La publication chaque trimestre des résultats d’une entreprise peut avoir des effets néfastes sur sa gestion et sur le comportement de ses actionnaires, conclut un rapport commandé par le gouvernement britannique sur les risques induits par la recherche de profits à court terme, rapporte l’agence Reuters. L'étude, dont les premiers résultats ont été présentés mercredi, a été lancée après le rachat de Cadbury l’an dernier par son concurrent américain Kraft Foods. Certains critiques de l’opération avaient jugé à l'époque qu’elle avait été initiée par des investisseurs en quête d’une plus-value rapide. Une nette majorité des professionnels interrogés dans le cadre de l'étude (assureurs, associations d’actionnaires, fonds de pension et investisseurs individuels) ont estimé que la publication de résultats trimestriels et les points intermédiaires sur l’activité publiés par les sociétés étaient «inutiles ou trompeurs». «La rumeur, positive ou négative, créée en réaction aux publications des rapports trimestriels, constitue une distraction malvenue dans le contexte des encouragements donnés aux conseils d’administration pour qu’ils se concentrent sur le développement à long terme de leur entreprise», déclare dans le rapport la société d’investissement Standard Life Investors. Les conclusions définitives de l’enquête et ses recommandations sont attendues dans le courant de l'été.
La présidence danoise a proposé un compromis permettant aux régulateurs nationaux de fixer le niveau de fonds propres supplémentaires pour les banques systémiques, rapporte Les Echos. Selon ce projet, qui s’inscrit dans les recommandations du Conseil de stabilité financière et du Comité de Bâle, les superviseurs nationaux auraient la possibilité d’augmenter jusqu'à 3% le ratio de fonds propres de base, qui a été fixé à 7% au minimum dans le cadre de la nouvelle réglementation de Bâle III. Ce compromis, obtenu sous l'égide de la présidence danoise, pourrait aussi assouplir les règles concernant la liquidité à court terme des banques.
Ben Bernanke, le président de la Fed, a indiqué à une commission du Congrès que de la «Volcker rule» dans le cadre plus vaste de la réforme Dodd-Frank, ne pourra probablement pas entrer en application début juillet comme prévu, car la consultation de place a suscité jusqu'à fin février environ 17.000 avis (comments) qui devront être analysés, rapporte le Financial Times. La loi Dodd-Frank accorde en tous cas aux régulateurs la possibilité de retarder l’entrée en vigueur des textes d’au maximum deux ans.
L’alignement de la fiscalité de l’assurance-vie sur le barème de l’impôt sur le revenu envisagé par le camp socialiste suscite des interrogations chez les assureurs, rapporte Les Echos. Ils craignent qu’une telle mesure ne détourne les Français d’une épargne de long terme. «On peut craindre que la collecte n’en fasse les frais dans les deux, trois mois qui viennent. Déjà que les clients sont très attentistes en ce moment et affichent une préférence pour une épargne de précaution» , regrette Bernard Le Bras, le directeur exécutif de Suravenir (Crédit Mutuel Arkea).
Entre 8% et 14% de la valeur d’une banque suisse dépend du secret bancaire, rapporte L’Agefi suisse. Telle est la conclusion d’une étude universitaire publiée dans l'édition de mars de Financial Markets and Portfolio Management et portant sur un échantillon restreint de quatre établissements (UBS, Credit Suisse, Julius Baer et Vontobel).Autre enseignement : le secret bancaire n’est pas majoritairement apprécié pour des questions fiscales mais plutôt pour la protection de la sphère privée. Pour les auteurs – un dirigeant bancaire et deux enseignants de Zurich – la valeur d’une banque de gestion peut se mesurer à sa valeur en l’absence de secret bancaire, à laquelle s’ajoute la valeur du secret, pondérée par la probabilité que ce secret soit préservé.
Selon la presse locale, le gouvernement chinois a autorisé en principe les hedge funds étrangers à lever des capitaux en Chine continentale. Ces fonds devront être enregistrés à Shanghai mais investir hors de Chine, rapporte Z-Ben Advisors.Les gestionnaires exerçant cette activité devront solliciter une licence et un contingent de l’Office des changes chinois (State Administration of Foreign Exchange ou SAFE).
