EasyJet affiche une insolente santé dans un secteur en proie aux turbulences

Sur fond de résultats annuels records, la compagnie aérienne britannique choie ses actionnaires
Benoît Menou

EasyJet se targue, par la voix de sa directrice générale Carolyn McCall, d’être un «gagnant structurel» au sein du secteur du transport aérien européen. Les résultats annuels à fin septembre publiés hier par la compagnie britannique en ont certes fait la démonstration.

A l’image du rival Ryanair, principal acteur du bas coût sur le Vieux Continent, qui a relevé début novembre sa prévision de bénéfice net annuel à fin mars prochain, et contrairement aux deux autres maîtres du ciel européen Lufthansa et Air France, qui doivent répondre aux défis de plans de redressement, EasyJet a fait part d’un résultat imposable record, en hausse de 27,9% à 317 millions de livres (394 millions d’euros).

La société affiche qui plus est une rentabilité en hausse, le bénéfice correspondant à une marge de 8,2% en progression d’un point sur un chiffre d’affaires évoluant de +11,6% à 3,9 milliards de livres. En dépit d’une facture de carburant augmentée de 182 millions.

EasyJet a transporté sur l’exercice écoulé 58,4 millions de passagers (+7,1%) pour un coefficient d’occupation des sièges en amélioration de 1,4 point à 88,7%, sur fond notamment d’efforts déployés sur le segment des voyages d’affaires. Le transporteur se prévaut par exemple d’occuper avec une part de 12% la seconde place du marché en France, où ses capacités ont progressé de 8,2% sur l’exercice.

Et la compagnie aérienne n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Dans un environnement macroéconomique toujours incertain, EasyJet assène que les déboires de «concurrents plus faibles» donnent naissance à «des opportunités évidentes de croissance rentable». La société vise une hausse de 3,5% de ses capacités tant pour le semestre que pour l’exercice en cours, sur la foi d’un carnet de réservations d’un niveau actuellement comparable à celui d’il y a un an.

Surtout, la société a décidé de choyer ses actionnaires. Le premier d’entre eux, Stelios Haji-Ioannou, fondateur d’EasyJet, qui avec sa famille détient 38% du capital, avait obtenu l’an passé le rétablissement d’un dividende. Cette fois, le conseil a décidé de modifier la politique de versement pour distribuer en rythme de croisière un tiers du résultat net et non plus un cinquième.

De quoi entraîner pour cette année le doublement du dividende unitaire à 21,5 pence. Depuis le début de l’année, le titre a bondi de plus de 60% en Bourse de Londres.

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