Pour assurer l’intégrité des Ucits, 49 % des participants à la conférence plénière sur la régulation organisée dans le cadre du Fund Forum International se prononcent pour une distinction entre produits complexes et produits non complexes, tandis que 40 % sont contre. Edouard Vieillefond, vice-secrétaire général de l’Autorité des marchés financiers, est également favorable à une telle évolution. «A l’AMF, nos pensons que certains Ucits sont très complexes. Et pas seulement à cause des Newcits (ces gestions alternatives logées dans des Ucits, ndlr.). Nous devrions trouver un moyen de faire la différence entre produits simples et complexes». Il ajoute qu’il existe également un certain consensus au sein du CESR, le comité européen des régulateurs, sur la nécessité d’une différenciation. Mais si cette intention est louable, la mise en application s’avère compliquée. «Où allons nous placer la limite entre produits complexes et produits non complexes ?», s’est interrogé Richard Reid, directeur de la recherche de l’International Centre for Financial Regulation. Mark Garvin, chairman, international business de J.P. Morgan Europe Limited Treasury & Securities Services, met quant à lui en garde contre les dangers de confusion. «Il ne faut pas confondre complexité et risque. Parfois, la complexité existe pour réduire les risques et parfois la simplicité masque les risques». Un avis partagé par Scott F. Powers, président & CEO de State Street Global Advisors, pour qui il faut davantage de transparence. Jean-Baptiste de Franssu, l’ancien président de l’Efama, qui s’apprête à quitter Invesco, reconnaît qu’il s’agit d’un sujet délicat. Pour lui, néanmoins, le concept de Newcits, dont l’apparition a suscité ce débat, va progressivement disparaître avec l’arrivée de la directive AIFM sur la gestion alternative. En effet, ce sont les incertitudes entourant la gestion alternative qui avaient incité les sociétés de gestion à loger des stratégies alternatives dans des Ucits, afin de bénéficier du passeport européen. Selon Jean-Baptiste de Franssu, le sujet n’est pas là et il convient plutôt de se concentrer sur les actifs éligibles au sein des Ucits à l’échelle européenne. Il met aussi en garde contre l’adoption dans chaque pays de réglementations différentes en termes de commercialisation qui font peser des coûts supplémentaires aux sociétés de gestion et qui réduisent à néant les effets positifs de l’existence d’un véhicule commun.