«Une préoccupation quotidienne, la maîtrise de nos risques» : le ton est donné. Dès le début de la présentation, mercredi 2 mars, consacrée à la stratégie en matière de placements financiers, les dirigeants du Régime social des Indépendants (RSI) ont insisté sur l’objectif : contribuer au financement des retraites jusqu’en 2050 par un régime par répartition provisionnée complétée de surcotisations, pour -en ce moment- 1,6 million de cotisants et 1,3 million de retraités.Le RSI affiche actuellement un encours de 11 milliards d’euros et des réserves correspondant à plus de 7 années de prestations. La gestion de presque 60 % des réserves est déléguée à l’extérieur sous forme de mandats, dans des OPCVM de taille importante, tous de droit français. Il s’agit de produits purs, puisque le RSI veut conserver la maîtrise du risque, ou dédiés, explique Jean-Luc Vitré, directeur des placements financiers. «Cela suppose de surveiller 2.500 lignes consolidées à la semaine». Concrètement, les OPCVM sont sélectionnés à l’aide de filtres quantitatifs et qualitatifs et un contrôleur financier est dédié au respect des différents cahiers des charges ainsi que du règlement financier. Le RSI utilise aussi trois consultants, l’un pour la gestion actif/passif, l’autre pour les appels d’offres et le troisième pour le processus d’investissement.L'équipe de gestion se compose de 5 personnes pour les avoirs financiers, de 10 pour l’immobilier et de trois autres pour la projection à long terme, puisque le RSI travaille sous contrainte de passif. Actuellement , l’organisme travaille avec 19 sociétés de gestion dont Amundi, BNP Paribas AM, Natixis AM, Société Générale Gestion, State Street Global Advisors, Lyxor International, Oddo AM, Rothschild & Cie Gestion, Edmond de Rothschild Asset Management, FIL Gestion, Aviva Investors, Groupama AM, Ecofi Institutionnel ou Martin Maurel Institutionnel. Ses actifs externalisés sont répartis dans 22 fonds dédiés et 11 fonds ouverts (dont cinq monétaires réguliers). En matière d’investissement, le portefeuille est aujourd’hui composé à un peu moins de 30 % en actions, à 45 % en obligations, à 11 % en immobilier direct et à 14 % en monétaire.Reste un point sur lequel le RSI se démarque assez nettement de nombreux investisseurs institutionnels : l’investissement socialement responsable (ISR). Interrogé à ce sujet, Jean-Luc Vitré a indiqué qu’il n’a pas encore de preuve tangible que cette approche offre un surcroît de rendement ; de toutes façons la gestion indicielle du RSI est en quelque sorte à plus de 50 % environnementale, sociale et de gouvernance, puisque cela correspond à la proportion de firmes conformes à ces critères dans les indices CAC 40 et Euro Stoxx. Enfin, Jean-Luc Vitré ne croira vraiment à l’ISR que lorsque les sociétés de gestion elles-mêmes se seront soumises au test d’une notation ISR, ce qui n’est pas encore le cas...