Dès l'été 2007, Patrick Fenal, CEO d’Unigestion, tirait la sonnette d’alarme au sujet du #mismatch# ou décalage de liquidité qui existait chez certains fonds de hedge funds, qui en clair offraient une liquidité qu’ils ne pouvaient assumer. #Logiquement, un fonds de hedge funds devrait être moins liquide que l’ensemble de ses fonds sous-jacents. Or, c’est loin d’avoir été le cas#, explique-t-il encore aujourd’hui. Ce qu’il qualifiait alors de #bombe à retardement# a fini par exploser avec la crise, et de nombreux fonds de hedge funds se sont effectivement trouvés dans l’incapacité de rembourser leurs porteurs de parts qui voulaient sortir.Ca n’a pas été le cas pour Unigestion, qui pratiquait notamment la liquidité trimestrielle pour ses fonds. #Nous avons raté du business en 2006-2007 car nous n’avons pas voulu introduire de liquidité mensuelle. Nous savions que si la situation se tendait, nous n’aurions pas été capables d’honorer les rachats#, reconnaît Jean-François Hirschel, managing director et responsable du marketing d’Unigestion. #Mais aujourd’hui, les clients nous en sont reconnaissants#, ajoute-t-il.Aujourd’hui, Patrick Fenal estime que les leçons de cette crise de liquidité dans la multigestion alternative n’ont pas vraiment été tirées. Et notamment en France, pays dans lequel les autorités ont pourtant dû adopter dans l’urgence des mesures de restriction de la liquidité (lire article du 24/20/2008). #En France, par exemple, il n’est toujours pas possible de faire un Aria 3 avec une liquidité trimestrielle. On peut juste choisir entre une liquidité mensuelle ou hebdomadaire, ce qui est irréaliste avec la moyenne du marché#, estime Patrick Fenal. Et en contradiction avec la tendance de la France à l'échelle politique à diaboliser les hedge funds?