Le Conseil fédéral a adopté le 1er septembre l’ordonnance sur l’assistance administrative. Cette ordonnance, qui entrera en vigueur le 1er octobre et qui devrait rapidement être remplacé par une loi, règle l’exécution des dispositions sur l’assistance administrative des conventions de double imposition (CDI) nouvelles ou révisées selon la norme de l’OCDE. Elle précise en particulier que la Suisse n’accorde pas l’assistance administrative lorsqu’une demande est fondée sur des données volées.Lorsqu’un pays dépose une demande d’assistance administrative sur la base d’une CDI avec la Suisse, l’Administration fédérale des contributions (AFC) procède à un examen préliminaire. L’entrée en matière est subordonnée à la condition que la demande respecte le principe de la bonne foi : les demandes fondées sur des renseignements obtenus par des moyens illicites au regard du droit suisse sont donc rejetées.L’ordonnance pose d’autres conditions à l’octroi de l’assistance administrative, en particulier elle exige des indications détaillées permettant d’identifier précisément le contribuable concerné et le détenteur des renseignements. Elle met ainsi en œuvre les directives du Conseil fédéral de mars 2009 interdisant l’assistance administrative en cas de pêche aux renseignements («fishing expeditions»). Par ailleurs, les droits de procédure des contribuables concernés sont toujours entièrement garantis: ils peuvent en effet déposer un recours au Tribunal administratif fédéral contre la décision finale de l’AFC justifiant l’octroi de l’assistance et précisant l'étendue des renseignements à transmettre.A noter enfin que l’ordonnance n’a pas d’effet rétroactif. Elle ne s’applique qu’aux demandes d’assistance fondées sur les CDI nouvelles ou révisées qui entrent en vigueur après sa promulgation.
Selon Le Temps, les questions liées à l’évolution du cadre réglementaire et ses conséquences pour le secteur bancaire ont été un thème récurrent lors de la première journée du 9e European Private Banking Summit qui a débuté mercredi à proximité de Zurich. «La transparence est un fait. Il n’existe plus aucun lieu sûr dans le monde pour les clients qui pratique l’évasion fiscale», a souligné Hans-Ulrich Lauermann, partenaire chez PricewaterhouseCoopers (PwC). Pour Sebastian Dovey, partenaire chez Scorpio Partnership, une société de conseil spécialisée dans la gestion de fortune, les gérants devront s’adapter aux changements d’habitudes de leurs clients, notamment en améliorant leur présence sur Internet. Ils doivent s’inspirer des pratiques des sites de rencontre ou de paris en ligne pour élargir leur base de clients, recommande-t-il. «L’attention accordée à la seule catégorie des ultra-riches distrait des éléments qui génèrent véritablement de la valeur dans le secteur de la gestion de fortune», estime le spécialiste de Scorpio.
La taxation du secteur financier - y compris une hypothétique taxe sur les transactions financières - pourrait permettre de lever plusieurs dizaines de milliards d’euros de recettes supplémentaires, rapporte L’Agefi. La Commission européenne (CE) examine successivement la taxation des activités bancaires sur laquelle la France, l’Italie, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Royaume-Uni sont déjà en ligne et celle des transactions financières sur lesquels les Européens refusent de s’engager unilatéralement.Les revenus tirés d’une taxe bancaire seraient, selon la CE, de 26 milliards d’euros par an pour les Vingt-Sept en cas d’assiette large (taxation de l’ensemble des profits et rémunérations). La taxation des transactions permettrait, elle, de lever des sommes beaucoup plus importantes que la taxation bancaire, mais Bruxelles reconnaît qu’elle est également plus difficile à mettre en oeuvre, note le quotidien. Les recettes oscilleraient entre 145 et 372 milliards d’euros par an, là encore en fonction de l’assiette (actions, obligations, dérivés). Et Londres assurerait l’essentiel des rentrées (plus de 70%).
