Le Groupe Mutuel a gravement violé le droit de la surveillance dans le domaine de l’assurance complémentaire. «Après avoir, en 2014, ordonné la correction de primes indûment acquises et obtenu des changements dans la composition des conseils d’administration, la Finma prononce aujourd’hui une interdiction de reprendre de nouveaux portefeuilles de clients via une fusion ou une acquisition de sociétés pendant 18 mois», écrit la Finma (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers) dans un communiqué publié le 2 juillet. Durant des années, le Groupe Mutuel a pratiqué des tarifs propres qui n’avaient pas été approuvés, ce qui a entraîné la perception d’excédents de primes, ou au contraire l’octroi de rabais excessifs. Les faits reprochés couvrent la période de 2004 à 2014. Les sociétés du groupe actives dans le domaine de l’assurance-maladie complémentaire ne disposaient pas d’une gouvernance d’entreprise suffisante et ne respectaient pas leurs plans d’exploitation pourtant obligatoires en vertu du droit de la surveillance, résume la Finma.L’autorité de surveillance a identifié de grosses lacunes dans la séparation des fonctions et l’efficacité de la gestion du risque et des fonctions de contrôle. Elle a aussi relevé l’important cumul des mandats au niveau des organes ainsi que des sociétés du groupe. La procédure a par ailleurs permis de constater que le système de rémunération du groupe favorisait les intérêts de certaines personnes. La nouvelle direction avait procédé dès 2014 à une refonte complète du système de rémunération des organes dirigeants.L’enquête a en outre permis d’identifier de possibles infractions pénales. La Finma va donc procéder aux dénonciations requises auprès des autorités compétentes. Les organes actuellement responsables des sociétés surveillées ne sont toutefois pas concernés. Les sociétés incriminées devront soumettre d’ici à février 2016 l’ensemble de leurs tarifs pour approbation. L’autorité de surveillance invite aussi le groupe à ne pas verser des indemnités de départ «inappropriées aux personnes qui devaient jusqu’ici présenter la garantie d’une activité irréprochable».La Finma reconnaît toutefois que la direction du Groupe Mutuel a lancé diverses mesures pour corriger le tir et pleinement collaboré à l’enquête. Les sociétés d’assurance concernées ont rapidement remboursé les primes indûment perçues et corrigé les tarifs qui n’avaient pas été approuvés. Dans un communiqué, le Groupe Mutuel prend acte des conclusions de l’autorité de surveillance et évalue l’opportunité d’un éventuel recours. Au total, 24.000 assurés étaient concernés. Des primes trop hautes ont été payées par 9.000 d’entre eux alors que pour les 15.000 autres les tarifs étaient trop bas. Le montant total des remboursements s’est élevé à 8,6 millions de francs.
Royal Bank of Scotland risque de devoir payer 13 milliards de dollars (11,7 milliards d’euros) pour régler un litige lié à des actifs immobiliers titrisés (mortgage-backed securities, MBS), selon des documents judiciaires américains. Si tel était le cas, il serait difficile pour Londres de poursuivre le projet de désengagement de l’Etat, qui détient 78% du capital de la banque, ont déclaré des sources professionnelles vendredi. Pour l’heure, RBS a mis en réserve 1,9 milliard de livres (2,7 milliards d’euros) pour régler ces litiges liés à la vente de quelque 32 milliards de dollars de MBS aux Etats-Unis. La communication d’un tel montant par les autorités est probablement destinée à forcer la banque à négocier une amende à l’amiable.
La banque britannique a désigné vendredi le cabinet KPMG comme son prochain commissaire aux comptes. Barclays avait annoncé l’an dernier qu’elle changerait d’auditeur, alors que PwC valide ses comptes depuis 1896. Le cabinet avait été exclu de l’appel d’offres lancé par la banque. KPMG prendra le relais en 2017. Ce choix est une conséquence de la réforme de l’audit, censée favoriser la rotation des commissaires aux comptes.
Nouvelle méga-fusion dans le secteur de l’assurance aux Etats-Unis. L’assureur Aetna annonce vendredi racheter son concurrent Humana pour 37 milliards de dollars (33,3 milliards d’euros), soit 230 dollars par action environ. L’actionnaire d’Humana recevra 125 dollars en numéraire et 0,8375 action Aetna pour chaque action détenue, soit une prime de près de 23% sur le cours de clôture d’Humana jeudi. A la suite de l’opération, les actionnaires d’Aetna détiendront 74% environ de l’entité issue de la fusion.
