Trois textes importants pour les secteurs bancaires et financiers, qui concernent aussi la réglementation de l’assurance sont partiellement transposés dans notre droit national par une ordonnance parue au Journal officiel du 21 février, Il s’agit des directives dites « CRD IV » (Capital Requirement Directive), « Ficod » (Financial Conglomerates Directive), ainsi que, dans une moindre mesure, les aménagements nécessaires au règlement dit « CRR » (Capital Requirement Regulation) d’application directe qui accompagne « CRD IV ». Ces réglementations européennes sont applicables depuis le 1er janvier 2014. CRD IV L’ordonnance parue le 21 février 2014 achève la transposition dans le droit français du texte européen « CRD IV » du 26 juin 2013. Ce dernier, issu de l’accord « Bâle III », a en commun avec Solvabiltié 2 le système des trois piliers (quantitatif, qualitatif et reporting), porte une réforme de grande ampleur pour la banque. Il vise à éviter les crises systémiques, en contraignant notamment les banques à mettre davantage de capitaux de haute qualité. L’ordonnance se concentre sur la gouvernance et de rémunération dans les établissements de crédit, des sociétés de financement, des entreprises d’investissement et les sociétés de gestion de portefeuille. Avec cette transposition, le code monétaire et financier intègre désormais par exemple la dissociation obligatoire des fonctions de président du conseil d’administration et de directeur général, sauf cumul expressément autorisé par le superviseur sous couvert de justification : « comply or explain ». Il prévoit aussi l’obligation de créer un comité des risques et un comité des nominations qui s’ajoutent au comité des rémunérations mis en place par la directive « CRD 3 ». Par ailleurs, l’ordonnance prévoit la mise en place d’une « représentation équilibrée » entre les hommes et les femmes au sein des conseils d’administration. Enfin le champ de surveillance prudentielle est étendu aux exigences supplémentaires de fonds propres. Ficod La directive « Ficod », qui est aussi transposée par la même ordonnance; est issue de la collaboration des trois superviseurs européens de la banque (EBA), de l’assurance (EIOPA) et des marchés financiers (Esma). Elle renforce la surveillance complémentaire des conglomérats financiers par l’adoption de critères de définition permettant d’identifier plus aisément les conglomérats et exigeant plus de transparence. Pour l’assurance, les trois codes sont amputés (assurances, mutualité, livre 9 du code de la sécurité sociale) des dispositions relatives à la surveillance des conglomérats financiers, qui relèvent désormais du seul code monétaire et financier. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), après consultation de ses homologues européens, peut décider de soumettre les compagnies financières holding mixtes (comprenant une activité réglementée) à un régime allégé en matière de surveillance pour l’assurance.