L’Agefi rapporte que les régulateurs européens pourront interdire le recours abusif aux ventes à découvert d’actions et aux ventes à découvert "à nu» de CDS et d’obligations d’Etat, pour des durées de trois mois renouvelables, selon le projet définitif que Bruxelles présentera le 15 septembre.
Selon Les Echos, la France, sur le point de prendre en novembre la présidence du G20 pour 2010-2011, demande à la Commission européenne de prendre une initiative pour oeuvrer au renforcement de la régulation européenne des marchés dérivés de matières premières. Un chantier jugé prioritaire par Paris, dans la droite ligne des souhaits exprimés lors du G20 de Pittsburgh au mois de septembre dernier. «Cette initiative pourrait prendre la forme d’un texte législatif spécifique sur la régulation des marchés dérivés de matières premières et assimilés», ont écrit le 27 août, dans un courrier adressé à Bruxelles, la ministre de l’Economie Christine Lagarde, celui de l’Agriculture, Bruno Le Maire, et celui de l’Energie, Jean-Louis Borloo. Ils souhaitent également voir cette nouvelle législation européenne couvrir à la fois le pétrole, le gaz, les métaux, les matières premières agricoles mais aussi les quotas de CO2.
Dans le cadre de la future réglementation des dérivés, L’Agefi détaille un projet de texte, dont il a pu prendre connaissance. L’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF) est une pièce maîtresse de la réforme. Le texte instaure une régulation des marchés de contrats dérivés de gré à gré (over the counter, OTC) et crée un cadre prudentiel et de supervision pour les chambres de compensation (tous produits). L’AEMF serait d’abord chargée de définir quels contrats dérivés OTC sont susceptibles de faire l’objet d’une compensation centralisée. Elle aura également un rôle d’arbitre entre superviseurs des chambres de compensation. Les services de Michel Barnier plaident pour doter les chambres d’une licence bancaire ce qui faciliterait notamment leur accès au guichet de liquidité de la banque centrale. Mais ce point reste, semble-t-il, en débat, note le quotidien.
Le gestionnaire de hedge funds Elliott Management a retiré mardi sa plainte contre la publication le 26 août par Absolute Return + Alpha d’extraits de sa lettre aux investisseurs qui donnaient des détails sur les positions des fonds. The Wall Street Journal souligne que l’affaire était emblématique dans la mesure où il s’agissait d’une tentative sans précédent de faire interdire la publication de positions mentionnées dans des lettres aux investisseurs. Elliott Management prétendait que cette divulgation lui porterait préjudice et nuirait à sa position concurrentielle.Absolute Return + Alpha avait indiqué qu’Elliott a affiché pour le premier trimestre une performance de 5,3 % alors que le S&P 500 a baissé de 6,6 %, mais aussi que le gestionnaire a accusé des pertes à la suite d’arbitrages sur Pacific Century Premium Development et Epicor Software.
The Wall Street Journal rapporte que, selon un proche du dossier, J.P. Morgan Chase a notifié la suppression de leur poste aux 20 opérateurs de sa table de marché matières premières à Londres. Suite à la loi Dodd-Frank et surtout à la «Volcker rule», qui limite les opérations des banques pour compte propre, J.P. Morgan a décidé de se retirer de toute activité de ce genre.
Selon Les Echos, une disposition passée inaperçue de la nouvelle loi Dodd-Frank sur la réforme financière, adoptée par le Congrès le 15 juillet dernier, imposera désormais aux firmes américaines de calculer et de publier le ratio d'écart entre la rémunération du PDG et celle du salarié moyen. Cette obligation pourrait permettre de modérer les écarts croissants entre le niveau de rémunération de la classe moyenne et les salaires des PDG, qui ont explosé. La Securities and Exchange Commission (SEC) est encore chargée de préciser les modalités de cette règle enfouie dans la section 953(b) du «Dodd-Frank Act».
