A quelques heures de la célébration des fêtes de la Saint-Sylvestre, la société de gestion suisse Syz Asset Management s’est essayée à l’exercice périlleux des prévisions. Parmi les «douze surprises qui pourraient survenir en 2012", Syz prévoit que les actions européennes devraient surperformer en 2012. Une hypothèse qui devrait se confirmer si deux au moins des trois points suivants se vérifient l’an prochain. Tout d’abord, la BCE se résigne à utiliser les grands moyens, autrement dit un assouplissement quantitatif de grande ampleur. Ensuite, l’Italie et l’Espagne arrivent à regagner la confiance des marchés, en mettant en place à la fois des mesures d’austérité et des réformes structurelles crédibles pour relever la croissance potentielle de leurs économies.Enfin, la marche en avant vers une Union européenne plus intégrée politiquement et fiscalement se poursuit. Dans ce contexte, les actions européennes devraient terminer dans le vert, au-delà des autres indices mondiaux et malgré une récession économique. Cette surperformance en monnaie locale sera d’autant plus logique que l’euro sera une monnaie faible : selon Syz, le dollar devrait s’apprécier significativement contre l’euro et revenir à 1,15. Syz estime aussi que les obligations gouvernementales de la zone euro devraient surperformer les autres segments du revenu fixe. Le portage devrait être suffisant pour garantir une surperformance de l’indice gouvernemental de la zone euro par rapport aux autres grands indices gouvernementaux (Etats-Unis, Japon), d’autant plus que les obligations des pays au cœur de la zone, réputées plus sûres, bénéficieront d’un contexte économique relativement plus morose que les autres grandes économies. Du côté des obligations non gouvernementales, le high yield américain devrait afficher les meilleures performances, proches de celles du compartiment zone euro gouvernemental. Les obligations d’entreprises devraient connaître une performance honorable mais inférieure, tandis que la dette émergente sera «la grosse déception». Syz table aussi sur une forte reprise de l’immobilier résidentiel américain, la purge du secteur étant «quasiment terminée». L’activité et les prix pourraient connaître un début de véritable reprise en 2012, avec des gains supérieurs à 10%. Dans ce contexte plutôt encourageant où la croissance américaine pourrait s’inscrire autour de 2%, le marché pourrait commencer à anticiper un éventuel changement de cap de la politique monétaire de la Fed, ce qui pourrait entraîner une forte correction du métal jaune pendant les dernières semaines de l’année…