«La reprise économique s’est poursuivie en Chine en juillet mais reste très inégale», relèvent les économistes de SG CIB. Du côté de la demande, les exportations ont progressé mais l’investissement des entreprises et la consommation restent en retard. Côté offre, la production industrielle a calé tandis que les services accélèrent grâce aux secteurs financier et immobilier. La hausse de production industrielle a été moins importante que prévue à 4,8% en rythme annuel (comme en juin). Les ventes au détail ont perdu 1,1%, moins que la hausse de 0,1% attendue, et après une perte de 1,8% en juin. C’est le septième mois consécutif de baisse, la demande restant faible malgré la levée des mesures de confinement. Les investissements en actifs immobilisés ont diminué de 1,6% au cours des sept premiers mois de l’année comparé à la même période l’année dernière. Ils avaient reculé de 3,1% au premier semestre.
Le rebond des ventes au détail aux Etats-Unis a perdu de l'élan en juillet et ne progresse que de 1,2% après une croissance de 8,4% en juin (chiffre revu en hausse), selon les données publiées par le département du Commerce. C’est presque deux fois moins qu’attendu. Les ventes de détail sont certes revenues à leur niveau de février mais cela risque de se révéler compliqué de les maintenir, selon ING. Le coronavirus continue de se propager aux Etats-Unis, forçant certains Etats à imposer de nouvelles restrictions. Les ventes au détail souffrent également de la baisse des indemnités de chômage à partir fin juillet. A contrario, le moral des ménages américains s’est légèrement amélioré en août, selon l’enquête mensuelle de l’Université du Michigan. Son indice de confiance est remonté à 72,8 après 72,5 en juillet.
La production industrielle aux Etats-Unis a augmenté de 3% en juillet, conformément au consensus Reuters, selon la Réserve fédérale. La tendance est au ralentissement après une croissance pour le mois de juin revue à 5,7% (5,4% en première estimation). La seule production manufacturière a également perdu de l'élan (+3,4% après +7,4% en juin) mais elle a dépassé les attentes grâce à une hausse de la production dans l’automobile. «La production manufacturière a continué de rebondir à mesure que les usines ont rouvert mais c’est en train de s’affaiblir et la production reste 8,2% sous son niveau de décembre», constatent les économistes d’ING, qui soulignent la détresse du secteur pétrolier avec un risque pour l’emploi sur l’ensemble de l’industrie.
L'économie dans la zone euro a subi un plongeon sans précédent au cours du deuxième trimestre en raison des mesures adoptées pour freiner la propagation du coronavirus. Le PIB s’est contracté de 12,1% par rapport au trimestre précédent et de 15% sur un an, selon la deuxième estimation publiée par Eurostat confirmant sa première publication. «Parmi les pays ayant publié leur PIB trimestriel, l’évolution va d’une contraction de 3% en Finlande à une chute de plus de 18% en Espagne, montrant ainsi la forte asymétrie du choc de la pandémie», relèvent les économistes d’Oxford. L’emploi a parallèlement reculé de 2,8% sur la période par rapport au premier trimestre, soit la plus forte baisse depuis le début du suivi de la statistique en 1995. Cela représente 5 millions d’emplois perdus.
Le PIB suédois devrait reculer moins que prévu cette année, selon le National Institute for Economic Research (NIER). Ce dernier prévoit désormais une contraction de 4,8% de l’économie en 2020 et un rebond de 3,4% en 2021, contre une baisse de 5,4% et une progression de 3,5% respectivement dans sa précédente prévision. La Suède n’a pas mis en place de confinement strict, avec pour corollaire un nombre de décès liés au Covid-19 plus élevé que ses voisins. Même si l’économie est plus touchée que pendant la crise financière, elle fait mieux que la zone euro et la Grande-Bretagne. Néanmoins la reprise à moyen terme dépendra de celle de la croissance mondiale, le pays étant très dépendant de ses exportations. Le NIER anticipe en outre une progression du taux de chômage à 10% d’ici à la fin de l’année, un point noir pour l’économie.
Le plan de relance de l'économie française, qui sera présenté par le gouvernement le 25 mai, inclura trois milliards d’euros destinés à favoriser l’investissement des entreprises, a indiqué Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, sur BFMTV. Le soutien à l’investissement des entreprises doit aider au redémarrage de l’économie et à la création de nouveaux emplois, l’objectif étant que l’économie française retrouve son niveau d’avant la crise.