Le Parquet de Cologne a fait procéder mardi à une vaste opération de perquisitions au domicile et dans les bureaux des anciens dirigeants de la banque privée Sal. Oppenheim, rapporte la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Cette opération a mobilisé 50 fonctionnaires de police, 10 inspecteurs des impôts, huit procureurs et huit experts financiers pour exécuter 13 mandats de perquisition et de saisie.La justice enquête depuis mars sur des soupçons d’abus de confiance ; à la fin du premier semestre, plusieurs anciens associés de la banque rachetée entre-temps par la Deutsche Bank, ont porté plainte contre deux des anciens associés-gérants.
L’Autorité des Marchés Financiers a publié sur son site mardi 31 août l’instruction n° 2010-02 du 25 mai 2010 relative à la transparence et à la procédure d’acquisition ordonnée de titres de créances ne donnant pas accès au capital. Cette instruction est prise en application de l’article 238-5 du règlement général de l’AMF. Elle comporte trois articles portant sur l’information au public, le contenu du communiqué et la transmission à l’AMF. Dans le détail : Article 1 - Information du publicLe projet d’acquisition ordonnée fait l’objet d’un communiqué faisant l’objet d’une diffusion effective et intégrale auplus tard le jour d’ouverture de la procédure d’acquisition.Article 2 - Contenu du communiquéLe communiqué mentionne notamment :1° L’identité de l'émetteur et, le cas échéant, du mandataire ou du tiers qui met en oeuvre la procédure ;2° Les modalités de l’acquisition, et en particulier :- Les caractéristiques des titres visés ;- Le prix ou son mode de fixation, et/ou la parité d'échange proposée ;- En cas d’offre d'échange, les caractéristiques du titre proposé ;- La durée de la procédure d’acquisition ;- Le nombre des titres que l’initiateur s’engage à acquérir ou le montant maximum de ce rachat ;- L’encours existant des titres visés au moment de l’acquisition et le nombre de titres qu’il a déjà acquis ;- En cas de procédure ne portant pas sur la totalité d’un emprunt, les modalités de réduction ;- Les modalités de règlement.Article 3 - Transmission à l’AMFLe communiqué ainsi que tout document à caractère promotionnel doivent être transmis préalablement à leurdiffusion à l’AMF.
Plusieurs gestionnaires de hedge funds, dont Aurelius Capital Management, Fir Tree, KingStreet Capital, Monarch Alternative Capital et Stonehill Capital Management, qui détiennent au total plus d’un milliard de titres hypothécaires et d’autres dettes assurées par Ambac Assurance ont demandé lundi à une State Court du Wisconsin d’interdire à Ambac Financial de continuer à percevoir des dividendes en numéraire de sa filiale, alors que les porteurs de polices qui ont des créances sur des titres rehaussés par Ambac n’ont pas été remboursés en totalité, rapporte The Wall Street Journal. Les gestionnaires alternatifs estiment en outre que 230 millions de dollars de dividendes versés par Ambac Assurance entre 2008 et 2009 ont été des transferts «frauduleux» parce qu’ils ont été effectués à une période où la situation financière du rehausseur de crédit était en train de se détériorer rapidement. Ils veulent obtenir le remboursement de ces dividendes pour tous les souscripteurs de polices.
Le Comité européen des régulateurs de marchés de valeurs mobilières (CESR) a annoncé le 30 août la publication de ses recommandations sur la surveillance des activités des agences de notation ainsi que sur les méthodologies de notation.Ces recommandations – qui ne prétendent pas à l’exhaustivité, précise le CESR- ont été formulées dans le sillage des consultations lancées en mai dernier. Conformément à la réglementation sur les agences mise en place par la Commission, le CESR devait publier ces textes d’ici au 7 septembre.
Le Comité de Bâle a publié le 30 août la version définitive de son texte de référence sur la microfinance («Microfinance activities and the Core Principles for Effective Banking Supervision»).Le document décline les principes de base applicables à la surveillance des activités de microfinance dont les spécificités sont mises en évidence, notamment par rapport aux activités de banque de détail.
