Le premier ministre du Luxembourg, Jean-Claude Juncker, a indiqué le 3 juin, à l’occasion de la cinquième édition du Luxembourg Financial Forum, que le lancement de l’entité ad hoc (special purpose vehicle ou SPV) qui doit loger les mécanismes de garantie des prêts dans la zone euro et dont la création avait été annoncée en mai dernier, est programmé pour le 7 juin.Le premier ministre du Grand Duché a estimé, dans le cadre d’un débat avec Jacques Attali, que les mesures prises par l’Europe étaient de «bonnes mesures» mais en retard par rapport aux nécessités de l’heure. Elles seront suffisantes «si les marchés les comprennent, ce qui n’est pas encore tout à fait le cas, et si les pays concernés prennent au sérieux les conditionnalités prises», a-t-il ajouté.Un brin provocateur mais aussi plus sévère, l’ancien conseiller spécial de François Mitterand rétorque que rien n’a été résolu. «Nous sommes à des années-lumière de ce qu’il faudrait faire. Nous avons une globalisation des marchés sans la globalisation des règles de droit qui vont avec». Dans ce contexte, il ne faut pas s’étonner des dérives de la planète financière, en voie de «somalisation», la Somalie étant le seul pays au monde à ne pas disposer de règles de droit. Jouer au casino est probablement scandaleux «mais si on ne l’interdit pas, pourquoi ne pas le faire?», a-t-il lancé.Pour réagir plus efficacement aux crises, Jacques Attali plaide pour un organe judiciaire indépendant des gouvernements qui sanctionnerait les pays qui ne respecteraient pas les règles du jeu. Le Premier ministre luxembourgeois se dit lui favorable à un retour de la règle. « Mais il faut que ces règles soient internationales et globales». Ce n’est pas souvent le cas. En conséquence, «nous devons imposer des règles sur notre propre territoire car ces règles sont synonymes de sécurité et c’est précisément ce que recherchent les investisseurs», poursuit Jean-Claude Juncker.Jean-Claude Juncker et Jacques Attali, aussi président de PlaNet Finance, ont tous deux appelé de leurs vœux, en guise de conclusion, un système financier qui serait plus au service de l’économie et des entreprises. «La finance a besoin d’un corps d’éthique encore à inventer», a estimé le premier ministre du Luxembourg. Le développement durable, la finance islamique, la microfinance font probablement partie des nouvelles avenues, toutes évoquées hier, d’une finance plus responsable mais dont les contours restent encore un peu flous…