Le Comité européen des régulateurs de marchés de valeurs mobilières (CESR) a publié hier une première évaluation de l’impact de la directive MIF sur le fonctionnement des marchés boursiers. Selon Jean-Paul Servais, le président du groupe d’experts sur la directive MIF au sein du CESR et par ailleurs président en Belgique de la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA), «malgré les conditions de marchés difficiles des 19 derniers mois, la directive MIF a créé un nouveau dynamisme et accru la concurrence sur les marchés secondaires d’actions».Cette concurrence accrue s’est notamment traduite par une guerre sur les prix qui ne semble pas toutefois avoir eu les effets escomptés. Selon plusieurs acteurs de marchés, «les réductions de frais opérées par les plates-formes d'échanges n’ont pas été totalement répercutées par les professionnels au niveau des investisseurs». Il est vrai aussi, remarque le texte, que les dépenses de fonctionnement dans un environnement plus fragmenté, la baisse significative des quantités disponibles au meilleur prix sur chaque plate-forme, et des conditions de marché difficiles, sont autant d'éléments qui ont pu limiter la réduction des frais de transaction. Le rapport observe par ailleurs que les parts de marchés des bourses organisées se sont certes réduites avec la mise en œuvre de la directive sans toutefois que le paysage en soit complètement bouleversé. La majorité des transactions sont toujours exécutées sur les marchés organisés plutôt que chez les nouveaux entrants ou sur les marchés OTC. Les parts de marchés des MTF semblent pourtant avoir progressé davantage sur les marchés britannique, allemand et Euronext et un peu moins sur les marchés italien et scandinaves. Peut-être parce que les MTF ne couvrent souvent que les valeurs les plus liquides.