Quelles évolutions du pouvoir de sanction de l’Autorité des marchés financiers ? Un groupe de travail de l’Association française des marchés financiers (Amafi) s’est penché sur la question au cours du premier semestre 2009, et vient de remettre ses conclusions, sous la forme d’une trentaine de propositions, au régulateur français. Le groupe entend ainsi «contribuer utilement aux travaux en cours sur la révision de l’architecture des autorités financières de supervision, dont le volet législatif pourrait prendre la forme d’une ordonnance acceptée avant février 2010 dans le cadre de l’habilitation conférée par la loi LME», peut-on lire en préambule dans le rapport de quelque 130 pages.L’analyse a porté sur les différents aspects de la procédeure de sanction, de la notification des griefs au recours, en passant par l’instruction, la formation du jugement et la sanction. Parmi la trentaine de propositions formulées, le groupe donne la priorité à certaines d’entre elles. En matière de contrôle et d’enquête, il met l’accent sur la clarification du champ respectif des contrôles et des enquêtes (proposition 1), la mise en place d’une charte de conduite des enquêtes sur place (prop. 5) et la possibilité donnée à toute personne de formuler des observations sur le rapport de contrôle ou d’enquête au regard duquel le Collège décidera ou non de notifier des griefs (prop. 2). Ensuite, en matière d’instruction, le groupe souligne le renforcement du service de l’instruction et du contentieux de la Commission des sanctions (prop. 10). En matière de sanction, le groupe de travail retient la poursuite de l’effort de motivation entrepris (prop. 22), plus particulièrment en ce qui concerne la nature et le quantum des sanctions prononcées (prop. 23), le recours accru à l’anonymat dans les décisions de sanction (prop. 25), celui-ci devant d’ailleurs être posé en principe pour les personnes mises hors de cause (prop. 26).Le groupe soutient par ailleurs pleinement le souhait maintes fois formulé par l’AMF de se voir reconnaître un droit d’appel (prop. 29) et l’introduction d’une procédure de transaction (prop. 30) assortie de deux conditions : d’une part, exclure, au moins dans un premier temps, les manquements pénalement qualifiables, d’autre part, laisser aux parties à la transaction une large liberté pour fixer le contenu de la transaction, notamment en ce qui concerne la publication, nominative ou non de la transaction.Cette possibilité de transaction constituerait «une amélioration importante et tout à fait souhaitable» car elle permettrait notamment «de «sortir» de la procédure de sanction tous les «petits» manquements, c’est-à-dire ceux concernant d’abord des situations relativement simples, où la réalité du manquement ainsi que la nécessité de mesures correctives ne sont pas contestées par la personne avec laquelle il s’agit de conclure la transaction, et où il sera considéré, tant par cette dernière que par l’AMF, intéressant de faire l'économie des coûts associés à une procédure de sanction». Le groupe souligne «l’enjeu particulier» que représente la problématique de l’indemnisation des victimes par l’AMF compte tenu des différentes questions qu’elle pose et des difficultés qu’elle nécessite de surmonter. Si cette problématique est importante, il n’est en revanche pas certain que la meilleure façon de la traiter soit de conférer une capacité en matière à l’AMF. Au stade actuel de sa réflexion, l’Amafi «considère même qu’un tel choix pourrait conduire à remettre en cause la nécessité d’un pouvoir de sanction autonome du régulateur de marché, qui a pourtant constitué une orientation initiale fondamentale» de ses travaux, souligne le groupe dans ses conclusions.
Selon Les Echos, les fiscalistes ont beau s’interroger sur l’existence d’une liste de 3.000 exilés fiscaux en Suisse, ils jugent leur clientèle plus menacée par le fisc qu’auparavant et estiment que les procédures de régularisation proposées sont «peu attractives».Le parti socialiste considère pour sa part que le dispositif proposé par Bercy aux contribuables ayant dissimulé leurs revenus au fisc s’apparente à une amnistie. Le gouvernement rappelle que les règles de droit continuent de s’appliquer, seules les pénalités étant négociables.
Le liquidateur Irving Picard a déclaré que les œuvres caritatives ayant bénéficié de la fraude de Bernard Madoff pourraient se voir demander de restituer l’argent, rapporte le Wall Street Journal.