La Banque centrale européenne (BCE) discutera lundi de la question du maintien ou non du dispositif de fourniture de liquidités d’urgence (ELA) pour les banques grecques, selon des propos d’Ewald Nowotny, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, rapportés vendredi par l’agence de presse APA. Il a ajouté que l’idée d’une monnaie parallèle à l’euro en Grèce - similaire aux IOU (titres de reconnaissance de dette) utilisés dans l’Etat de Californie - pourrait être une solution «de très court terme», «peut-être d’une semaine». Il a toutefois précisé que «toute monnaie imprimée en dehors du monopole (de la BCE) serait juridiquement une contrefaçon.»
La banque américaine devrait financer avant la fin de l’année dans la capitale ivoirienne un projet de 20.000 logements sociaux destinés aux fonctionnaires. La publication évoque un montant d’un milliard de dollars. A Abidjan, onze ministères techniques ont été associés au projet. C’est Jonathan Don, associé de Goldman Sachs à Singapour, qui suit le dossier.
William Anderson, un banquier senior qui s’est spécialisé dans le conseil de sociétés affrontant des activistes, quitte Goldman Sachs pour rejoindre Evercore Partners. Cet associé de 49 ans a été l’un des premiers banquiers de la place à se positionner sur l’activisme comme ligne d’activité. La boutique Evercore pourrait profiter de ce recrutement pour développer cette orientation.
Convaincu que le président de BPCE a eu un rôle décisif à l’Elysée dans la création du groupe, le procureur a requis deux ans de prison avec sursis et 30.000 euros d’amende à son encontre pour prise illégale d’intérêt. Le tribunal rendra son jugement le 24 septembre.
L’agence de notation a dégradé la note de la dette garantie par l’Etat de National Bank of Greece et Eurobank Ergasias de «CCC» à «CC». Cette décision suit l’abaissement de la note à long terme du pays à «CC».
A peine une semaine après la confirmation par la Cour suprême d’une des principales dispositions fiscales de l’Obamacare, l’assureur santé américain Centene a dévoilé jeudi le rachat de son concurrent Health Net pour 6,3 milliards de dollars (5,7 milliards d’euros). Centene va ainsi se renforcer comme prestataire des programmes de santé gouvernementaux. L’offre valorise Health Net à 78,57 dollars par action, soit une prime de 21% par rapport à la clôture de mercredi.
L’agence de notation a dégradé la note de la dette garantie par l’Etat de National Bank of Greece et Eurobank Ergasias de «CCC» à «CC». Cette décision survient après l’abaissement de la note à long terme du pays à «CC».
Le Parquet national financier (PNF) a requis jeudi la condamnation de François Pérol, président du directoire de BPCE, à deux ans de prison avec sursis, 30.000 euros d’amende et une interdiction définitive d’exercer toute fonction publique. L’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée est jugé à Paris pour prise illégale d’intérêts. Il est soupçonné d’avoir pris en 2009 la tête de BPCE, juste après avoir été associé «de manière étroite» aux négociations sur la fusion des Banques populaires et des Caisses d'épargne quand il était le collaborateur de Nicolas Sarkozy.
