Le ministre argentin des Affaires étrangères, Jorge Faurie, a estimé hier que l’Union européenne (UE) et les pays du Mercosur pourraient parvenir d’ici au mois de septembre à un accord politique sur le traité de libre-échange qu’ils négocient depuis 20 ans. Ses déclarations interviennent à l’issue d’un «cycle de discussions positif» mercredi et jeudi à Bruxelles entre ses homologues argentin, brésilien, uruguayen et paraguayen et les commissaires européens au Commerce, Cecilia Malmström, et à l’Agriculture, Phil Hogan. «Dans cette étape de Bruxelles, nous avons clos un grand nombre de questions, et dans d’autres nous avons fait des progrès fondamentaux», a expliqué le ministre. Au cours de leurs dernières discussions, les deux parties avaient buté sur le secteur automobile à cause d’un désaccord entre l’UE et le Brésil. Selon une source proche des négociations, la reconnaissance des appellations d’origine contrôlées et les produits laitiers font aussi partie des derniers points à régler.
Une guerre commerciale de grande ampleur pourrait amputer le produit intérieur brut mondial (PIB) dans une proportion allant jusque 3%, selon une étude d'économistes de la Banque de France publiée hier. Ils estiment qu’un relèvement généralisé de 10 points de pourcentage des droits de douane à l’importation pourrait réduire le PIB mondial de 1% après deux ans. «En outre, une baisse de la productivité, une hausse du coût de financement du capital et une plus faible demande d’investissement viendraient augmenter le coût du protectionnisme», ajoutent-ils, pour indiquer qu’au total, «la réduction du PIB mondial en volume atteindrait 3% en deux ans».
Aux Etats-Unis, les hauts revenus se distinguent de plus en plus par leurs achats de produits technologiques, pour le plus grand bonheur des produits sud-coréens. Si Apple est la marque reine, l’iPhone et l’iPad obtenant la première et la deuxième place du classement, la plupart des composants des derniers smartphones de la marque à la pomme sont fournis par Samsung. Certaines choses ne changent pas : en 2016 comme en 1992, la possession d’un lave-vaisselle demeure un signe de richesse aux Etats-Unis. Mais si Whirlpool (USA) reste la marque en laquelle les consommateurs ont le plus confiance, LG arrive juste derrière. Les téléviseurs restent également dans le classement. Mais en 1992, les Américains les plus riches achetaient des téléviseurs Sylvania, une marque américaine. En 2016, c’est Samsung qui est plébiscité.
La Commission européenne a annoncé hier des mesures de précaution destinées à empêcher une avalanche d’acier importé qui pourrait se produire à la suite des droits de douane récemment imposés par les Etats-Unis. Les mesures provisoires, qui entrent en vigueur ce jeudi, concernent 23 catégories de produits sidérurgiques et prendront la forme d’un contingent tarifaire. Les quotas sur ces produits se fonderont sur la moyenne des importations des trois dernières années, avec des droits de douane de 25% imposés sur les volumes dépassant ces quotas.
L’Italie n’est pas pressée de soumettre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA) au vote de ses parlementaires, a déclaré hier le ministre italien de l’Agriculture, Gian Marco Centinaio, laissant entendre que son opposition au texte serait en train de s'émousser. S’adressant à Bruxelles aux ministres de l’Agriculture des pays membres de l’UE, il a dit qu’aucune date n’avait été arrêtée pour en débattre et que le gouvernement n’avait pas abordé cette question. Le CETA est entré en vigueur à titre provisoire en septembre dernier, amenant la réduction ou la suppression des droits de douane entre l’UE et le Canada sur 98% des produits.
Les Etats-Unis ont levé vendredi l’interdiction faite aux entreprises américaines de vendre des composants à l’équipementier télécoms chinois ZTE. Les Etats-Unis avaient annoncé qu’ils lèveraient cette interdiction dès lors que le groupe aurait payé une amende d’un milliard de dollars (857 millions d’euros) et placé 400 millions supplémentaires sur un compte séquestre dans une banque américaine. Dans le cadre d’un accord conclu en juin, ZTE a aussi accepté de changer sa direction et son conseil d’administration. Il avait été sanctionné en avril pour avoir enfreint les sanctions économiques imposées à l’Iran.
Les Etats-Unis doivent «retirer le pistolet» de la tête de la Chine et tenir parole s’ils veulent avoir des discussions sérieuses pour désamorcer la guerre commerciale, a affirmé jeudi le vice-ministre chinois du Commerce. «Nous avons eu des discussions et elles ont débouché sur des progrès notables, mais ces progrès ont été ignorés par une partie et cette partie a déclenché une guerre commerciale», a déclaré Wang Shouwen à Genève où il assistait à une réunion de l’OMC. Interrogé sur les conditions nécessaires pour que la Chine accepte d’ouvrir des discussions avec Washington, il a répondu: «Pour qu’une discussion soit couronnée de succès, l’une des parties doit retirer le pistolet de la tête de l’autre».