Interrogés par le Financial Times, Walter Berchtold, le patron de Credit Suisse Private Banking, et Boris Collardi, le directeur général de Julius Baer, sont convaincus qu’ils peuvent éviter une chasse aux sorcières de la part des autorités américaines. Pour ce dernier, le risque d’une nouvelle procédure John Doe est inexistant.
Selon Le Temps, la constitution d’une liste de 3000 contribuables ayant des comptes non déclarés en Suisse suscite quelques interrogations sur la place suisse. A Berne, le Département fédéral des finances(DFF) souligne les «incertitudes» qui entourent la liste française. L’Administration fédérale des finances a été chargée de vérifier si certains des 3000 noms pourraient provenir de banques suisses, explique le porte-parole du DFF, Roland Meier. Selon l’avocat Carlo Lombardini, cité par le quotidien, l’annonce «relève en partie de la vérité, en partie de la manœuvre psychologique pour que les gens se dénoncent».
Selon Les Echos, le président Sarkozy et la chancelière Merkel se rencontrent cet après-midi à Berlin pour harmoniser leurs positions en vue du G20 de Pittsburgh, à la fin du mois. Ils militent tous les deux pour une régulation plus stricte du système financier international et comptent mettre la pression sur leurs partenaires pour encadrer les rémunérations variables dans le secteur bancaire. Berlin soutient la proposition française pour une initiative internationale sur les rémunérations dans le secteur bancaire et la chancelière a jugé à la télévision «fâcheux que, dans certaines banques, tout recommence presque comme avant».
Les entités européennes de Lehman Brothers ont l’intention de réclamer jusqu'à 100 milliards de dollars à leur ancien holding ces prochaines semaines. Les assignations préparées par PwC doivent être déposées avant le 22 septembre, date butoir fixée par le tribunal des faillites américain, rapporte le Financial Times.
Le président de l’Association de la gestion britannique (IMA), Richard Saunders, a salué les propositions de Lord Turner sur la nécessité de mieux encadrer les activités financières. «Lord Turner a très justement identifié la nécessité pour les banques de mieux gérer le risque et de maintenir des niveaux plus élevés de fonds propres lorsqu’elles s’engagent dans des activités plus risquées», observe le président de l’IMA. «Nous saluons ce débat. Toutefois, les taxes sur les transactions comportent aussi le risque que, comme pour le droit de timbre, ce soit l'épargnant qui finisse par payer. Dans le débat qui va suivre, il faut avoir cet élément à l’esprit», poursuit-il.
Dans le cadre de la réunion des ministres des Finances du G20 qui se tiendra en fin de semaine à Londres, le président Sarkozy compte avancer plusieurs propositions concernant la taxation et la limitation des bonus, rapporte L’Agefi. Au programme, la création dans toutes les places financières d’une taxe assise sur les bonus distribués dont le produit alimenterait les systèmes de garanties des dépôts, une limitation globale des bonus distribués en pourcentage des revenus des banques de financement et d’investissement et la définition d’un plafond pour les bonus les plus élevés. Selon une source proche de l’Elysée, précise l’Agefi, la France soutiendra également l’augmentation de l’exigence des fonds propres pour les activités de trading. Une exigence déjà présente dans le projet de révision de normes de Bâle II, auxquelles les banques américaines ne sont pas soumises.
Selon Les Echos, une étude de trois chercheurs de l’université de Zurich met en évidence des volumes atypiques sur les options de vente, avant des opérations de fusions-acquisitions ou des publications de résultats. Les chercheurs ont mis en évidence 37 transactions aux Etats-Unis dont les caractéristiques pourraient être associées à d'éventuels délits d’initié. En particulier, ils en ont repéré 4 avant des fusions-acquisitions, 14 avant des communiqués sur les résultats et 13 avant les attaques terroristes de 2001.
