A quelques heures de l’ouverture du sommet de Pittsburgh, le Monitoring Board de la fondation de l’IASC, qui chapeaute les activités du concepteur des normes comptables internationales, l’IASB, est venu rappeler à toutes les parties intéressées que le référentiel comptable international ne doit pas être le bouc émissaire de la crise financière. Il ne faudrait pas que les normes comptables deviennent «un succédané au service d’une gestion musclée des risques bancaires ou d’une supervision bancaire efficace», indique le board.Le Monitoring Board, qui représente les régulateurs de marchés des économies développés et émergentes, reconnaît que la crise a permis d’identifier des voies d’amélioration pour les normes comptables internationales. Toutefois, tant les régulateurs que les concepteurs de normes reconnaissent aussi qu’il faut éviter que la panique sur les marchés ne se transforme en panique réglementaire, qui inciterait les autorités à reléguer au second plan les fondamentaux et à répondre à une situation de crise en traitant plutôt les symptômes que les racines elles-mêmes des problèmes.Dans cette perspective, poursuit le Monitoring Board, il est essentiel de rappeler les principes à l’origine des normes comptables afin de ne pas réduire la transparence des états financiers publiées par les sociétés cotées. Pour qu’elle puisse être considérée comme un outil d’aide à la décision, l’information fournie par le biais de l’application des normes comptables doit «au minimum, être pertinente, fiable, compréhensible et comparable», souligne le Board. Ces attributs ne prêtent pas à controverse et «dans notre volonté de remettre la croissance de l'économie sur la voie de la croissance, «nous ne devons pas compromettre les principes éprouvés par le temps qui sous-tendent le reporting financier».Outre ces principes de base, le monitoring group insiste sur la nécessité de maintenir l’indépendance et la transparence de l’IASB. Le processus d'élaboration des normes comptables devrait notamment rester à l'écart des pressions de la part des politiques ou des entreprises. Même si par ailleurs, la participation forte de toutes les parties prenantes est un élément essentiel pour la transparence du processus. Actuellement, le Monitoring Board comprend quatre membres : le vice-président du Comité technique de l’OICV (Organisation internationale des commissions de valeurs), Hans Hoogervorst, le président du Comité des marchés émergents de l’OICV, Guillermo Larrain, le président de l’autorité des marchés japonais, Katsunori Mikuniya, et la présidente de la SEC, Mary Schapiro. Le Monitoring Board rappelle au passage que la Commission européenne devrait faire partie du board mais qu’elle n’a, semble-t-il, pas encore pris de décision sur sa participation.