Tracfin est revenu sur son site, mardi 30 juin, sur les soupçons de blanchiment d’abus de biens sociaux et de fraude fiscale qui tirent leur origine de l’utilisation « de bons de capitalisation comme vecteur d’opacification de l’origine des fonds », rapporte sur son site L’Agefi Actifs. Dans le document (*), il est évoqué le cas d’un montage complet de blanchiment. La souscription de bons de capitalisation dans le cadre du régime fiscal de l’anonymat constitue l’étape de placement des fonds. Les bons sont ensuite transmis selon des modalités non connues à un tiers qui demande que leurs remboursements soient effectués sur différents comptes bancaires, note encore L’Agefi Actifs. (*) http://www.agefiactifs.com/sites/agefiactifs.com/files/fichiers/2015/07/tracfin_rapport_analyse2014.pdf
L’Assemblée Générale de Stallergènes s’est tenue le vendredi 26 juin dans un climat de défiance à l’égard du projet de fusion entre Stallergènes et Greer Laboratories. Le résultat des votes est sans ambiguïté: deux tiers des actionnaires minoritaires, dont Amiral Gestion, Moneta Asset Management et l’Adam se sont opposés à la fusion. En d’autres termes, si la société Ares Life Sciences (initiatrice du projet de rapprochement, actionnaire majoritaire de Stallergènes à plus de 77% et actionnaire à 100% de Greer Laboratories) n’avait pas voté, le projet de fusion aurait été massivement rejeté. «Nous déplorons que la réglementation française n’offre pas davantage de protection aux actionnaires minoritaires lorsque des conflits d’intérêts si flagrants existent», souligne un communiqué commun de l’Adam (Association de défense des actionnaires minoritaires), Amiral Gestion, Moneta Asset Management et Shareholder Value Management A.G.. «Si nous notons avec satisfaction que notre action a conduit à une révision sensible de la parité de fusion proposée (passée de 60%-40% initialement à 71%-29%, soit une augmentation de près de 20% de la part des actionnaires de Stallergènes dans l’ensemble fusionné), nous regrettons d’avoir été obligés de nous battre pour défendre nos intérêts et avons de sérieuses raisons de penser que la parité finale est toujours très défavorable aux actionnaires minoritaires de Stallergènes», poursuite le communiqué. Il est préjudiciable que les actionnaires ne disposent pas d’une information complète permettant de juger de la valeur de l’entité fusionnée qui projette pourtant d’être cotée. Ils n’ont en effet eu accès qu’à des données non auditées très parcellaires sur Greer Laboratories. Cette fusion forcée a entaché la confiance des actionnaires dans la future société et la valorisation de son titre en Bourse. «Nous resterons par conséquent vigilants quant au respect des engagements pris par la société fusionnée en matière de protection des intérêts des actionnaires minoritaires. Afin de regagner cette confiance perdue, nous attendons des actes forts notamment en matière de communication, de manière à attirer l’attention dela communauté financière sur la société et à maintenir voire améliorer la liquidité du titre, comme les dirigeants s’y sont engagés», conclut le communiqué.
La problématique du financement de l’investissement des entreprises est loin d'être insoluble mais elle doit répondre à un certain nombre de défis qui pourraient être au moins en partie résolus par le biais du projet d’Union des marchés de capitaux (CMU). C’est pour l’essentiel le point de vue défendu par François Villeroy de Galhau, à qui le Premier Ministre a confié la mission de faire un état des lieux et de définir les mesures à prendre pour assurer le financement de l’investissement.Sur l’invitation de Jacques de Larosière, président de l’Observatoire de l'épargne européenne (OEE), François Villeroy de Galhau a ainsi présenté le 1er juillet ses réflexions en cours sur le sujet lors d’une conférence où Fabrice Demarigny, directeur de l’activité Marchés de capitaux de Marcan/Mazars et auteur d’un rapport sur le projet de CMU remis en mai dernier à Michel Sapin, a également exprimé son point de vue. François Villeroy de Galhau a insisté en préambule sur le côté encore artisanal des quelques «notations» qu’il a bien voulu décliner mais qui constituent à n’en pas douter autant de jalons qui vont guider ou inspirer la conception du rapport en préparation. De son point de vue, le financement de l’investissement doit répondre à trois grands défis. Tout d’abord, les financements ne manquent pas pour l’investissement mais il existe un «désajustement» croissant entre investissements et financements. D’un côté, l’investissement est de plus en plus «schumpetérien» , consacré à la création de sociétés ou à de jeunes pousses en croissance. De l’immatériel très risqué alors que de l’autre côté, on reste sur des financements traditionnels et des épargnants très réticents à la prise de risque (s). Deuxième défi, la fragmentation toujours très forte de l’Europe et la nécessité, -la tragédie grecque est là pour le rappeler-, d’une intégration beaucoup plus avancée . Troisième défi, des réglementations très fortes dans le sillage de la crise financière, à dominantes prudentielles mais qui en laissent en plan la question de la croissance économique. Dans ce contexte, estime l’ancien directeur général délégué de BNP Paribas, le projet d’Union des marchés de capitaux pourrait fournir la