Selon Les Echos qui cite le Journal du dimanche, le gouvernement français a établi une liste de 3.000 contribuables, détenant près de 3 milliards d’euros sur des comptes suisses et qui, pour la plupart, n’auraient pas déclaré leurs avoirs à l’administration fiscale. Le gouvernement veut ainsi convaincre les fraudeurs de régulariser leur situation spontanément auprès du fisc. Il ne leur reste plus que quatre mois pour le faire: la cellule de «dégrisement», proposée depuis le printemps à Bercy, fermera ses guichets le 31 décembre. Au-delà, ce sont les procédures classiques de contrôle fiscal qui s’appliqueront, avec saisie éventuelle de la justice.
Selon Les Echos, l’AMF a ouvert «plusieurs enquêtes» sur de potentiels manquements d’initiés où les CFD,des produits spéculatifs assimilables à des produits dérivés de gré à gré, sont utilisés. Au-delà de leur caractère relativement nouveau - les CFD se sont développés en France il y a environ un an et demi -, la difficulté à surveiller ces instruments, et plus généralement les produits dérivés échangés de gré à gré, réside dans le fait qu’il n’existe pas de «reporting» obligatoire des transactions sur les CFD dans tous les pays, notamment en France. L’attention du régulateur pour les CFD s’inscrit dans un projet de surveillance accrue des produits dérivés non cotés.
Les autorités américaines de régulation ont fait fermer vendredi la banque californienne Affinity qui disposait d’un milliard de dollars d’avoirs et 922 millions en dépôt, indique la Tribune. Il s’agit de la quatre vingt-quatrième fermeture cette année.
Selon le quotidien Oberösterreichische Nachrichten, Pacifique Issoibeka, ministre des Finances de la République du Congo, a adressé en tant que président de l’assemblée générale de la Banque de développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC) un courrier au ministre autrichien des Finances, Josef Pröll, pour lui réclamer des dommages et intérêts.En effet, la BDEAC avait voulu placer de manière sûre 16 millions d’euros, soit environ un tiers de son capital, et s'était adressée pour ce faire à la succursale de Paris de Bank Austria (groupe UniCredit). Cependant, cette banque aurait placé le montant dans des fonds Madoff au travers de Bank Medici, sans avertir son client.Les réclamations auprès de Bank Austria étant restées sans réponse, Pacifique Issoibeka s’adresse officiellement à son homologue, dont le prédécesseur aux Finances autrichiennes, Ferdinand Lacina, était membre du conseil de surveillance de Bank Medici.
Le gestionnaire britannique Hermes (30 milliards d’euros d’encours) a demandé dans une lettre aux dirigeants des entreprises du Dax et du MDax qu’ils fassent usage de la possibilité offerte par la nouvelle loi sur les rémunérations des dirigeants (Gesetz zur Angemessenheit der Vorstandsvergütung ou VorstAG) et qu’ils organisent en AG un vote consultatif sur la rémunération des membres du directoire, rapporte la Börsen-Zeitung.Au cas où les entreprises refuseraient, Hermes en choisira certaines où il imposera (avec au moins 5 % du capital) un ajout à l’ordre du jour de l’AG.
Selon Les Echos, Lord Adair Turner, le président de la Financial Services Authority, reproche aux banques du royaume leurs prises de risques excessives. Dans une interview au magazine «Prospect», reprise hier par de nombreux quotidiens britanniques, il s’interroge sur l’utilité sociale de la City et propose pour diminuer les bonus une taxe spéciale sur le modèle de la taxe Tobin. Si les rémunérations sont trop élevées dans le secteur bancaire, cela tient en effet, selon le patron de la FSA, à la «dérégulation financière caricaturale» des dernières décennies qui ont rendu la City «hypertrophiée».
La Tribune rapporte que dans une interview au mensuel britannique « Prospect » parue jeudi, Adair Turner, le président de la Financial Services Authority a précisé que la principale arme pour encadrer des activités générant des profits excessifs consistait à augmenter les exigences en fonds propres des banques. Et si cela étaient insuffisant, le patron de l’autorité financière de la City serait prêt à envisager « des taxes sur les transactions financières » sur le modèle de la taxe Tobin.
