Dans un contexte de baisse des taux qui entraîne une revalorisation des engagements et une dégradation des ratios de couverture, la question de la recherche de rentabilité se pose avec une acuité particulière pour les investisseurs institutionnels. Selon une enquête réalisée en janvier et février auprès d’une trentaine d’investisseurs de long terme par Image & Finance pour le compte d’Aberdeen, la majorité des investisseurs de long terme estime que la baisse de la rentabilité de leurs actifs est structurelle et durable.Ces anticipations de baisse de rentabilité des actifs s’expliquent en partie par le biais «zone euro» des institutionnels français et par leur pessimisme quant à la situation économique à l’intérieur de la zone. Une petite majorité d’entre eux s’attend même à une «japonisation» de la zone euro caractérisée par un endettement excessif associé à une croissance très faible. Dans ce contexte, les institutionnels privilégient une forme de retour aux fondamentaux, à savoir la recherche de produits «couponnés», à rendements récurrents (obligations crédit, high yield, immobilier), dont la vertu première est la couverture des engagements. Pour une minorité d’acteurs disposant de marges de manœuvre en termes de budget de risque, la diversification géographique est privilégiée, que ce soit en dette ou en actions.L’enquête relève par ailleurs que dans ce contexte de baisse des rentabilité des actifs, la plupart des investisseurs de long terme n’ont pas été amenés à réviser les taux d’actualisation de leurs engagements. Cela dit, les taux d’actualisation en France sont généralement encadrés par des normes comptables ou réglementaires qui laissent peu de latitude aux investisseurs quant au choix du taux d’actualisation. Par ailleurs, compte tenu des engagements relativement courts des institutionnels français par rapport à ceux des pays à fonds de pension, la baisse des taux a un impact moindre sur le montant des engagements, ce qui diminue l’acuité de la question des taux d’actualisation.