La Fondation Insead, l’Observatoire de l'épargne européenne (OEE), la Caisse des dépôts et le groupe Viel ont annoncé le 27 janvier le lancement d’une plate-forme de données financières européennes, Insead OEE Data Services (IODS), avec le soutien du pôle de compétitivité Finance Innovation, de la Banque de France et du ministère de l'économie et des finances.La recherche en finance avait-elle vraiment besoin d’un tel outil ? «La réponse est surabondamment oui», a lancé hier à l’occasion d’un point de presse le président de l’Observatoire de l'épargne européenne, Jacques de Larosière. «Dans un monde financiarisé à outrance, il nous fallait un système opérationnel pour mieux appréhender les besoins des épargnants et aussi valider les modèles théoriques», a poursuivi Jacques de Larosière qui a déploré la fragmentation des sources d’information en Europe qui pourrait «durablement handicaper» la recherche européenne qui faute d’une offre reconnue, s’appuie le plus souvent sur des bases de données américaines.La plate-forme proposera deux types d’offre. D’une part, une offre produits donnant accès aux différentes familles ou bases de données que l’on peut regrouper en quatre grands domaines, les valeurs mobilières, les entreprises, l'épargne et les fonds d’investissement. D’autre part, une offre de services à forte valeur ajoutée à destination des utilisateurs de bases de données, entre autres interface d’extraction de données, calcul de données complémentaires, service d’ingénierie et d’hébergement.L’opérateur de la plate-forme sera structuré autour d’une société commerciale sous forme de SAS. La société est présidée par Georges Pauget, ancien directeur ghénéral de Crédit Agricole et actuel président de Finance Innovation et son directeur général est Didier Davydoff. Elle dispose d’un capital de 1,7 million d’euros, plus une dotation de Bercy de 500.000 euros, son tour de table étant composé de quatre grands actionnaires : la Fondation Insead, l’OEE, la Caisse des dépôts et le groupe Viel. A la différence du Wharton Research Data Services de l’université de Pennsylvanie, qui a largement inspiré le modèle IODS, l’opérateur français ne veut pas imposer une barrière à l’entrée trop élevée. L’abonnement de base, 37.500 dollars par an pour le Wharton, a été fixé à 5.000 euros. L'équilibre économique devrait être atteint en trois ans, le chiffre d’affaires se situant autour de 2 millions d’euros en régime de croisière.