La première édition annuelle internationale du baromètre des portefeuilles réalisée par le Portfolio Research and consulting Group de Natixis Global Asset management ravira les investisseurs français. Dans l’enquête dont L’Agefi Actif a obtenu la primeur, le gestionnaire constate en effet que parmi les 855 portefeuilles modèles qu’il a analysés pour des conseillers de sept régions du monde (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Singapour, Italie, Espagne et Amérique latine), les investisseurs français sont ceux qui ont obtenu le meilleur rendement en 2015, soit près de 8 % (7,6%) pour un portefeuille à risque modéré. Derrière viennent les anglais puis les italiens, avec un rendement d’un peu plus de 5 % (respectivement 5,3 % et 5,2 %), Singapour (3,5 %), l’Espagne (2 %), tandis que l’Amérique Latine et les Etats-Unis se situent en queue de peloton avec des rendements d’environ -1 %. Plusieurs raisons expliquent ce surcroît de performance des conseillers français (et de leurs clients), relève L’Agefi Actifs. En premier lieu, la construction d’un portefeuille à risque modéré (ou équilibré), varie fortement d’un pays à l’autre. Et sur ce point, une des principales singularités française a été payante l’année dernière : les fonds en euro, très présents dans les allocations dans l’Hexagone, ont fortement contribué à réduire le risque des portefeuilles. Ensuite, sur les actions, James Beaumont, Responsable international de l’équipe Portfolio Research & Consulting de Natixis Global AM, met en avant le biais local, c’est-à-dire la surpondération des actions européennes au détriment des actions américaines ou émergentes, qui a aussi profité aux clients français. Enfin, l’étude souligne la bonne gestion de la partie obligataire des gérants français, qui ont notablement surperformé ceux des autres régions. En revanche, le poids des fonds diversifiés multi-classes d’actifs (près du tiers des portefeuilles des français, la proportion la plus élevée parmi les pays analysés) qui sont censés offrir un surcroît de diversification, n’explique pas à lui seul la bonne tenue des portefeuilles. Pour preuve, ces produits n’ont pas réussi à endiguer les piètres performances des clients d’Amérique latine alors même qu’ils représentent, dans cette région, une part importante (21 %) des allocations.