levant 13,49 milliards d’euros au cours de l’année passée, soit une hausse de 17 % par rapport à 2021, selon le bilan annuel du baromètre EY. Désormais composé de 27 entreprises, le club des licornes a accueilli 8 nouveau membres sur la période : Qonto, Exotec Solutions, Payfit, Ankorstore, Spendesk, Ecovadis, NW Group et Younited. Les services internet et les logiciels ont porté le marché avec chacun 2,9 milliards levés en 2022. La France fait ainsi mieux que l’Allemagne, qui a vu le montant des levées de fonds baisser de 38 % sur l’année, à environ 10 milliards d’euros, et affiche une meilleure dynamique que le Royaume-Uni où le financement des start-up a reculé de 15 % à 27,5 milliards. Le tour de table le plus notable de 2022 en Europe a été celui du britannique The Access Group pour 1,2 milliard d’euros.
Allianz Trade, Santander CIB et la fintech britannique Two se sont alliés pour développer une solution « Buy now pay later » à destination des grandes entreprises.
Le groupe d’analyse des produits pharmaceutiques, alimentaires et de l’environnement Eurofins Scientific a annoncé mardi avoir levé 600 millions d’euros via une émission d’obligations hybrides. La transaction a été sursouscrite plus de 2,7 fois, a précisé le groupe français dans un communiqué. Ces obligations hybrides porteront un coupon annuel à taux fixe de 6,75% durant les cinq premières années et demie, soit jusqu’au 24 juillet 2028, le groupe ayant ensuite la possibilité de les rembourser.
Les 470 millions d’euros d’obligation convertibles émises en novembre dernier n’ont pas été épargnées par la réduction des objectifs financiers de l’entreprise.
Souveraineté. Le fonds Lac1 géré par Bpifrance entre, à hauteur de plus de 5 %, au capital d’Elis, spécialiste de la location-entretien d’articles textiles et d’hygiène, en vue de soutenir son développement. Le fonds souverain à la française rassemble une quarantaine d’investisseurs, français et internationaux. Lancé en mai 2020 avec 4,2 milliards d’euros, il a vocation à « accompagner sur le long terme des multinationales françaises cotées performantes qui souhaitent stabiliser leur capital en s’appuyant sur Bpifrance ».
Confiance. Bel a dévoilé le lancement d’un second Schuldschein, après celui de 2013. Ce placement privé de droit allemand s’inscrit dans le modèle de développement du groupe visant à conjuguer performances financière et extra-financière : le financement est lié, pour les maturités de plus de 3 ans, à trois objectifs : réduction des émissions de gaz à effet de serre, développement de diagnostics carbone et plans d’action auprès des producteurs de lait, contribution à une alimentation plus saine sur ses marques cœur à destination des enfants et des familles. Le montant du Schuldschein multidevise s’élève à 315 millions d’euros : 195 millions en euros, 120 millions en dollars, avec des tranches de 3 à 12 ans. Bel se prévaut d’une large sursouscription (taille initiale envisagée de 200 millions) et de conditions financières attractives. L’opération a été arrangée par Crédit Agricole CIB, Commerzbank, HSBC Trinkaus et la Société Générale.
L’entreprise d’ingénierie Spie a annoncé mardi le lancement d’une émission d’obligations remboursables en numéraire et en actions nouvelles et existantes, ou Ornane, indexées à des critères de développement durable à échéance 2028 pour un montant nominal de 400 millions d’euros. A la Bourse de Paris, l’action Spie recule de 4,1%, à 24,14 euros.