Le creusement des inégalités de revenus et de patrimoine augmentera encore en raison de la crise économique et sanitaire. Des réponses politiques seront nécessaires.
Le financement du service public du courrier et des prochaines élections constitue le principal point de blocage des discussions entre la Maison Blanche et les responsables démocrates du Congrès sur un nouveau plan de soutien à l'économie, a déclaré hier Donald Trump. «Les dossiers, ce sont la poste et les 3,5 milliards de dollars pour le vote par courrier», a-t-il dit à la chaîne de télévision Fox Business Network, ajoutant que le camp démocrate voulait 25 milliards de dollars (21,1 milliards d’euros) supplémentaires pour ce service public. Donald Trump répète régulièrement que le vote par courrier, un moyen de stimuler la participation aux élections sans provoquer de rassemblements susceptibles de favoriser la propagation du coronavirus, encourage la fraude électorale.
Le rebond de la production industrielle dans la zone euro en juin est ressorti inférieur aux attentes pour le deuxième mois consécutif. Elle a certes progressé de 9,1% d’un mois sur l’autre, après +12,3% en mai, tirée par les biens de consommation durables (+20,2% sur un mois), mais c’est une nouvelle fois moins que prévu par les économistes interrogés par Reuters, qui s’attendaient à une croissance de 10%. La production industrielle reste en outre inférieure à ses niveaux d’avant la crise sanitaire. Sur un an, elle affiche un repli de 12,3%, contre un consensus de -11,5%.
Le PIB de la Grande-Bretagne a chuté de plus de 20% au deuxième trimestre, la pire performance parmi les grandes économies. De nouvelles mesures de soutien sont attendues.
Le ralentissement de l’activité économique aux Etats-Unis devrait se poursuivre, alors que plusieurs Etats du pays mettent en place davantage de mesures visant à contenir la propagation du nouveau coronavirus et la reprise du marché de l’emploi pourrait s’estomper, a déclaré hier le président de la Réserve fédérale (Fed) de Boston, Eric Rosengren. Il estime que les dépenses de consommation pourraient rester limitées par rapport à ce qu’elles étaient, la population américaine évitant toutes activités nécessitant des niveaux élevés d’interaction sociale pour des raisons de santé.
Le marché de l’emploi a subi ses plus lourdes pertes depuis 2009 en Grande-Bretagne au deuxième trimestre. Le nombre de personnes occupant un emploi a diminué de 220.000, selon les chiffres publiés hier par l’Office national de la statistique. Le taux de chômage est resté inchangé à 3,9% alors que le nombre de personnes ayant renoncé à chercher un emploi a augmenté et que 300.000 personnes ont déclaré avoir un emploi en juin mais ne touchaient pas de rémunération. Des statistiques distinctes montrent que le nombre de personnes rémunérées par une entreprise a chuté de 730.000 depuis mars. Le gouvernement prévoit de mettre fin le 31 octobre au dispositif d’indemnisation du chômage partiel et la Banque d’Angleterre anticipe un taux de chômage de 7,5% en fin d’année.
La croissance du crédit en Chine est, contre toute attente, ressortie plus faible en juillet. Les nouveaux crédits bancaires ont atteint 993 milliards de yuans (121 milliards d’euros), contre 1.810 milliards de yuans en juin et 1.070 milliards un an plus tôt, tandis que le crédit total (total social financing), incluant également les IPO, les émissions obligataires et les prêts non bancaires, a diminué à 1.690 milliards de yuans (3.430 milliards en juin). «Ces deux chiffres sont les plus faibles depuis février», notent les économistes d’ING. Alors que la banque centrale chinoise (PBoC) a laissé ses taux et les ratios des réserves obligataires des banques inchangés, cette dernière a absorbé une partie de l’excédent de liquidités sur le marché interbancaire où le taux Shibor à 3 mois est passé de 2,12% fin juin à 2,6%.