Plus de 130.000 investisseurs ont été victimes d’une fraude pyramidale de type Ponzi au Bénin, rapporte tagesschau.de, repris par Fondsprofessionell. Les investisseurs sont tombé dans le piège de la société ICC Services, qui leur promettait des rendements très élevés. La totalité des pertes s'élèverait à plus de 106 millions d’euros, une somme considérable pour des investisseurs africains, dont nombreux sont aujourd’hui ruinés.
En exclusivité, le Financial Times Deutschland rapporte que l’Office fédéral de surveillance financière (BaFin) prend des mesures à l’encontre d’administrateurs de banques qui seraient incompétentes ou peu fiables. Actuellement, des procédures ont été engagées dans dix cas pour révoquer éventuellement des membres du conseil de surveillance d'établissements bancaires, a indiqué Crhistph Crüwell, directeur de la division surveillance de la BaFin, sans toutefois préciser de quelles banques il s’agit.Ces contrôles sont une nouveauté qui procède du durcissement de la législation bancaire consécutif à la crise financière. La BaFin peut désormais non seulement révoquer mais édicter une interdiction professionnelle. Dans les affaires en cours, il est reproché dans un cas à un administrateur des connaissances insuffisantes de l’activité bancaire. Dans trois cas, les administrateurs cumulent trop de mandats et dans six cas, la BaFin juge que les personnalités concernées ne sont pas fiables pour des raisons de conflits d’intérêt.Rappelons aussi que depuis août 2009, la BaFin doit donner son agrément lors de la nomination d’administrateurs.
Selon Les Echos, la CSG et la CRDS sur les revenus de l’assurance-vie vont être prélevées chaque année, et non plus au dénouement des contrats, pour les parties non risquées (en euros) des contrats d’assurance-vie. Cela est déjà le cas des contrats exclusivement en euros, mais pas des contrats multisupports, soit 17 % des contrats. Une taxe exceptionnelle est prévue pour les assureurs ayant constitué des réserves de capitalisation en franchise d’impôt. Les complémentaires santé sont également mises à contribution. Ce plan d'économies, qui doit être officiellement présenté demain par François Baroin, permettra d’alimenter la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades) à hauteur de 3,2 milliards d’euros par an en moyenne.
Selon Le Temps, l’association Actares a indiqué que seule une «petite centaine» d’actionnaires d’UBS a soutenu jusqu’ici le dépôt d’une plainte civile contre les anciens dirigeants de la banque. L’organisation de défense des investisseurs s’était alliée fin juin à son alter ego européen Deminor dans l’espoir de réunir un nombre suffisant d’actionnaires prêts à partager les coûts d’une telle procédure.Outre une centaine de signatures de petits investisseurs, Actares et Deminor n’ont obtenu le soutien d’aucun investisseur institutionnel. Les deux associations avaient indiqué lors du lancement de l’opération, en juin dernier, que le ralliement de grands actionnaires était une condition de succès pour un éventuel procès.
Selon Les Echos, les clients de plusieurs banques suisses ont reçu ces dernières semaines des lettres de leurs établissements expliquant qu’une partie de leurs fonds avait été bloquée sur leur compte en raison de l’affaire Madoff. De nombreux investisseurs avaient placé leur argent auprès de Fairfield Sentry, un énorme fonds de plus de 7 milliards de dollars dont les capitaux avaient été principalement récoltés en Europe. Confié à Bernard Madoff, ce fonds a fait faillite après la découverte de l’escroquerie mise en place par l’investisseur new-yorkais. La justice cherche aujourd’hui à découvrir les personnes qui ont perçu des profits indus versés par le courtier américain. Depuis avril, Fairfield assigne à son tour en justice des centaines d'établissements, dont une cinquantaine en Suisse. Comme la plupart de ces investisseurs sont protégés par le secret bancaire, Fairfield se retourne contre leurs banques.
Face à l’éventualité d’une hausse de la fiscalité en 2011 et après le choc de la taxe sur les bonus du Royaume-Uni de l’an dernier, les dirigeants de certaines sociétés de services financiers à Wall Street envisagent de verser les bonus à la fin de cette année, au lieu d’attendre le début de l’année prochaine, rapporte le Wall Street Journal.