L'économie britannique a progressé de 4,8% au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent, selon une première estimation publiée jeudi par l’Office national des statistiques (ONS), conforme aux attentes des économistes. En rythme annualisé, le produit intérieur britannique (PIB) a grimpé de 15,2% au deuxième trimestre et de 22,2% par rapport à la même période l’an dernier. Sur le seul mois de juin, il a progressé de 1% par rapport à mai, un peu plus que les attentes, porté par la réouverture des salles de restaurants et une forte augmentation des dépenses de santé. Le PIB britannique se situe toutefois 2,2% sous son niveau de février 2020, avant la pandémie. La faible reprise de la consommation (7% sous son niveau de fin 2019) explique cette contre-performance. Le Fonds monétaire international (FMI) anticipe une croissance de 7% cette année, après la contraction de près de 10% en 2020.
Les conséquences économiques du réchauffement climatiquerisquent de gonfler une dette mondiale déjà en forte expansion, en raison de la crise sanitaire, et de provoquer une vague de dégradations de notation crédit voire de défauts, selon une étude de FTSE Russell. Dans un scénario extrême, ses analystes préviennent que des pays tels la Malaisie, l’Afrique du Sud, le Mexique et même l’Italie pourraient faire défaut d’ici 2050. Une étude académique, réalisée notamment par l’université de Cambridge, anticipe 63 rétrogradations de notations souveraines d’ici la fin du siècle pouvant aller jusqu’à six crans pour les pays les plus vulnérables comme le Mexique ou la Chine, et jusqu’à quatre crans pour les Etats-Unis ou l’Allemagne. Avec des conséquences sur les coûts de financement qui pourraient augmenter de 137 à 205 milliards de dollars d’ici 2100. Pour les pays en développement, les Nations unies estiment à 300 milliards de dollars le coût d’adaptation d’ici 2030 et 500 milliards d’ici 2050. Si les pays tardent trop à agir au niveau mondial, le coût économique du dérèglement climatique pourrait atteindre 54.000-69.000 milliards de dollars d’ici 2100, selon Bank of America.
Les nouveaux crédits bancaires ont chuté plus que prévu en juillet en Chine atteignant leur plus bas niveau en neuf mois, ajoutant aux attentes du marché d’un modeste assouplissement de la politique monétaire nécessaire pour soutenir la reprise économique du pays. Les banques chinoises ont accordé 1.080 milliards de yuans (166,5 milliards de dollars) de nouveaux prêts en juillet, moitié moins qu’en juin, selon les données publiées mercredi par la Banque populaire de Chine (PBOC). Les économistes s’attendent à ce que ce repli continue entraînant un ralentissement de la croissance, sauf en cas d’assouplissement de la politique monétaire. De nombreux spécialistes ont revu récemment leurs prévisions de PIB pour le second semestre en raison des restrictions liées au variant Delta et des inondations. Le TSF (total social financing) une mesure plus large du crédit incluant le shadow banking a quant à lui atteint un plus bas depuis février 2020.
Le Sénat américain a adopté mardi un plan d’infrastructures de 1.000 milliards de dollars, dont 550 milliards de dépenses nouvelles dans la modernisation des routes, des ponts, des voies ferrées ou encore des réseaux internet du pays. Le texte, adopté par 69 voix contre 30, va désormais être transmis à la Chambre des représentants, où les démocrates disposent d’une majorité ténue et où les débats pourraient se prolonger. Chuck Schumer, le chef de file de la majorité démocrate du Sénat, entend faire voter ensuite en septembre un ensemble budgétaire de 3.500 milliards de dollars pour investir dans les soins de santé, la lutte contre le changement climatique et d’autres priorités du président Joe Biden. Mitch McConnell, chef de file de la minorité républicaine au Sénat, a fait savoir que ses pairs et lui allaient tenter de convaincre des démocrates modérés de voter contre ce qu’il qualifie d’ensemble budgétaire «radical» à même d’entraîner la plus importante hausse d’impôts aux Etats-Unis. La présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, a prévenu qu’elle soumettrait au vote les deux textes simultanément, sinon aucun, laissant augurer des mois de travaux avant que le projet de loi adopté mardi par le Sénat soit soumis à Joe Biden pour promulgation.
Les exportations allemandes ont augmenté plus que prévu en juin malgré la persistance de goulets d'étranglement dans la chaîne d’approvisionnement. Elles sont ressorties en hausse de 1,3% en juin (ajustées des variations saisonnières) après une légère progression de 0,4% (chiffre révisé) en mai, selon les données publiées lundi par Destatis, l’office fédéral de la statistique. Les économistes s’attendaient à une hausse de 0,4%. Les importations ont quant à elles progressé de 0,6% contre une hausse de 3,4% le mois précédent. Au total, l’Allemagne a dégagé un excédent commercial sur le mois de juin de 13,6 milliards d’euros, contre 12,8 milliards (révisé) en mai.