Offensive. Les pays membres de l’Otan (Organisation du traité de l’Atlantique Nord) se réunissent les 11 et 12 juillet. Pendant sa campagne électorale, Donald Trump n’a jamais fait mystère de sa volonté de rééquilibrer le financement de l’alliance. Au début du mois, le Président américain a envoyé une lettre à la chancelière allemande Angela Merkel, ainsi qu’aux autres pays membres, leur demandant de revoir leurs budgets à la hausse. La cotisation américaine représente plus de 70 % du budget total de l’organisation. En septembre 2014, au sommet du pays de Galles, les Alliés se sont engagés à respecter d’ici 2024 un précédent accord, datant de 2006. Les pays membres avaient entériné un chiffre de 2 % au moins de leur produit intérieur brut (PIB) pour leur budget de défense. Or, seuls quelques pays atteignent aujourd’hui cet objectif. Les États-Unis consacrent 3,61 % de leur PIB à la défense. La Grèce, l’Estonie, le Royaume-Uni et la Pologne respectent la règle des 2 %. Mais le reste des pays membres est au-dessous. A l’occasion du dernier sommet du G7, Donald Trump a déclaré que « l’Otan était aussi mauvaise que l’Alena » (Accord de libre-échange nord-américain). L’Allemagne est la cible principale des critiques de Donald Trump, aussi bien pour l’insuffisance du budget consacré à la défense (1,3 % du PIB environ), que pour la qualité du matériel mis à la disposition de l’organisation. En mars 2018, Bercy expliquait que les pressions commerciales américaines avaient entre autres objectifs d’obtenir l’augmentation de la participation européenne au financement des activités de l’Otan, ce sujet étant systématiquement mis sur la table. La portée politique des tarifs douaniers sur les produits européens va au-delà d’un simple retour du protectionnisme.
La guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine a investi mercredi l’Organisation mondiale du commerce (OMC) comme ligne de front, les premiers remettant en cause la légitimité de la seconde à faire partie de l’institution internationale.
La Chine va saisir l’Organisation mondiale du commerce (OMC) au sujet des nouveaux tarifs douaniers imposés par les Etats-Unis, a déclaré mercredi le ministère du Commerce. Washington a annoncé mardi soir avoir publié une liste portant sur 200 milliards de dollars (170 milliards d’euros) de produits chinois supplémentaires qui seront assujettis à des droits de douane de 10%.
Le département américain du Commerce a publié hier soir une liste de produits chinois représentant environ 200 milliards de dollars d’importations aux Etats-Unis sur lesquels une surtaxe douanière de 10% pourra être appliquée faute d’avoir trouvé un accord avec la Chine. Le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, a précisé que cette nouvelle taxe n’entrera en vigueur qu’après une période de consultation publique de deux mois. Les Etats-Unis ont commencé à percevoir vendredi 25% de droits de douane sur 34 milliards de dollars (29 milliards d’euros) de marchandises chinoises importées et Donald Trump a averti qu'à terme, plus de 500 milliards de dollars (425 milliards d’euros) de produits chinois, soit la quasi-totalité des importations américaines en provenance de Chine, pourraient être taxés.
La Suisse a saisi à son tour l’Organisation mondiale du commerce pour contester les nouveaux droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium, devenant ainsi le huitième membre de l’OMC à défier les Etats-Unis sur cette question. Le ministère suisse de l’Economie a précisé aujourd’hui que cette «demande de consultation avec les Etats-Unis dans le cadre d’une procédure de règlement des différends au sein de l’OMC» avait été déposée lundi.
La Russie a annoncé vendredi l’introduction de surtaxes sur une série de produits américains et préparer de nouvelles mesures de rétorsion en réponse aux barrières douanières imposées par les Etats-Unis sur l’acier et l’aluminium, dans un contexte de guerre commerciale au niveau mondial. «Les mesures de compensation sont prises sous la forme de taxes douanières supplémentaires à l’importation d’un niveau allant de 25 à 40% du prix de la marchandise», a indiqué dans un communiqué le ministre russe de l’Economie Maxime Orechkine, chiffrant le bénéfice attendu pour la Russie à 87,6 millions de dollars.
Les Etats-Unis devront s’attendre à une riposte ferme de l’Union européenne en cas de nouvelles hausses de droits de douane américains, notamment sur l’automobile, a déclaré hier le ministre français de l’Economie. «Si demain nous avons une nouvelle hausse de tarifs, comme sur l’industrie automobile, notre réaction devra être unie et forte pour faire comprendre que l’Europe est une puissance unie et souveraine», a dit Bruno Le Maire lors des rencontres économiques d’Aix en Provence. Ces déclarations interviennent alors que la chancelière allemande Angela Merkel s’est dite favorable à un abaissement des droits de douane européens sur l’automobile, conformément à une exigence des Etats-Unis qui menacent de relever leurs propres taxes sur les importations de voitures européennes.