Le président de la Réserve fédérale (Fed) de Boston, Eric Rosengren, n’est pas convaincu de la nécessité de réduire les taux d’intérêt dans l’immédiat, mais juge que la banque centrale devrait clarifier ses intentions en matière de trajectoire de taux en cas de dégradation de la conjoncture. «Nous sommes censés nous concentrer sur le chômage et l’inflation aux Etats-Unis et donc je pense que nous sommes dans une situation plutôt favorable pour le moment», a-t-il déclaré sur Bloomberg TV. «Il y a un coût à assouplir (les conditions d’emprunt) quand vous n’en avez pas besoin», a-t-il ajouté. Mais il a précisé être prêt à soutenir une baisse des taux s’il était convaincu que la croissance était menacée.
L'économie des Etats-Unis a continué de croître à un rythme «modeste» ces dernières semaines et ses perspectives sont «généralement positives» malgré les incertitudes liées aux tensions commerciales, selon le Livre beige sur l'état de la conjoncture récente, publié mercredi par la Réserve fédérale. Le rythme de l’inflation a été «de stable à légèrement en baisse» par rapport à la période précédente et le marché du travail reste tendu malgré un léger ralentissement de la croissance de l’emploi, selon le document. Le Livre dresse un tableau d’une économie américaine globalement en bonne santé avant la réunion monétaire des 30 et 31 juillet, au terme de laquelle la banque centrale devrait pourtant annoncer, selon les attentes du marché, qu’elle baisse ses taux d’intérêt.
Les inquiétudes liées au commerce international et le ralentissement mondial «continuent de peser sur les perspectives économiques aux Etats-Unis» et la Réserve fédérale reste prête à «agir de manière appropriée» pour soutenir la croissance, a déclaré mercredi le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, lors de audition au Congrès. Interrogé sur les dernières statistiques, le dirigeant a aussi souligné les chiffres de l’emploi au mois de juin, meilleurs qu’attendu par les économistes, ne modifiaient pas fondamentalement les prévisions économiques de la Fed.
Les banquiers centraux américains s’interrogent sur la nécessité d’une baisse des taux d’intérêt pour contrer les effets récessifs de la politique commerciale de Donald Trump, a déclaré mardi le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, lors d’un colloque à New York. La Fed a maintenu la semaine dernière ses taux inchangés, dans une fourchette comprise entre 2,25% et 2,5%, mais près de la moitié de ses dirigeants ont dit anticiper une baisse des taux cette année. Jerome Powell a indiqué que la banque centrale était restée relativement optimiste pour l'économie américaine jusque début mai, avant la dernière escalade en date des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Et la faiblesse de l’inflation constitue un argument supplémentaire en faveur d’une réduction des taux.
La Réserve fédérale, qui publie quatre fois par an les projections de ses membres sur l'évolution des taux d’intérêt, réfléchit désormais à limiter la portée de ces « dot plots » devenus embarrassants pour sa communication. A défaut de les supprimer, certains proposent d’en différer la publication du contexte à un autre moment afin qu’il ne vienne plus téléscoper le communiqué de politique monétaire dont le message souvent plus nuancé se trouve ainsi brouillé. Déjà débattue en mars, l’idée d’en limiter le retentissement s’inscrit dans le vaste débat en cours sur la communication de la Fed, et aucune mesure n’est attendue avant 2020.
La Réserve fédérale observe que ses contacts au sein des entreprises américaines redoutent que les tensions commerciales internationales ne pèsent sur leur activité, décrite comme «modeste» d’avril à la mi-mai dans le Livre Beige de la Fed, publié mercredi. Le rapport a été rédigé à partir des informations données par les contacts de la Fed auprès des entreprises jusqu’au 24 mai, soit avant que le président Donald Trump ne menace d’imposer de nouveaux droits de douane sur les importations du Mexique. L'économie américaine aura connu en juillet prochain 10 années de croissance ininterrompue, mais le conflit commercial sino-américain amplifie un ralentissement d’activité dans l’industrie.
L’approche «patiente» en matière de politique monétaire sera sans doute encore la norme «pendant quelque temps», ont convenu les responsables de la Réserve fédérale, lors de la dernière réunion de politique monétaire de l’institut d'émission. Au vu du compte-rendu de la réunion du 30 avril au 1er mai publié mercredi, la banque centrale ne jugerait pas utile de modifier les taux d’intérêt pour le moment. Ils ont aussi étudié comment structurer au mieux les avoirs mobiliers de la banque centrale pour parer à une future éventuelle récession. La dernière réunion de la Fed a eu lieu avant que le gouvernement américain n’augmente encore les droits de douane sur certains produits chinois importés. A l’issue de cette réunion, le FOMC a laissé l’objectif de taux des Fed funds à 2,25-2,5%.