Le moral des investisseurs allemand est au beau fixe même si le sentiment sur les conditions actuelles s’est quelque peu détérioré. L’indice Zew a bondi en août contre toute attente (les économistes interrogés par Dow Jones Newswire anticipaient un repli à 54,5), à 71,5, son plus haut niveau depuis janvier 2004. L’évaluation des conditions actuelles recule néanmoins, signe que la reprise reste lente. Le sous-indice qui mesure le sentiment sur les conditions actuelles s’est dégradé, contrairement aux attentes, à -81,3 en août contre -80,9 en juillet. «Le sentiment sur les conditions actuelles reste extrêmement bas mais l’important écart entre les anticipations et les conditions actuelles suggère que la reprise est proche», notent les économistes de HSBC.
Les prix à la production ont rebondi plus fortement qu’attendu aux Etats-Unis en juillet mais les pressions inflationnistes restent contenues sur fond de doutes sur la vigueur de la reprise de l'économie américaine. L’indice des prix à la production a progressé de 0,6% sur un mois en juillet après un repli de 0,2% le mois précédent, montrent les données publiées hier par le département du Travail. Sur un an, il s’affiche en baisse de 0,4% après un recul de 0,8% le mois précédent. Les économistes attendaient pour juillet un indice en progression de 0,3% sur un mois et en baisse de 0,7% sur un an.
Les prix des loyers dans les grandes villes espagnoles ont chuté en juillet, selon les données publiées hier par un site d’annonces immobilières de référence, alors que la pandémie de coronavirus a suscité un intérêt accru pour les zones moins densément peuplées. Entre juin et juillet, les loyers ont baissé en moyenne de 2,5% à Barcelone et de 1,7% à Madrid, selon Fotocasa, bien qu’ils restent les endroits les plus chers d’Espagne. Si les loyers moyens en juillet en Espagne ont baissé de 0,8% par rapport à juin, ils étaient encore 7,9% plus élevés que l’année précédente, selon le site. Environ 17% des locataires ont identifié l’accès aux espaces extérieurs comme leur principale priorité dans une nouvelle propriété, contre 11% avant la pandémie. Les données publiées par le site d’annonces immobilières concurrent Idealista ont montré une tendance similaire chez les acheteurs potentiels de biens immobiliers.
Le moral des investisseurs dans la zone euro s’est amélioré en août pour le quatrième mois consécutif tout en restant à un niveau faible. L’indice Sentix, publié hier, est remonté à -13,4, son plus haut depuis février, après -18,2 en juillet, selon les résultats de l’enquête mensuelle réalisée par l’institut éponyme. Si le sous-indice mesurant le jugement des investisseurs sur la situation actuelle progresse encore à -41,3 celui des anticipations est resté quasiment inchangé à 19,3, confirmant que la reprise est lente.
Le déficit de la balance commerciale française a atteint un niveau record en juin, sur fond de redressement plus marqué des importations que des exportations. Il se creuse à 7,96 milliards d’euros après 7,46 milliards en mai (déficit revu en hausse). Les exportations ont augmenté à 32,4 milliards, après 27,7 milliards le mois précédent, signe de la reprise. Mais cette hausse est moins prononcée que celle des importations, qui sont passées de 35,2 milliards en mai à 40,4 milliards en juin. «Les importations remontent à 85% et les exportations à 75% de leur niveau moyen de 2019», observent les Douanes. Sur l’ensemble du premier semestre, le déficit commercial cumulé - en données corrigées de variations saisonnières et des jours ouvrés - s'établit à 34,0 milliards d’euros, ce qui marque une nette dégradation par rapport au déficit de 29 milliards enregistré sur les six premiers mois de 2019.
L’emploi salarié dans le secteur privé a encore reculé au deuxième trimestre en France, diminuant de 0,6%, malgré la reprise de l’emplois intérimaire en mai et juin (qui reste 27,1% sous son niveau de mi-2019), soit 119.400 destructions nettes d’emplois, a annoncé vendredi l’Insee. Il s'était déjà contracté de 2,5% (497.000 suppressions) au premier trimestre en raison notamment de la chute de l’emploi intérimaire à un plus bas depuis 2009. Les derniers chiffres publiés portent à près de 620.000 les pertes nettes d’emplois depuis le début de l’année, ramenant le marché de l’emploi à un niveau comparable à celui de juin 2017, au début du quinquennat d’Emmanuel Macron. Depuis le quatrième trimestre 2014, l’emploi était en hausse. Sur un an, il accuse un repli de 2,5%, soit une perte de 480.800 emplois.