L’enquête récente menée par Aon Hewitt auprès des employeurs européens révèle que la législation et la crainte de nouvelles normes plus contraignantes sont une barrière à la mise en place des fonds de pension européens Une révision majeure de la directive relative aux fonds de pension européens, IORP, est inutile - ce sont une transparence accrue et une meilleure communication sur la législation européenne existante qui sont nécessaires Les modifications législatives devraient viser à accroître le nombre des régimes de retraite professionnelle complémentaire et non augmenter les coûts pour les employeurs Il n’a pas été prouvé le besoin d’appliquer les règles assurantielles aux fonds de pension Aon Hewitt, leader mondial du conseil et de l’administration des ressources humaines (filiale du Groupe Aon) a répondu à la seconde consultation de l’EIOPA (Autorité de l???assurance et des retraites complémentaires professionnelles européennes) pour la révision de la directive européenne IORP. Aon Hewitt plaide contre des changements législatifs qui pourraient accroître les coûts pour les employeurs au lieu d’augmenter la mise en place de retraites professionnelles complémentaires. Léonardo Sforza, Directeur des affaires européennes et de la recherche chez Aon Hewitt analyse : « La directive IORP offre aux employeurs une bonne opportunité pour piloter efficacement leurs engagement retraite complémentaire et en améliorer la gouvernance. Cependant, les résultats de notre enquête récente auprès des employeurs européens illustrent clairement la crainte envers la législation en matière de retraite complémentaire professionnelle. Près des trois quarts des personnes interrogées citent la trop grande complexité de la législation comme le facteur principal entravant la mise en place ou l’extension des régimes de retraites professionnelles complémentaires. Remanier la structure de la directive européenne des fonds de pension n’est pas nécessaire. Ce qu’il faut, c’est une définition commune de ce qu’est une activité professionnelle transfrontalière et une plus grande simplification des exigences réglementaires pour mettre en place ces dispositifs. » L’enquête d’Aon Hewitt a été menée en décembre 2011 auprès de 60 grandes entreprises opérant en Europe et représentant plus de 2 millions de salariés. A la question sur la pertinence des fonds de pension transfrontaliers, 76% des entreprises ayant participé à l’enquête ont exprimé leur soutien à ce type de dispositif. Toutefois, les 3 principaux facteurs qui freinent les employeurs dans la mise en place de fonds de pension transfrontaliers sont : La complexité perçue de la législation (66%) Le manque de clarté sur la manière dont la législation européenne est mise en ??uvre et régulée au niveau national (48%) La lourdeur perçue des exigences de la législation nationale (40%) Un autre tiers des répondants ont hésité à tirer parti de ce dispositif du Marché Unique par crainte des surcoûts que de futurs changements législatifs pourraient entraîner. Kevin Wesbroom, Directeur au Royaume-Uni du département Gestion Risques Retraite chez Aon Hewitt ajoute : « Etant donné les implications matérielles des changements potentiels décrits dans le document de consultation d’EIOPA, nous sommes inquiets, à ce stade, de l’absence d’une évaluation approfondie coûts/bénéfices quant à l’impact de ces changements. La transposition aveugle du régime de Solvabilité II prévue pour les assurances nuirait à l’accessibilité des dispositifs de retraite complémentaire professionnelle et compliquerait leur gestion. Dans notre enquête, les trois quarts des personnes ayant participé ont indiqué que l’alignement possible des exigences en matière de solvabilité des fonds de pension avec celles en vigueur chez les compagnies d’assurance en augmenterait le coût et l’accessibilité pour les employeurs. Un peu moins de la moitié ont indiqué ne proposer que des pensions à cotisations définies, ce qui pourrait présenter bien moins d’attraits pour les salariés, tandis qu’un nombre significatif de ces participants ont fait part d’une réduction des prestations qui résulteraient de ces modifications législatives. » René van Leggelo, expert en mobilité internationale et fonds de pension européens chez Aon Hewitt France, conclut : « Je constate depuis 18 mois un intérêt grandissant sur le marché français pour une optimisation des plans de retraite complémentaire. Un certain nombre d’entreprises du CAC40 sont actuellement dans une phase d'étude de faisabilité pour un regroupement éventuel de leurs plans européens dans un véhicule unique comme une IORP ». Selon Aon Hewitt, les questions suivantes devraient être abordées lors de l’analyse de l’impact de ces changements législatifs : Quels sont les problèmes réels qui doivent être résolus ? Quelles catégories de véhicule de pension sont concernées par ces problèmes ? De quelle manière les solutions proposées traitent les problèmes ? Est-ce que les coûts et les impacts négatifs sont justifiés par une modification éventuelle ? Quelles sont les alternatives pour résoudre ces problèmes, au-delà des modifications législatives au niveau européen et / ou national ?