L'éditorialiste conservateur Stephen Moore a décidé de se retirer du processus de nomination au conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale (Fed), a annoncé Donald Trump jeudi dans un tweet. Stephen Moore fait l’objet de vives critiques au sein même des parlementaires républicains, pour des déclarations notamment au sujet des femmes. Les gouverneurs de la Fed sont nommés par le président des Etats-Unis, mais le Sénat valide ensuite le choix de l’exécutif. Stephen Moore est le deuxième candidat de Donald Trump à devoir se retirer de la course, après Herman Cain en avril.
Un quatrième sénateur républicain a exprimé jeudi son désaccord sur la nomination de Herman Cain à la Réserve fédérale, venant contrarier le souhait du président Donald Trump de désigner ce fidèle soutien, ancien patron d’une chaîne de pizzas, pour occuper l’un des postes vacants au conseil de la banque centrale. Trois autres sénateurs républicains - Mitt Romney, Lisa Murkowski et Cory Gardner - ont déjà fait savoir qu’ils voteraient contre. Le président américain a aussi indiqué vouloir nommer à la Fed Stephen Moore, commentateur économique affilié à un groupe de réflexion conservateur. Le Sénat, qui se prononce sur les nominations à la Fed, n’a encore reçu aucune notification.
Les membres du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine se sont accordés sur la nécessité de privilégier la patience en matière de taux d’intérêt lors de la réunion des 19 et 20 mars, montre le compte rendu publié mercredi. Alors que la Fed a amorcé un nouveau virage, ne prévoyant plus qu’une seule hausse de taux d’ici 2021, selon les «minutes» de sa réunion, elle a jugé que l'économie américaine n'était pas menacée par une récession ces prochaines années. Mais certains membres du Federal Open Market Committee (FOMC) pourraient réviser leur jugement sur l’opportunité de baisser ou de relever les taux à l’avenir. Pour plusieurs responsables de la Fed, il faudrait aussi stabiliser le niveau des réserves une fois achevée la réduction du bilan, via une reprise des achats de titres du Trésor.
Le secteur financier américain doit accélérer les démarches entreprises pour rompre définitivement avec les références au taux Libor, a déclaré mercredi Randal Quarles, gouverneur de la Réserve fédérale en charge de la régulation. Les Etats-Unis et les autres grandes places financières ont jusqu'à fin 2021 pour remplacer le taux Libor, longtemps référence clé des marchés monétaires. Présent à Washington, Andrew Bailey, le président de la Financial Conduct Authority (FCA) britannique, n’a pas exclu que certains produits existants puissent encore faire référence au Libor après la fin 2021, mais il a averti que ce ne serait pas le cas pour les nouveaux produits.
En plus de ses incitations répétées à baisser les taux directeurs, Donald Trump cherche également à placer deux de ses proches au sein du Board de la Fed.
Stephen Moore, qui devrait être nommé par le président américain Donald Trump au Conseil des gouverneurs de la Fed, a déclaré mercredi au New York Times que la banque centrale devrait baisser ses taux dès maintenant d’un demi-point. L’ancien conseiller du président lors de sa campagne présidentielle de 2016, ne se considère pour autant ni comme un «flagorneur de Trump» ni comme une «colombe». Il avait déjà indiqué vendredi à Bloomberg qu’il était un opposant virulent aux quatre relèvements de taux décidés au cours de 2018. Une baisse de taux n’est envisagée actuellement par aucun membre de la Fed.
Stephen Moore, qui devrait être nommé par le président américain Donald Trump au Conseil des gouverneurs de la Fed, a estimé ce matin dans un entretien au New York Times que la banque centrale devrait baisser ses taux dès maintenant d’un demi-point. L’ancien conseiller du président lors de sa campagne présidentielle de 2016, ne se considère pour autant ni comme un « flagorneur de Trump » ni comme une « colombe ». Il avait déjà indiqué vendredi à Bloomberg qu’il était un opposant virulent aux quatre relèvements de taux décidés au cours de 2018.
Le président de la Fed de Philadelphie, Patrick Harker, a estimé ce matin lors d’une conférence à Francfort que la révision des projections de taux Fed funds réalisée par les membres du FOMC à leur dernière réunion n’est pas spectaculaire et que sa portée est parfois exagérée. «Mon ‘dot’ n’a pas beaucoup baissé car j'étais moins haut que tous les autres (...) La médiane a effectivement baissé mais seulement d’un cran ; parfois on exagère un peu la portée de cette baisse», a-t-il précisé.
Eric Rosengren, le président de la Réserve fédérale de Boston, s’est prononcé ce matin en faveur d’une plus grande proportion d’obligations de court terme dans le bilan de la Fed, afin d’accroître sa marge de manoeuvre en cas de retournement économique. «Augmenter la part des T-Bills et réduire ainsi la duration des obligations dans le portefeuille pourrait être un objectif important dans le cadre du processus de normalisation. Cela laisserait à la Fed la possibilité de rallonger la maturité des actifs de son bilan lors d’un prochain retournement économique majeur», a-t-il expliqué. Selon Eric Rosengren, quand une récession surviendra, les taux d’intérêt redescendront probablement vers zéro et le rachat d’obligations redeviendra une option.