La banque centrale turque (BCT) a maintenu jeudi son principal taux directeur à 14%. Il s’agit de la deuxième réunion au cours de laquelle l’institution laisse ses taux inchangés, sans surprise pour le marché. La livre turque a réduit son repli face au dollar après cette annonce et ne recule plus que de 0,1% à 13,61. La BCT a réduit son taux repo à 7 jours de 500 points de base ces derniers mois malgré la chute de la devise et le bond de l’inflation. Cette dernière a grimpé de près de 50% en janvier en Turquie. Les économistes craignent que la période actuelle d’accalmie ne soit pas durable sauf à ce que la banque centrale n’inverse sa politique.
La Réserve fédérale a annoncé qu’elle tiendrait ce lundi à 11h30 (17h30 heure française) une réunion de son Conseil des gouverneurs dans le but d’examiner et de déterminer les taux d’avance et d’escompte.
La banque centrale russe (BCR) a fortement relevé son taux directeur à 9,5% vendredi, soit 100 points de base de plus pour la deuxième fois consécutive. Elle a déclaré qu’une nouvelle hausse était possible. L’institution a relevé le taux directeur à sept reprises en 2021 à partir d’un plus bas record de 4,25%, pour lutter contre une inflation revenue à un sommet de six ans, le resserrement monétaire ne parvenant pas à contenir l’inflation, que la banque vise à 4%. L’inflation annuelle oscillait à 8,8% au 4 février. La Banque de Russie a révisé ses prévisions d’inflation de fin d’année à 5-6%.
La banque centrale russe (BCR) a fortement relevé son taux directeur à 9,5% vendredi, soit 100 points de base de plus pour la deuxième fois consécutive. Elle a déclaré qu’une nouvelle hausse était possible.
Relever maintenant le taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) ne permettrait pas d’enrayer la hausse record de l’inflation dans la zone euro et aurait pour seul effet de nuire à l’économie, a expliqué la présidente de la BCE dans un entretien au groupe de presse allemand Redaktionsnetzwerk Deutschland (RND) publié vendredi.
La banque centrale suédoise a laissé jeudi son programme d’achat d’actifs et ses taux inchangés affirmant que le bond de l’inflation était transitoire et qu’il était trop tôt pour retirer le soutien à l’économie. La Réserve fédérale américaine, la Banque d’Angleterre et désormais la Banque centrale européenne sont engagées dans la normalisation de leur politique monétaire. Le conseil de la Riksbank est toutefois divisé, trois des sept membres souhaitant une réduction du programme d’achat d’actifs. L’inflation a atteint 4,1% en Suède et décembre alors que l’économie s’est totalement reprise de la pandémie. La couronne suédoise s’est nettement dépréciée après cette annonce à 10,50 face à l’euro (-1%).
La Reserve Bank of India (RBI) a laissé son taux d’intérêt de référence (le taux de mise en pension, repo) à 4% lors de sa réunion de février. Elle compte maintenir une politique monétaire accommodante aussi longtemps que nécessaire pour soutenir la reprise économique et aider à atténuer l’impact négatif du Covid-19. La banque centrale a également maintenu inchangés le taux de prise en pension inversée (reverse repo) à 3,35% et le taux de dépôt (bank rate) à 4,25%. La RBI avait abaissé ses taux directeurs le 22 mai 2020 aux niveaux actuels et record. Selon les analystes, elle devrait remonter ses taux de 25 points de base (pb) assez rapidement, pour tendre vers un taux de référence autour de 5,50% en 2023. Les décideurs de la RBI s’attendent désormais à ce que l’inflation indienne atteigne 5,3% sur l’exercice 2021-2022.
Le rendement des Treasuries à 10 ans a atteint 2% tandis que les anticipations d’une hausse de 50 points de base (pb) des taux Fed Funds en mars augmentent après l’annonce d’un chiffre d’inflation supérieur aux attentes en janvier aux Etats-Unis.
La Reserve Bank of India (RBI) a laissé son taux d’intérêt de référence (le taux de mise en pension, repo) à 4% lors de sa réunion de février. Elle compte maintenir une politique monétaire accommodante aussi longtemps que nécessaire pour soutenir la reprise économique et aider à atténuer l’impact négatif du Covid-19, tout en garantissant que l’inflation reste dans la cible à l’avenir. La banque centrale a également maintenu inchangés le taux de prise en pension inversée (reverse repo) à 3,35% et le taux de dépôt (bank rate) à 4,25%.
A l’opposé des autres banques centrales, la Riksbank a maintenu jeudi lors de sa politique monétaire son biais accommodant malgré la hausse de l’inflation.
En maintenant inchangé son taux directeur, la Banque centrale d’Australie affirme sa vision d’une inflation transitoire. Les négociations salariales ont lieu tous les deux ou trois ans, ce qui limite les risques qu’une spirale prix/salaires se mette en place. Mais la décision ressemble de plus en plus à un pari, à mesure que le reste des banques centrales se préparent à durcir les conditions monétaires.
La Banque d’Angleterre inaugure un nouveau type de forward guidance. Lors d’un entretien à la BBC la semaine dernière, le gouverneur Andrew Bailey a appelé les britanniques à éviter un ancrage de l’inflation en ne « réclamant pas de hausses de salaires trop importantes ». Les mauvaises langues remarquent qu’avec une paie de 500.000 livres par an, Andrew Bailey pourra s’appliquer sans mal son conseil. Mais son commentaire éclaire aussi le désarroi de la banque centrale, qui peine à contrôler un phénomène obstiné à ne pas rester transitoire. Si seulement l’institution disposait d’un outil éprouvé et efficace pour juguler l’inflation.