Il passe pour quelqu’un de discret mais il ne mâche pas ses mots. Invité le 10 septembre par l’Association Française des Trésoriers d’Entreprise (AFTE), Steven Maijoor, président de l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF/Esma) a souligné à plusieurs reprises l’importance de la mise en œuvre des réglementations. «Il faut s’assurer de la mise en œuvre effective des réformes. La réussite d’une réglementation est étroitement liée à sa mise en œuvre», a notamment déclaré Steven Maijoor. «Nous devons prendre le temps de mettre en œuvre les réformes», a-t-il répété. Ce qui n’empêche pas l’Esma de poursuivre ses travaux, entre autres sur le passeport européen pour les hedge funds et le private equity dans le cadre de la directive AIFM. «Les travaux sont en cours et un document de consultation pourrait être proposé dans les tout prochains mois, en tout cas avant Noël», a indiqué Steven Maijoor.Evoquant les agences de notation, dont l’Esma assure désormais l’encadrement, Steven Maijoor a indiqué que les agences avaient encore du pain sur la planche pour respecter toutes les exigences de la réglementation. Mais il a aussi estimé que les investisseurs restaient trop dépendants des notations proposées par les agences. «C’est une information importante mais qui doit constituer un élément parmi d’autres dans l’appréciation d’un investisseur».Il a par ailleurs insisté sur l’importance de la qualité de la donnée. «Nous collectons les données depuis février 2013. Nous aurions souhaité un démarrage plus tardif pour avoir une meilleure appréciation de la tâche. Mais nous travaillons d’arrache-pied avec les législateurs nationaux pour améliorer la qualité de ces données», a assuré Steven Maijoor qui s’est dit tout à fait conscient des imperfections encore existantes.Car une bonne information est essentielle pour une autorité qui a l’objectif de la protection de l’investisseur, comme le feu CESR, mais qui doit aussi veiller à la stabilité des marchés. Dans cette perspective, la qualité de la donnée reste au cœur des préoccupations de l’Esma. Interpellé sur l’amélioration du processus d'élaboration des textes, -le cafouillage sur les fonds monétaires-, Steven Maijoor a souligné l’importance d’une implication de toutes les parties prenantes «Nous sommes des techniciens qui conseillons des responsables politiques sur certains textes. Un rôle classique. Nous essayons aussi d'être aussi ouverts que possible mais l’Europe est très diversifiée», a-t-il déclaré.La nouvelle législature pourrait-elle apporter des évolutions significatives? Steven Maijoor a évoqué l’importance pour l’Esma de disposer de ressources suffisantes pour remplir sa mission. Il a aussi mis en exergue la difficulté de l’exercice qui consiste à concilier des exigences qui peuvent parfois sembler contradictoires : régulation, supervision et croissance. «Nous ne sommes pas là pour freiner l’activité économique. Nous sommes là pour assurer le bon fonctionnement des marchés financiers», a-t-il lancé en guise de conclusion.