L’Autorité des marchés financiers (AMF) publie depuis mercredi 29 février, sur son site, une étude consacrée à la formation des prix sur le marché des CDS et les enseignements à tirer de la crise souveraine. A partir d’entretiens effectués auprès d’intervenants sur ces marchés, le régulateur note que, selon ces derniers, les évolutions récentes des marchés de CDS n’ont eu aucun impact sur les coûts de financement de pays comme l’Allemagne et les Etats-Unis. Un résultat en phase avec celui de la recherche académique qui n’a pas pour l’instant établi de lien de causalité entre les prix des CDS et les taux obligataires pour les souverains les mieux notés.Par ailleurs, compte tenu des caractéristiques du marché des CDS sur souverains - peu profond, aux possibilités d’arbitrage coûteuses et risquées, etc - les analyses menées confirment, notamment sur la période récente, l’absence d’un marché leader entre les CDS et les obligations. «Elles permettent de constater également que, tant que les niveaux de spreads restent peu élevés, les corrélations entre marché des CDS et des obligations sont faibles : tant que le risque de défaut semble contenu, les obligations jouent leur rôle de valeur refuge. En revanche, lorsque le risque souverain s’accroît fortement et que les spreads atteignent un certain niveau, les obligations perdent leur fonction de valeur refuge, une corrélation apparaît», note l’AMF qui indique que la France paraît s’inscrire dans cette configuration depuis l’automne 2011.Au-delà du lien entre spreads sur les CDS et sur les obligations, le marché des CDS continue également de manquer de transparence et reste concentré. Pour le CDS France en particulier, «les cinq principaux acteurs sont l’une des contreparties (voire les deux) de 80% des contrats de CDS et les dix principaux acteurs sont contrepartie de 97% des contrats», pointe l'étude.Enfin, la fixation des prix sur les CDS souverains est également influencée par la perception de la couverture réelle qu’apportent ces produits en cas de défaut et par le rôle important des activités de couverture du risque de contrepartie des principales banques, relève l’AMF.
Madeleine Schickedanz, héritière de Quelle, réclame au total 1,9 milliard d’euros à Sal. Oppenheim et ses dirigeants (1,2 milliard), à son gestionnaire de fortune Josef Esch et à dix autres intervenants pour lui avoir fait perdre la quasi-totalité de son patrimoine investi dans Arcandor (ex-KarstadtQuelle), rapporte la Frankfurter Allgemeine Zeitung. L’affaire doit être jugée à Cologne.La banque Sal. Oppenheim, entre-temps reprise par la Deutsche Bank estime les accusations juridiquement irrecevables.
La Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen doit débattre ce mercredi de deux dossiers toujours très controversés dans la communauté financière, la taxe sur les transactions financières et les agences de notation.C’est ainsi qu’Anni Podimata, la députée en charge du dossier relatif à la taxe sur les transactions financières, présentera ses propositions en la matière qui vont plutôt dans le sens d’une extension du dispositif. De son côté, Leonardo Domenici, le député responsable de la nouvelle législation sur les agences de notation, plaidera notamment pour l’interdiction des notations non sollicitées d’une dette souveraine et la création d’un organe pour évaluer la solvabilité des Etats membres de l’Union européenne.
L’enquête américaine sur les délits d’initiés à Wall Street a été élargie aux valeurs biotechnologiques et pharmaceutiques, selon le Financial Times qui cite une source proche du dossier. Le FBI et le bureau du procureur à Manhattan s’intéressent aux transactions réalisées par les hedge funds dans ces deux secteurs autour d’annonces d’approbations de médicaments et de rachats ou fusions d’entreprises. Lundi, le FBI avait identifié 300 personnes concernées par son enquête.
David Loeb, managing director de Goldman Sachs Group, fait l’objet d’une enquête au pénal de la part des autorités fédérales qui veulent établir s’il a transmis des informations d’initiés sur des valeurs technologiques à des gérants de hedge funds clients de la banque, rapporte The Wall Street Journal.
Après Citigroup et Bank of America, qui ont reçu les leurs depuis le début du mois, Wells Fargo et Goldman Sachs ont annoncé avoir été destinataires de notifications de griefs de la part de la SEC, qui les soupçonne d’avoir fourni des informations trompeuses aux investisseurs pour vendre à ces derniers des titrisations de subprimes, rapporte le Financial Times.
Le médiateur du BVI, l’association des sociétés de gestion allemandes, a rejoint le réseau européen des médiateurs financiers Fin Net. Les investisseurs étrangers européens en conflit avec des sociétés de gestion allemandes pourront donc à l’avenir s’adresser directement au médiateur en Allemagne. L’appartenance au réseau facilitera également les médiations avec des sociétés étrangères commercialisant leurs produits sur le marché allemand, précise Fondsprofessionell.