L’emploi salarié dans le secteur privé a poursuivi sa progression en France, hors Mayotte, au cours du deuxième trimestre. Il a augmenté de 1,2 %, soit 239.500 créations nettes d’emplois, après 0,5% au premier trimestre (91.400 emplois créés), selon l’Insee. Sur un an, il affiche une hausse de 3,3% à fin juin (628.700 créations). L’emploi intérimaire, pénalisé par les répercussions de la pandémie, a poursuivi son redressement avec un cinquième trimestre consécutif de hausse (+2,4%, soit +17.900 emplois). Mais il demeure inférieur de 2,4% à son niveau d’avant la crise. Hors intérim, la hausse de l’emploi salarié privé est de 1,2% (soit +221.600 emplois).
La production industrielle en Allemagne a reculé de façon inattendue en juin, la première économie de la zone euro continuant d’être confrontée à des perturbations de la chaîne d’approvisionnement. La production industrielle a diminué de 1,3% après une baisse de 0,8% (chiffre révisé en baisse) en mai, alors que les économistes tablaient sur une hausse de 0,5%. La production de biens d’équipement et l’automobile sont particulièrement affectés, de même que la construction. Vendredi, les industriels allemands interrogés par l’institut Ifo ont revu en baisse leurs perspectives de production cette année. Les économistes restent néanmoins prudemment optimistes, estimant qu’une fois les perturbations dans la chaine d’approvisionnement résorbées, la production industrielle va bondir. Ailleurs en Europe, elle a diminué (-1%) en juin en Espagne tandis qu’elle a augmenté en juin et au deuxième trimestre en Italie (+1%).
Le déficit commercial de la France se maintient à un niveau bien supérieur à celui observé en 2019, avant la crise sanitaire. Il s’est établi à 5,82 milliards d’euros en juin (en données corrigées de variations saisonnières et des jours ouvrés), après 6,59 milliards d’euros en mai, selon les données publiées vendredi par les Douanes. Sur le premier semestre, le déficit commercial cumulé s'établit à 34,8 milliards d’euros. Il continue de se détériorer, pâtissant de l’alourdissement de la facture énergétique, des difficultés persistantes du secteur aéronautique et du retard de l’automobile. Sur le mois de juin, les importations ont continué de progresser plus rapidement que les exportations, et sont quasiment revenues à la normale par rapport à leur niveau de 2019, tant en valeur (99%) qu’en volume (97%). Les exportations se sont maintenues à environ à 95% de leur niveau moyen d’avant-crise.
Les commandes à l’industrie allemande ont augmenté plus que prévu en juin sous l’effet d’une forte demande intérieure. Elles ont progressé de 4,1% sur un mois en données ajustées des variations saisonnières, selon les données de Destatis, l’Office fédéral de la statistique. C’est la plus forte croissance en dix mois. Les économistes attendaient une croissance deux fois moindre, après une baisse (révisée à la hausse) de 3,2% en mai. Les commandes domestiques ont bondi de 10%. Cette progression est surtout portée par les commandes de gros équipements tandis que la demande à l’exportation est faible, notent les économistes de HSBC. A l’instar d’autres indicateurs comme les indices PMI ou Ifo, les commandes à l’industrie reflètent aussi les difficultés rencontrées par les industriels dans l’approvisionnement.
L’Indonésie a enregistré au deuxième trimestre cette année sa plus forte croissance en 17 ans, de 7,1% par rapport au deuxième trimestre 2020, ce qui lui permet de sortir de cinq mois de récession. Cette croissance est en outre plus forte qu’attendu. L’activité a été stimulée par les exportations, notamment de matières premières, par la consommation, l’investissement et les dépenses publiques. L’effet de base a également contribué à cette forte croissance. La plupart des économistes s’inquiètent de l’impact des restrictions prises en juillet face à la propagation du variant Delta et ont revu en baisse leurs prévisions de croissance cette année. La banque centrale a également revu les siennes dans une fourchette de 3,5% à 4,3%, ce qui est plus pessimiste que les projections du gouvernement (+3,7%/+4,5%). La première économie d’Asie du Sud-Est s’est contractée de 2,1% en 2020 pour la première fois depuis 1998.
Le secteur privé aux Etats-Unis a créé 330.000 emplois en juillet, un chiffre bien inférieur aux attentes (695.000, selon le consensus Reuters), probablement en raison du manque de main d’oeuvre et de matières premières, ont montré mercredi les résultats de l’enquête mensuelle du cabinet spécialisé ADP. Le chiffre de juin a en outre été révisé en baisse à 680.000 (692.000 initialement annoncé). Cette enquête est publiée deux jours avant le rapport mensuel du département du Travail, très attendu, qui pourrait, selon les prévisions des économistes, enregistrer une augmentation des créations d’emplois non-agricoles, à 880.000.
