Les dirigeants des pays membres du G20 ont affirmé jeudi leur détermination à former un front uni contre le coronavirus: 5.000 milliards de dollars (4.550 milliards d’euros) seront injectés pour tenter d’endiguer l'épidémie qui fait planer le spectre d’une récession.
Le conseil d’administration de la Banque mondiale est en train de boucler un plan d’aide dont le montant pourrait atteindre 160 milliards de dollars (146 milliards d’euros) sur les 15 prochains mois pour atténuer l’impact de la pandémie de coronavirus, a déclaré jeudi David Malpass, le président de l’organisation internationale dédiée au développement.
Les soutiens multiples aux entreprises frappées par la crise n’ont pas toujours été bien compris. L’Etat et les institutions financières ont, certes, annoncé dès le 15 mars des aides massives, reports de charges, d’impôts, de loyers, promis des facilités pour pallier la chute des revenus. Le tout sur fond de liquidités apportées sans limite par la BCE… Des entreprises semblent penser, du coup, qu’elles peuvent se dispenser de payer leurs factures, tout bonnement, sans essayer de négocier des délais ou d’épargner les fournisseurs fragiles… A telle enseigne qu’un comité de crise sur les paiements interentreprises vient d’être créé en France pour suivre la situation et ses dérives. Et le message du Trésor est clair : les prêts garantis par l’Etat (300 milliards d’euros) ne profiteront pas aux mauvais payeurs !
Pendant que des entreprises rivalisent de bonne volonté pour limiter les effets de la crise, d’autres ne se laissent pas attendrir ! Les compagnies aériennes réclament 200 milliards de dollars d’aide publique pour faire face aux pertes que leur cause leur flotte collée au sol. Le montant se compare aux 280 millions d’euros que l’Europe a décidé de consacrer aux projets durables dans son plan InvestEu, successeur du plan Juncker, ou encore aux 250 milliards que la BEI compte débloquer dans le cadre du Green Deal européen. Autre élément de lecture des demandes de l’IATA, l’association internationale du transport aérien, la chute du nombre de vols a permis de faire baisser d’un quart la quantité de carbone dans le ciel chinois – selon un relevé déjà ancien : on voit mal pourquoi il faudrait dépenser de l’argent pour faire repartir l’activité aéronautique et en parallèle pour en diminuer les méfaits. Si la crise du coronavirus peut inciter les Etats pris à la gorge à mettre fin à ces aberrations, elle est salutaire.
Les bons du Trésor américain à très court terme, ou T-Bills, présentaient mercredi des rendements négatifs pour la première fois de l’histoire. Après une nouvelle contraction, le taux du T-Bill à trois mois s’inscrivait à -0,035% en milieu de séance, tandis que celui à un mois se situait à quasiment zéro. Les rendements, qui évoluent en sens inverse du prix de l’obligation, n’ont cessé de fondre alors que les investisseurs se sont rués ces dernières semaines sur ces titres jugés les plus sûrs afin de protéger leurs portefeuilles face à la chute des autres actifs comme les actions et les matières premières.
Le constructeur automobile américain General Motors (GM) a annoncé mardi qu’il suspendait ses prévisions pour 2020 et allait tirer environ 16 milliards de dollars (14,8 milliards d’euros) sur ses lignes de crédit renouvelable. Ces fonds compléteront d’environ 15 à 16 milliards de dollars la trésorerie attendue fin mars. Sa captive financière GM Financial disposait de 24 milliards de dollars de liquidités à fin 2019 et devrait terminer le premier trimestre avec des niveaux de liquidités similaires. Ce montant devrait être suffisant pour couvrir au moins six mois de besoins de liquidités.
Les défaillances d’entreprises devraient repartir à la hausse cette année en France et afficher une progression de 8% après quatre années successives de recul, estime l’assureur crédit Euler Hermes dans une note publiée mardi. Selon l’assureur crédit, la progression des défaillances attendue en 2020 en France s’inscrit dans une tendance globale, puisqu’il anticipe une augmentation de 14% cette année à l'échelle internationale, avec des progressions estimées à 15% en Chine, à 16% dans l’Union européenne et à 8% aux Etats-Unis.
Les prêts de trésorerie garantis par l'Etat sont accessibles aujourd'hui à toutes les entreprises. Le soutien public amoindrit les risques pour les établissements de crédit.