matrice d’une réponse à condition d’en préciser les objectifs et d’en clarifier le contenu. A l’instar de Fabrice Demarigny, François Villeroy de Galhau estime d’ailleurs que cette dénomination de CMU n’est pas très pertinente, car il ne s’agit pas de remplacer le financement bancaire par le financement des marchés. «Il n’y a pas d’opposition entre marché des capitaux et union bancaire», a estimé pour sa part Fabrice Demarigny qui, comme son collègue, préconise une autre dénomination, Union pour le financement et l’investissement. Selon François Villeroy de Galhau, l’objectif de l’Union devrait ainsi être la diversification des moyens de financement, avec un élargissement de la gamme des possibles sans contrainte d’objectif, notamment parce que la fixation d’un objectif suscite des réactions anxiogènes dans certains pays comme l’Allemagne et l’Italie. Faut-il associer les 28 Etats membres à ce projet ? Les Etats dans leur grande majorité souhaitent un projet à 28 «mais il faut pouvoir avancer à 19 sur certains éléments», a estimé François Villeroy de Galhau. Sur le second point, François Villeroy de Galhau estime qu’il faut clarifier et plus précisément resserrer le contenu de l’Union autour de deux grands axes. Tout d’abord, la dette et le crédit avec probablement le financement des PME qui devrait rester entre les mains des banques à même de refaire une titrisation mieux encadrée, le financement des grands groupes qui devrait se maintenir sur des marchés taillés à leur mesure, et le financement des ETI qui devrait prendre un peu des deux et développer les placements privés. L’autre grand axe serait de canaliser l'épargne vers des instruments à risque. Dans cette perspective, il faudra mener à bien la révision de la directive Solvabilité II, aux calibrations trop sévères, et favoriser les financements «cross border» pour que les entreprises qui grandissent n’aillent pas, comme Criteo, se faire coter aux Etats-Unis. Et sur le chapitre du long terme et des infrastructures, il serait opportun de rapprocher les calendriers du plan Juncker, qui mobilise les capitaux publics, et le projet de CMU dédié aux capitaux privés, qui ne verrait le jour qu’en 2019. En attendant, François Villeroy de Galhau prévoit de présenter ses conclusions préliminaires fin juillet pour une version définitive dans le courant de l’automne...
Compte tenu du volume des états financiers des sociétés cotées en forte progression, les lecteurs (actionnaires, prêteurs, analystes, etc.) ont souvent du mal à exploiter ces informations et les préparateurs des comptes se heurtent à des difficultés dans leur élaboration. S’incrivant dans la volonté des autorités française et européenne - et aussi de l’Autorité des normes comptables (ANC) - d’encourager les sociétés cotées à faire évoluer les informations financières qu’elles publient, l’Autorité des marchés financiers (AMF) vient de réaliser un guide - téléchargeable sur son site - dont l’ objectif est de les accompagner dans cette démarche.L’AMF y propose des pistes d’amélioration de la pertinence, de la cohérence et de la lisibilité des états financiers. Ces pistes s’appuient sur des exemples concrets extraits de rapports annuels d’émetteurs ayant déjà effectué, avec succès, des ajustements sur leur information financière publiée.
L’Autorité des marchés financiers (AMF) a publié mardi soir une instruction qui définit les règles des prospectus de vente des certificats mutualistes, indique L’Agefi. Ces nouveaux titres, qui seront émis et vendus par des assureurs mutualistes et institutions paritaires, ne rentraient pas dans le champ de l’actuelle directive européenne sur les prospectus des instruments financiers. Ce type de placement doit permettre aux assureurs mutualistes de renforcer leurs fonds propres, sans pour autant ouvrir leur capital à des actionnaires extérieurs. Selon L’Agefi, le prospectus des certificats mutualistes devra présenter un résumé de l’opération, ses facteurs de risques, des informations sur l'émetteur et les caractéristiques de l'émission et du produit. Le document devra notamment «fournir un organigramme ou décrire sommairement ce groupe et la place qu’y occupe l'émetteur», précise l’instruction de l’AMF. Le prospectus devra aussi préciser le fonctionnement des certificats mutualistes qui n’offrent ni droit de vote ni de droit sur l’actif de la société émettrice.
Rand Paul, sénateur du Kentucky et candidat à la présidence des Etats-Unis, porte plainte contre la loi Fatca. Il s’est joint aux six autres plaignants qui attaquent la loi sur sept chefs de violation de la Constitution américaine, rapporte L’Agefi suisse. La plainte sera déposée la semaine prochaine contre le département du Trésor des États-Unis (US Treasury), l’agence du gouvernement des États-Unis qui collecte l’impôt sur le revenu (IRS) et l’agence qui collecte les données pour combattre les crimes financiers (FinCEN). C’est la première fois qu’un candidat à la présidence attaque le gouvernement qu’il se propose de diriger. La loi Fatca est ainsi devenue un enjeu des élections américaines en raison des difficultés rapportées par les quelque 8,7 millions de résidents américains à l’étranger. Entrées en vigueur le 1e juillet 2014, les règles de Fatca n’ont été finalisées qu’en décembre dernier, avec quelques assouplissements mineurs.