A moins d’un mois du prochain sommet du G20, le Comité de Bâle a publié le 27 août un ensemble de lignes directrices destinées à soutenir, et peut-être aussi à encadrer, les travaux de l’IASB concernant le provisionnement, l'évaluation de la juste valeur et les problèmes afférents. Ces principes devraient aider le concepteur des normes comptables internationales à mettre en place un nouveau référentiel sur les instruments financiers, destiné à remplacer la très controversée norme IAS 39, afin d’améliorer l’utilité et la pertinence du reporting financier pour l’ensemble des parties prenantes, y compris les régulateurs prudentiels, souligne le Comité de Bâle dans un communiqué. Les banquiers centraux ajoutent que ces principes devraient aussi faciliter le traitement de problématiques plus larges concernant la procyclicité et le risque systémique. En juillet dernier, l’IASB a publié, pour commentaire jusqu'à la mi-septembre, un exposé-sondage sur le classement et l'évaluation des instruments financiers. Ces principes, qui tirent les conséquences de la crise financière et qui répondent aux recommandations formulées à l’occasion du sommet du G20 d’avril dernier, devraient refléter notamment la nécessité d’une prise en compte rapide des pertes sur prêts pour constituer des provisions conséquentes, admettre que la fair value n’est plus appropriée dans un contexte de marchés disloqués ou illiquides, autoriser dans certaines cisconstances très spécifiques les reclassements de la catégorie en fair value vers le coût amorti et promouvoir la même réglementation pour tous. Et, n’en déplaise aux partisans de la «fair value», le communiqué du Comité de Bâle souligne que la nouvelle approche des instruments financiers «ne devrait pas déboucher sur une expansion de la comptabilité en juste valeur», entre autres pour les établissements impliqués dans des activités d’intermédiation. Les instruments de crédit, notamment les prêts, ne devraient pas se retrouver dans la catégorie comptabilisée en fair value, relève le communiqué.Le président du Comité de Bâle, Nout Welling, souligne en outre que l’une des leçons de la crise est que «toute règlementation comptable nouvelle doit être articulée avec des pratiques appropriées en matière de gestion des risques et promouvoir la transparence afin d’aider, les superviseurs, les banques, les investisseurs et les autres parties prenantes à atteindre leurs objectifs respectifs». C’est dire aussi que les objectifs de la comptabilité internationale, transparence, lisibilité, comparabilité des états financiers, n’ont pas encore été atteints. D’ailleurs, le Comité de Bâle indique dans son communiqué que la nécessité de produire de l’information transparente et comparable va entraîner une révision de l’IFRS 7 (Instruments financiers : informations à fournir). L’IASB a effectivement inscrit cette révision à son menu de rentrée. Elle fait partie des propositions contenues dans l’exposé-sondagé évoqué plus haut...
Christine Lagarde, Ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, et Hans-Rudolf Merz, Président de la Confédération helvétique, ont signé le 27 août, à Berne, un avenant à là la convention fiscale franco-suisse du 9 septembre 1966. Cet avenant inclut une clause d’échange de renseignements conforme aux derniers standards de l’OCDE. Cette clause insérée dans la convention permettra à l’administration fiscale française d’obtenir des autorités suisses, à compter du 1er janvier 2010, des renseignements, notamment bancaires, sans limitation quant à la nature des impôts, des personnes et des informations visées par la demande, précise Bercy dans un communiqué. En particulier, la législation suisse sur le secret bancaire ne pourra plus faire obstacle à la communication de ces renseignements. Plusieurs accords du même type ont été signés récemment par la France, notamment avec l’Emirat de Bahrein, la Belgique, Jersey, Guernesey, l’Ile de Man, le Luxembourg et les Iles vierges britanniques. Ces accords permettent de doter progressivement l’administration fiscale d’un arsenal plus complet et plus performant pour lutter contre la fraude et l’évasion fiscales internationales. L’avenant signé sera soumis à la ratification du Parlement français dans les meilleurs délais.
Selon Les Echos, dans une missive envoyée hier au commissaire au Marché intérieur, la ministre de l’Economie Christine Lagarde critique vertement les propositions de l’IASB sur l’usage de la «fair value» dans une missive envoyée hier au commissaire au Marché intérieur, Charlie McCreevy. La ministre y réitère sa préférence pour un usage plus limité de la «fair value», à ses yeux trop utilisée dans les projets actuels.