Le Groupe BPCE a fait son retour sur le marché obligataire avec une émission de covered bonds de son émetteur spécialisé BPCE SFH (émission garantie par les crédits à l’habitat originés par les réseaux Banque Populaire et Caisse d’Epargne), indique-t-il dans un communiqué mardi. C’est une émission d’une durée de cinq ans d’un milliard d’euros avec un rendement investisseurs de 0,258% l’an. L’émission a notamment été dirigée par Natixis. «Nous nous félicitons que le groupe ait pu accéder au marché obligataire témoignant ainsi de la qualité de sa signature», indique Nicolas Namias, directeur général Finance et stratégie, membre du directoire du Groupe BPCE, cité dans le communiqué.
Pour renforcer son arsenal contra-cyclique face à la crise du coronavirus, la Banque publique d’investissement va lancer cette semaine deux « fonds de quasi-capital de 100 millions d’euros » chacun, le premier dédié aux PME, le deuxième aux start-up, a dévoilé mardi matin Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, lors d’une conférence de presse organisée par Bercy sur le mécanisme de prêts garantis par l’Etat. Pour soutenir les entreprises« dans la zone grise » du capital-investissement classique, le premier fonds prendra des tickets de « 1 à 1,5 million d’euros » dans « environ 100 PME d’ici à l'été » sous la forme d’OBSA (obligations à souscriptions d’actions) assorties d’un « taux de 4% plus un PIK de 5% », a déclaré Nicolas Dufourcq. « Ce sera la même chose pour les strat-up, en OC (obligations convertibles, ndlr) », a-t-il ajouté.
Les défaillances d’entreprises devraient repartir à la hausse cette année en France et afficher une progression de 8% après quatre années successives de recul, estime l’assureur crédit Euler Hermes dans une note publiée ce matin. «Les mesures étatiques devraient permettre d’éviter une crise de liquidités à court terme, mais les remboursements à venir seront difficiles à supporter pour certaines entreprises françaises du fait de leurs fragilités préalables», explique Eric Lenoir, président du comité exécutif d’Euler Hermes France.
Le constructeur automobile américain General Motors (GM) a annoncé ce mardi qu’il suspendait ses prévisions pour 2020 et allait tirer environ 16 milliards de dollars (14,8 milliards d’euros) sur ses lignes de crédit renouvelable, afin d’accroître sa trésorerie pendant la pandémie de coronavirus. Le groupe a ajouté que ces fonds compléteraient d’environ 15 à 16 milliards de dollars la trésorerie attendue fin mars.
Les banques françaises proposeront dès demain, mercredi 25 mars, des prêts de trésorerie garantis par l’Etat dont le montant total pourra atteindre 300 milliards d’euros. Ce dispositif destiné à soutenir les entreprises pendant la crise sanitaire est détaillé dans un arrêté du ministère de l’Economie et des Finances publié ce matin au Journal officiel. Annoncé le 16 mars par le président Emmanuel Macron, puis confirmé lors du vote de la loi de finances rectificative pour 2020, ce mécanisme « est le premier de ce type en Europe à avoir été validé par la Commission européenne dans le cadre adopté le 19 mars », souligne Bercy dans un communiqué.
Bercy et la Banque de France mettent en place un comité de crise. Les acteurs craignent un décalage entre le discours officiel rassurant et la réalité de terrain.
Saint-Gobain a suspendu ce matin ses objectifs financiers pour 2020 et a annoncé avoir souscrit une nouvelle ligne de crédit syndiqué de 2,5 milliards d’euros en raison de la pandémie du coronavirus. Ce crédit s’ajoute à des lignes confirmées et non utilisées de 4 milliards d’euros.
Goldman Sachs a injecté plus d’un milliard de dollars (930 millions d’euros) dans deux de ses fonds monétaires «prime» cette semaine face à des retraits massifs, selon Reuters, qui cite une déclaration au régulateur boursier américain. La banque américaine a racheté pour 722,4 millions de dollars d’actifs de son fonds Goldman Sachs Financial Square Money Market et 301,2 millions de dollars du fonds Goldman Sachs Fund Square Prime Obligations. Cet apport intervient après une nouvelle semaine d’extrême volatilité sur les marchés, alimentée par les inquiétudes sur l’impact de l'épidémie de coronavirus. Il constitue une initiative rare dans le secteur. Selon la déclaration à la Securities and Exchange Commission, les investisseurs avaient retiré pour un total de 8,1 milliards de dollars des deux fonds en l’espace de quatre jours avant que la banque n’intervienne.