La Financial Conduct Authority (FCA) a annoncé le 1er juillet le lancement d’un vaste sondage auprès de tous les fournisseurs de produits de retraite pour déterminer notamment si les consommateurs souhaitant puiser dans leurs plans de retraite sont confrontés à des obstacles. Le régulateur, qui depuis le début de l’année, suit de près les développements dans le secteur des pensions liés à la réforme des retraites, continue de travailler en étroite collaboration avec le régulateur des retraites (Pensions Regulator) afin d’harmoniser les séries statistiques. La FCA indique également qu’elle est en train de revoir sa réglementation sur les retraites et qu’elle lancera dans les prochains mois une consultation sur les modifications qu’elle juge nécessaires. Parmi les modifications envisagées figurent notamment les alertes sur les «risques retraite» et l’intégration d'éléments du code de conduite sur les retraites élaboré par l’association des assureurs britanniques (ABI).
Un groupe comprenant des fonds alternatifs londoniens et américains a officiellement déposé une demande pour le remboursement d’une partie des 172 millions de dollars de créances qu’il détient auprès de la banque bulgare Corporate Commercial Bank AD, ou KTB, rapporte le Wall Street Journal, citant des proches du dossier. Cet établissement a été fermé l’an dernier après une ruée de la clientèle causée par des soupçons de détournement de fonds.
La généralisation de la « part active » ou « active share » en anglais, mesure utilisée pour identifier les fonds qui affichent une gestion active et facturent des frais en conséquence alors qu’ils se contentent de suivre l’indice, pourrait pénaliser la performance, montre la dernière édition de The Cerulli Edge - Global Edition.Les régulateurs européens se sont récemment penchés sur les« closet trackers », ces fonds prétendument actifs. En mai, le gouvernement suédois a lancé une enquête dans le sillage d’un dépôt de plainte de la part de l’association suédoise des actionnaires contre une grande société de gestion (en l’occurrence Swedbank Robur), estimant qu’elle avait vendu abusivement des fonds faussement actifs aux investisseurs particuliers (cette plainte a été rejetée mercredi, lire par ailleurs). Les régulateurs danois et norvégien se sont aussi montrés proactifs dans ce domaine.En réponse à cela, les sociétés de gestion sont de plus en plus nombreuses à publier des données prouvant que la composition de leurs fonds diverge bien des indices. Pour ce faire, la part active est la mesure la plus communément employée, sachant qu’un score de moins de 60 % montre une trop grande proximité avec l’indice. « La part active, toutefois, n’est pas la panacée et, utilisée seule, peut induire en erreur », met en garde Barbara Wall, directeur de la recherche européenne chez Cerulli Associates. « Elle devrait être employée aux côtés d’autres mesures pertinentes comme le ratio d’information montrant les rendements du portefeuille au-delà de l’indice en lien avec la volatilité de ces rendements », propose-t-elle. De plus, notant qu’il y a des périodes dans un cycle d’investissement où il est prudent de rester proche de l’indice, Cerulli prévient qu’un gérant qui se sent obligé de garder un certain niveau de part active risque de choisir les mauvaises actions uniquement pour augmenter l’écart avec l’indice. Un respect strict de l’outil peut aussi empêcher un gérant d’acheter des actions ayant une pondération importante dans l’indice, même s’il anticipe une surperformance.L’autre limite évoquée par Cerulli concerne la définition de ce qu’on entend par « être actif », et qui en général se réfère aux actions détenues. Mais le terme actif peut aussi s’appliquer à un portefeuille qui adhère à l’indice, si le gérant n’a pas adopté une simple approche de long terme et que la performance est influencée par le moment choisi pour acheter ou vendre des valeurs composant l’indice.Les sociétés ayant décidé de dévoiler la part active de leurs portefeuilles ont tendance à avoir des styles de gestion non contraints par l’indice. Les maisons dont l’objectif est de dégager une surperformance avec un risque faible sont en revanche plus angoissées à l’idée de publier ces chiffres. Au total, Cerulli pense que, utilisée avec d’autres mesures, la part active peut être un outil utile dans la promotion de la transparence et de la responsabilité.
