Au terme de trois mois de débats intenses, le Parlement a adopté hier le premier budget du quinquennat, qui reprend plusieurs promesses fiscales d’Emmanuel Macron et vise à ancrer le déficit public sous les 3% du PIB. Prenant acte de son désaccord avec le Sénat, majoritairement à droite, l’Assemblée a aussi adopté la loi de programmation de finances publiques 2018-2022 et le second budget rectificatif pour 2017, après celui en novembre pour remédier à la censure des 10 milliards de la taxe sur les dividendes.
Les parlementaires grecs ont approuvé hier le budget pour 2018 qui sera, selon le gouvernement, le dernier avec les mesures d’austérité prévalant dans le pays depuis huit ans. «Pour la première fois, nous sommes sûrs que c’est le dernier budget dans le cadre du plan d’austérité», a déclaré le Premier ministre Alexis Tsipras aux parlementaires. La Grèce s’est appuyée depuis 2010 sur des plans de subventions de l’Union européenne et du Fonds monétaire international qui doivent prendre fin en août 2018. Le budget prévoit une progression du PIB de 2,5% en 2018, qui devrait permettre de générer un excédent primaire de 3,82% du PIB, supérieur à celui prévu par les créanciers.
Le Sénat français, où la droite est majoritaire, a adopté hier en première lecture l’ensemble du projet de loi de finances (PLF) pour 2018, supprimant deux de ses mesures phares, le nouvel impôt sur la fortune immobilière (IFI) et la réforme de la taxe d’habitation. Une commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat, convoquée pour aujourd’hui afin de tenter de mettre au point un texte commun, n’a aucune chance d’aboutir et une nouvelle lecture devra donc avoir lieu dans chacune des deux assemblées. L’Assemblée nationale, qui a constitutionnellement le dernier mot, procédera le jeudi 21 décembre à la lecture définitive de ce PLF.
Le Congrès américain a voté hier soir en faveur d’une proposition de loi visant à prolonger le financement du gouvernement fédéral jusqu’au 22 décembre. La Chambre des représentants a adopté la mesure par 235 voix contre 193. Le texte a ensuite été transmis au Sénat, où il a été également approuvé. La proposition devait être votée avant ce vendredi, jour d’expiration du financement actuel des administrations fédérales américaines.
Le gouvernement japonais prépare une rallonge budgétaire de 2.900 milliards de yens (22 milliards d’euros) pour l’exercice finissant en mars 2018 afin de renforcer les systèmes de défense antimissile de l’archipel sur fond de tensions avec la Corée du Nord, a appris hier Reuters de sources officielles. Pyongyang a procédé à plusieurs dizaines de tirs expérimentaux de missiles, dont deux ont survolé le Japon, et à six essais nucléaires. Cette rallonge devrait être financée notamment par la vente de 1.200 milliards de yens d’obligations et par l’excédent de provisions pour le service de la dette.
La Chambre des représentants aux Etats-Unis se prononcera aujourd’hui sur une proposition de loi visant à prolonger le financement du gouvernement fédéral jusqu’au 22 décembre, a déclaré hier à la presse le président de la commission du Règlement de la chambre (House Rules Committee). Pete Sessions, un élu républicain, a précisé que sa commission examinerait cette mesure de court terme avant un vote en session plénière. Le financement actuel des administrations fédérales expire vendredi. Le prolongement de deux semaines doit permettre de gagner du temps dans l’attente d’un accord sur une rallonge de plus de 1.000 milliards de dollars (850 milliards d’euros) pour assurer le financement de l’Etat fédéral jusqu’au 30 septembre 2018, terme de l’exercice budgétaire américain en cours. Faute de financement, les administrations fédérales seraient obligées de fermer partiellement («shutdown»).
La ministre chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, s’est prononcée hier en faveur d’une prise en compte partielle de l’invalidation de la taxe sur les dividendes des entreprises dans le calcul du déficit public français en 2017. Eurostat, l’office statistique de l’UE, doit statuer prochainement sur la prise en compte de l’annulation de cette taxe, source d’un contentieux de dix milliards d’euros. S’il est entièrement intégré aux comptes publiques 2017, ce remboursement risquerait d’amener le déficit au-delà des 3% réglementaires et de la prévision de 2,9% du produit intérieur brut (PIB) faite par le gouvernement.
La traditionnelle loi de finances rectificative de fin d’année a été présentée ce mercredi en conseil des ministres. Le gouvernement révise à la hausse ses prévisions de recettes fiscales pour 2017, mais de façon très mesurée, alors que la croissance économique est meilleure que prévu (l’Insee prévoit désormais +1,8%, au lieu de +1,5% annoncés en loi de finances initiale par l’exécutif précédent). Bercy revoit en hausse de 900 millions d’euros les rentrées de TVA nette, par rapport aux estimations de septembre, et de 800 millions pour la Taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques (TICPE), mais ce essentiellement pour des raisons comptables (le compte d’affectation spéciale « transition énergétique » se trouve en excédent). Par rapport aux prévisions de la loi de finances initiales, la TVA est revue en hausse de 2,3 milliards.
Le gouvernement a annoncé hier soir la mise en place d’un soutien «exceptionnel» aux collectivités territoriales de 237 millions d’euros dans le projet de loi de finances rectificatives. Sur ce total, 100 millions d’euros seront destinés aux 19 départements recensés comme étant «sous tension financière du fait du poids de leurs dépenses sociales». Paris mobilisera aussi 62 millions pour Saint-Martin, touchée par l’ouragan Irma et débloquera 75 millions d’euros de crédits nouveaux pour «honorer les engagements du précédent gouvernement en faveur des territoires à énergie positive pour la croissance verte».
Le Premier ministre grec a annoncé hier que son gouvernement, profitant d’un exercice budgétaire meilleur que prévu, allait redistribuer 1,4 milliard d’euros en faveur des 3,4 millions de Grecs les plus affectés par la politique d’austérité. La Grèce avait versé quelque 600 millions d’euros aux retraités en 2016. Alexis Tsipras a précisé que la Grèce avait dépassé les objectifs de son excédent primaire - hors coût du service de la dette - de 1,75% du PIB pour 2017.
Les députés français ont voté vendredi en première lecture un budget de la présidence de la République en hausse de 3% pour 2018 en raison de «l’urgence» d’assurer la protection du chef de l’Etat et d’améliorer la sécurité des systèmes informatiques. «Les crédits sont portés à 103 millions d’euros, soit +3% après avoir été gelés pendant quatre ans à 100 millions», a dit la députée Les Républicains (LR) du Jura, Marie-Christine Dalloz.