L’Association française des professionnels des titres (Afti) souhaite que la publication de la directive OPCVM V, qui doit notamment traiter de la responsabilité du dépositaire, intervienne rapidement dans la mesure où les investisseurs ne peuvent souffrir longtemps de l’hétérogénéité des régimes de protection existants, a indiqué à l’occasion d’un point de presse Eric Dérobert, vice président de l’association par ailleurs directeur des affaires publiques chez Caceis.L’association professionnelle ne maîtrise bien évidemment pas le calendrier de la Commission mais rappelle que Bruxelles devrait proposer début 2012, dans le sillage d’une consultation qui se termine ce mardi, une directive de niveau 2 relative aux mesures d’application de la directive AIFM pour une entrée en vigueur effective à compter de juillet 2013. Dans l’intervalle, dans un délai de quelques mois, la Commission devrait mettre sur la table un projet de directive Ucits V qui outre les dispositions AIFM relatives à la responsabilité du dépositaire, devrait également inclure deux autres gros dossiers : la rémunération des sociétés de gestion et l’harmonisation des règles de sanction.Sur le chapitre de la fonction dépositaire, l’Afti salue les avancées positives que représente la directive AIFM et souhaite que les mesures d’application consolident ces avancées. Au nombre de ces progrès notables figure notamment l’obligation de désigner un dépositaire unique pour chaque fonds. Il s’agit également de clarifier et d’harmoniser la fonction dépositaire. De ce point de vue, la directive AIFM reconnaît que les missions et responsabilités du dépositaire doivent être définies selon la nature des actifs investis. Plus précisément, cela consiste à définir les différentes fonctions du dépositaire selon la nature de l’actif dans l’OPC. Dans ce contexte, l’Afti plaide pour une reconnaissance au niveau communautaire des fonctions conservation pour les instruments financiers admis auprès d’un dépositaire central, tenue de position et administration auprès d’un registre pour les instruments non admis auprès d’un dépositaire central, et enfin tenue du compte-espèces. Cela dit, la future directive doit aussi être «réaliste», a plaidé Eric Dérobert. «La responsablité du dépositaire ne doit pas exonérer les autres acteurs de la chaîne de leurs responsabilités. Un dépositaire ne saurait être considéré comme un garant universel et doit être en capacité de couvrir des risques maîtrisables», a-t-il souligné.Evoquant le passeport européen pour les dépositaires, Eric Dérobert a insisté sur la nécessité de ne pas brûler les étapes. L’introduction d’un tel passeport passe nécessairement par une harmonisation préalable des fonctions et responsabilités du dépositaire. «Créer un passeport dans un environnement trop différencié pourrait favoriser le moins-disant», a-t-il estimé.