Thomas Bauer, 60 ans, sera le nouveau président du conseil d’administration de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma) dès janvier 2016, rapporte L’Agefi suisse. Le Conseil fédéral a nommé mercredi cet ancien d’Ernst & Young pour succéder à Anne Héritier Lachat, qui était donnée sur le départ depuis quelques temps déjà. Docteur en droit, Thomas Bauer a travaillé pour le cabinet d’audit et de conseil Ernst & Young de 1994 à 2014. Jusqu’à son départ, il y était partenaire responsable du domaine concernant la législation sur l’insolvabilité et la restructuration. Il exerce actuellement une activité à temps partiel au Tribunal cantonal de Bâle-Campagne.
Le conseil suédois pour les conflits liés à la consommation, connue sous le nom d’ARN, a décidé de rejeter l’action collective contre Swedbank Robur, l’une des principales sociétés de gestion suédoises, accusée d’avoir vendu de faux fonds actifs.En décembre 2014, l’association des actionnaires suédois (Sveriges Aktiesparares Riksförbund) avait porté plainte auprès de l’ARN contre la société de gestion du groupe bancaire Swedbank, l’accusant d’avoir vendu aux particuliers des fonds étiquetés actifs alors que, selon elle, ils se contentaient de répliquer un indice. Agissant pour le compte de 3.000 investisseurs, elle réclamait 7 milliards de couronnes suédoises, soit environ 760 millions d’euros. Les fonds concernés par la plainte étaient les fonds Komplett et Kapitalinvest. Ces fonds ont depuis vu leurs frais baisser. L’ARN a estimé ne pas être compétente pour juger l’affaire. « Nous nous félicitons de la décision de l’ARN. Les fonds étaient gérés de manière active, même si nous n’avons pas toujours été heureux du résultat », a commenté Tomas Hedberg, directeur général de Swedbank Robur, par voie de communiqué. Quoi qu’il en soit, malgré cette décision, le débat sur les fonds prétendument actifs reste entier et de nombreux régulateurs, notamment en Europe du Nord, s’intéressent au sujet.
Le Royaume-Uni a encore réduit sa participation dans Lloyds Banking Group pour la ramener à 15,9% contre 16,87% précédemment, a annoncé le groupe bancaire jeudi. L’Etat avait pris 43% du capital de la banque pendant la crise financière de 2007-2008, moyennant un coût de 20,5 milliards de livres pour le contribuable britannique. Il a commencé à céder des titres aux actionnaires institutionnels en septembre 2013 et compte achever son désengagement en 2016. En incluant cette dernière opération, les ventes d’actions Lloyds lui ont permis de récupérer quelque 12,5 milliards de livres (17,6 milliards d’euros). La participation résiduelle de l’Etat représente une valeur de 9,9 milliards de livres au cours de Bourse actuel. Une partie en sera en principe réservée aux actionnaires particuliers l’an prochain.
L’assureur santé américain Centene a annoncé jeudi le rachat de son concurrent Health Net pour 6,3 milliards de dollars (5,7 milliards d’euros) en actions et en numéraire afin de se renforcer comme prestataire des programmes de santé gouvernementaux. L’offre valorise Health Net à 78,57 dollars par action, soit une prime de 21% par rapport à sa clôture de mercredi à 65,06 dollars, ont précisé les deux groupes dans un communiqué commun.
L’ex-directeur général de l’assureur britannique Prudential, qui a pris officiellement ses fonctions mercredi à la tête de Credit Suisse, a indiqué qu’il comptait renforcer le bilan du groupe et procéder à des choix clairs. «Nous aurons besoin d’un bilan solide qui nous permette de surmonter l’adversité, tout en continuant d’investir dans l’avenir», explique Tidjane Thiam dans une note au personnel diffusée mercredi et citée par Bloomberg et Reuters. «Nous devons être impitoyablement sélectifs au sujet de ce que nous faisons, et de manière aussi importante, au sujet de ce que nous ne faisons pas», écrit le dirigeant. «Choisir où nous investissons notre capital et où nous ne l’investissons pas sera une priorité pour moi dans les semaines et les mois qui viennent».Une bonne partie des investisseurs s’attend à ce que Credit Suisse réduise la taille de sa banque d’investissement et procède à une augmentation de capital.
La banque allemande a cédé un portefeuille européen de prêts dans l’immobilier commercial, d’une valeur nominale de 2,2 milliards d’euros, à JPMorgan et Lone Star. Un autre portefeuille comprenant des prêts non performants en Allemagne, d’une valeur nominale de 700 millions d’euros, a pour sa part été vendu à Oaktree. Commerzbank précise que la transaction entraîne un impact positif net sur les fonds propres d’environ 105 millions d’euros au troisième trimestre.