L’accord budgétaire conclu mardi aux Etats-Unis est loin de régler la question du poids, insoutenable à long terme, de la dette publique américaine, ont estimé le 2 janvier les agences de notation financière Moody’s et Standard and Poor’s.Le compromis auquel sont parvenus républicains et démocrates «ne fournit pas la base d’une amélioration sérieuse des ratios d’endettement de l’Etat à moyen terme et au-delà», écrit Moody’s dans un communiqué. «L’accord d’hier ne fait pas grand-chose pour remettre les finances publiques américaines sur une trajectoire plus viable à moyen terme», estime de son côté S&P, dans un communiqué distinct. Moody’s estime que d’autres mesures de réduction du déficit sont nécessaires et pense que celles-ci seront décidées «dans les mois qui viennent» à l’issue de nouvelles négociations entre les deux camps. Du résultat de ces négociations, rappelle l’agence, dépendra l'évolution de la note de solvabilité qu’elle attribue ou pays : maintien du «Aaa», ou abaissement de cette note maximale à «Aa1», conformément à l’avertissement qu’elle avait lancé aux élus en septembre. S&P, qui avait abaissé la note des Etats-Unis à «AA+" en août 2011 à l’issue du débat sur le relèvement de la limite légale de la dette publique du pays, indique que cette notation, assortie d’une perspective négative, reste valide. Le Fonds monétaire international (FMI) estime pour sa part que l’accord budgétaire validé par le Congrès est bienvenu mais insuffisant. «Il faut en faire davantage pour remettre les finances publiques américaines sur la voie de la viabilité sans nuire à la reprise économique, fragile», estime un porte-parole du FMI, Gerry Rice, dans un communiqué publié le 2 janvier. «Il faudrait en particulier», note le porte-parole du Fonds, «que soit adopté aussi vite que possible un plan complet permettant d’assurer à la fois une hausse des ressources de l’Etat et une maîtrise des dépenses de protection sociale à moyen terme».