L’activité dans le secteur privé de la zone euro s’est accélérée en juillet, atteignant son niveau le plus élevé en 15 ans, la levée des restrictions sanitaires et le déploiement de la vaccination ayant favorisé une reprise dans les services. Le seul indice PMI des services mesuré par IHS Markit a atteint 59,8 en juillet contre 58,3 le mois précédent, au plus haut depuis juin 2006. L’indice d’activité PMI composite a progressé à 60,2 en juillet contre 59,5 en juin, un record depuis juin 2006 également. L’activité du secteur des services en Allemagne a progressé à un niveau record en juillet, de même qu’en Italie, avec la levée des restrictions mais elle a reculé en France de façon plus marquée qu’annoncé, ainsi qu’en Espagne, freinée par les difficultés dans la chaîne d’approvisionnement. Ces perturbations et les pénuries de main d’oeuvre ont provoqué une vive hausse des prix des intrants en zone euro et la crainte de nouvelles mesures sanitaires pour freiner la propagation du variant Delta pèse sur l’optimisme ambiant.
Les ventes au détail dans la zone euro ont continué d’augmenter en juin, même si de façon moins marquée qu’en mai, lorsque les consommateurs ont afflué dans les commerces après l’assouplissement des mesures sanitaires. En mai, les ventes au détail de la zone euro avaient crû de 4,1% (chiffre révisé en baisse) d’un mois sur l’autre. Elles ont progressé de 1,5% en juin sur un mois et de 5% sur un an, selon des données publiées mercredi par Eurostat. Les ventes au détail ont particulièrement augmenté en Irlande, en Allemagne et en Lettonie, concernés en juin par une levée des restrictions. Les ventes de produits non alimentaires hors carburant ont augmenté en juin de 3,4% sur un mois dans l’ensemble de la zone euro, tandis que les ventes d’alimentation, de boissons et de tabac ont reculé sur un mois en juin, de même que les ventes par correspondance et sur internet.
La croissance du secteur des services en Chine s’est accélérée en juillet. L’indice PMI des services calculé par Caixin/Markit a atteint 54,9, son plus haut niveau depuis mai, contre 50,3 le mois précédent. La confiance des entreprises s’est redressée, bien qu’elle soit encore légèrement inférieure à sa moyenne à long terme. Le secteur des services en Chine a été plus lent à se remettre de la pandémie que le secteur manufacturier, mais il a été aidé par une amélioration progressive de la consommation au cours des derniers mois. Une augmentation des infections domestiques au coronavirus menace toutefois de compromettre la reprise de l'économie. L’indice PMI composite de Caixin pour juillet, qui comprend à la fois l’activité manufacturière et l’activité des services, est passé de 50,6 en juin à 53,1 en juillet.
Les prix à la production ont progressé de 1,4% en juin sur un mois et de 10,2% sur un an en zone euro. Cette hausse, alimentée notamment par les prix de l’énergie, est en ligne avec les attentes du consensus. Il s’agit du septième mois consécutif de progression. Les prix accélèrent par rapport au mois de mai (+9,6% sur un an). Les prix de l’énergie ont augmenté en juin de 3,3% sur un mois et de 25,4% sur un an. Ces chiffres alimentent les anticipations d’une accélération de l’inflation en zone euro dans les prochains mois. Les prix à la consommation ont progressé de 2,2% en juin. Les économistes anticipent une hausse de 3% d’ici la fin de l’année qu’ils estiment transitoire.
Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé la nouvelle allocation générale de droits de tirage spéciaux (DTS). Cette nouvelle allocation, d’un montant historique de 650 milliards de dollars, doit permettre aux pays les plus pauvres de renforcer leurs réserves de changes et de financer leurs dépenses d’urgence pour faire face à l’épidémie de coronavirus. Désormais il va falloir définir les moyens pour les pays les plus riches, n’ayant pas besoin de ces nouveaux DTS, de pouvoir les redistribuer aux plus vulnérables. De mécanismes existent déjà, d’autres sont à créer. Des décisions pourraient être prises dès les assemblées annuelles du FMI et de la Banque Mondiale en octobre.
La dynamique d’activité du secteur manufacturier au sein de la zone euro a légèrement fléchi en juillet tout en restant soutenue. L’indice PMI IHS Markit du secteur ressort même supérieur à une première estimation à 62,8, contre 63,4 en juin. Un ralentissement logique après l’expansion record du deuxième trimestre, selon les économistes d’IHS Markit. L’Allemagne fait exception avec une accélération du rythme de croissance grâce à une hausse des nouvelles commandes et du marché du travail. L’indice PMI y a progressé à 65,9 en juillet contre 65,1 en juin. La première économie européenne est néanmoins confrontée aux mêmes difficultés d’approvisionnement que les autres pays de la région qui se traduisent par des hausses de prix. Les pénuries généralisées de matériaux et les perturbations dans les transports ont fait grimper le sous-indice des prix des intrants au niveau record de 89,2 en juillet dans la zone euro. Les indicateurs de contraintes de capacité continuent de clignoter en rouge, souligne IHS Markit même si certains signes indiquent que les pressions sur l’offre ont atteint un sommet en Allemagne.