Pendant les trois prochains mois, la Commission européenne procèdera à une consultation sur les moyens de renforcer le marché européen des services financiers de détail. L’objectif est de trouver un système qui fonctionne pour tous les consommateurs de l’Union européenne (UE), qui leur donne accès aux meilleures offres de services financiers, c’est-à-dire à des produits mieux adaptés à leurs besoins, à un plus grand choix et à des prix plus compétitifs. Il s’agit bien d’examiner les services financiers du point de vue des consommateurs européens, et ce dans le but d’améliorer la concurrence, la transparence et le choix. La consultation porte sur le marché de détail, dans toute l’Europe, des produits tels que les assurances, les crédits hypothécaires, les prêts, les paiements et les comptes bancaires. L’objectif sera de recenser les obstacles injustifiés rencontrés par les consommateurs lorsqu’ils souhaitent utiliser ces services par-delà les frontières, et de trouver des réponses quant à la meilleure manière d’éliminer ces obstacles. Le but de la Commission est de permettre aux entreprises qui le souhaitent de proposer plus facilement des produits financiers de détail dans d’autres États membres de l’UE, et partant d’offrir aux consommateurs un accès à une gamme de produits beaucoup plus large. Les citoyens devraient aussi être en mesure d’emporter ces produits avec eux s’ils s’installent dans un autre pays de l’Union pour y travailler, étudier ou prendre leur retraite. «Les produits financiers comme les comptes bancaires, les crédits hypothécaires et les assurances jouent un rôle primordial dans la vie quotidienne de millions d’Européens. Mais souvent, ceux-ci manquent les meilleures offres, ou ils paient le prix fort en raison des barrières qui subsistent sur le marché européen. Dans ce domaine, comme dans d’autres, le marché unique peut avoir des effets bénéfiques en permettant aux consommateurs de profiter d’une concurrence accrue et de faire leur choix parmi les meilleures offres en Europe», a déclaré Jonathan Hill, commissaire européen pour la stabilité financière, les services financiers et l’union des marchés des capitaux, cité dans un communiqué. Il existe parfois des raisons objectives et valables qui expliquent pourquoi les services varient, ne sont pas facturés au même prix ou ne sont pas disponibles dans d’autres États membres — par exemple parce que les coûts ou les risques sont différents. Toutefois, ces obstacles peuvent également poser des problèmes pratiques, y compris pour les 13,6 millions de citoyens de l’Union résidant dans un autre État membre que le leur. Concrètement, cela signifie que de nombreux Européens ne jouissent peut-être pas de la plus large gamme de produits ou qu’ils paient le prix fort. Il en découle aussi que les prestataires de services financiers ont des difficultés à se développer et à offrir leurs services sur un marché plus vaste, compte tenu de la complexité ou du surcoût des opérations transfrontières. Seulement 3% des consommateurs se sont procuré un produit bancaire comme une carte de crédit, un compte courant ou un prêt hypothécaire, dans un autre État membre de l’UE que le leur; au sein de la zone euro, les prêts transfrontières représentent moins de 1% du total des prêts. Tous les consommateurs et entreprises ne souhaitent pas se procurer ou vendre ce type de produits dans plusieurs pays. L’objectif de la consultation est de vérifier que les consommateurs qui souhaitent acheter des services financiers dans un autre pays sont en mesure de le faire, en bénéficiant d’une protection et de normes de sécurité suffisantes. La consultation tient également compte de l’impact qu’ont les technologies numériques sur le marché. Les services numériques tels que les services bancaires en ligne, les prêts entre particuliers (peer-to-peer) ou les comparateurs des prix présentent de nombreux avantages pour les prestataires et les consommateurs, mais ils peuvent aussi poser des problèmes de réglementation et de protection des consommateurs.