L’agence d'évaluation financière américaine Standard and Poor’s a annoncé le 27 février l’abaissement de la note de la Grèce à SD ou défaut de paiement sélectif, constatant ainsi la défaillance que constitue l’opération d’effacement de la dette publique grecque lancée vendredi dernier.Cette note traduit un défaut de paiement partiel, indique S&P, qui envisage de relever la note du pays à CCC, note attribuée à des émetteurs de qualité médiocre présentant un vrai risque de non-remboursement, lorsque cette opération aura été intégralement réalisée, probablement vers la mi-mars. La décision de S&P était attendue dans la mesure où l’agence avait indiqué par le passé qu’elle ferait passer la Grèce par la note SD sitôt que l’accord mettant en oeuvre le renoncement de créances était consenti par les établissements financiers privés sur la dette publique d’Athènes. En revanche «si un nombre suffisant de détenteurs d’obligations grecques n’acceptaient pas l’offre d'échange», écrit S&P dans un communiqué, «nous pensons que la Grèce présenterait un risque imminent de défaut de paiement».
L’Association européenne de la gestion financière (Efama), qui était déjà montée au créneau début décembre pour dénoncer les méfaits de l’introduction d’une taxe sur les transactions financières (lire Newsmanagers du 1 décembre 2012), a manifestement décidé d’enfoncer le clou avec la publication le 27 février d’estimations chiffrées sur l’impact de cette taxe.Si la taxe sur les transactions financières proposée par la Commission européenne avait été apppliquée à compter du 1er janvier 2011, elle aurait rapporté 15 milliards d’euros sur les souscriptions et rachats de parts de fonds Ucits. Sur la base d’un taux de rotation de 0,9 pour les Ucits de long terme et de 6,5 pour les fonds monétaires, la taxe sur les transactions financières à l’intérieur des portefeuilles aurait en outre rapporté 23 milliards d’euros. Dans le scénario central de l’Efama, l’impact total de la taxe sur les transactions financières aurait ainsi atteint 38 milliards d’euros. Dans l’hypothèse d’un taux de rotation plus faible, le montant pourrait descendre à 34 milliards d’euros mais atteindre 45 milliards d’euros avec un taux de rotation plus élevé.L’Efama conclut de ses estimations que l’impact potentiel de la taxe serait beaucoup plus important que ne l’envisage la Commission européenne. Et si l’on prend en compte l’impact de la taxe sur la valeur des transactions sur dérivés, l’impact de la taxe serait encore plus important. L’avantage concurrentiel des fonds Ucits serait considérablement réduit par la nouvelle fiscalité qui sonnerait également la mort des fonds monétaires. La taxe réduirait également l’attrait de l'épargne en actions, obligations et fonds diversifiés, diminuant ainsi une source importante du financement à long terme de l'économie européenne. L’association professionnelle invite à conséquence la Commission européenne à revoir sa copie à la lumière des objectifs initiaux de sa proposition.
Dans un spot de 60 secondes sur YouTube, Michael Douglas, qui a joué Gordon Gekko dans les deux épisodes cinématographiques de «Wall Street», invite ceux qui auraient connaissance d’un délit d’initiés à contacter l’antenne la plus proche du FBI, rapporte le Handelsblatt.
David Becker, l’ancien general counsel de la SEC qui a démissionné en février 2011, consent à verser 550.000 dollars pour obtenir l’arrêt des poursuites engagées par Irving Picard, rapporte The Wall Street Journal. Le liquidateur des affaires de Bernard Madoff affirmait que David Becker avait hérité de sa mère, avec son frère, de 2 millions de dollars de bénéfices fictifs tirés des activités de Madoff.
David Chaves, qui dirige l’une des deux équipes chargées de traquer à New York les criminels en col blanc impliqués dans des affaires de délits d’initiés, a indiqué lundi que ses services s’intéressent à 240 personnes, dont 120 sont des «cibles» sérieuses, rapporte the Wall Street Journal. Depuis 2009, le Parquet a accusé de délits d’initiés 66 personnes dans des hedge funds et d’autres sociétés, et il a obtenu que 57 d’entre elles soient condamnées ou plaident coupables.
Le ministre néerlandais des affaires sociales, Henk Kamp, estime dans un projet de loi présenté au parlement que les fonds de pension devraient avoir la possibilité de mettre en place des conseils uniquement composés de professionnels externes, selon le site IPE.Toutefois, tout conseil d’experts devrait obtenir l’approbation des employeurs, des employés et des bénéficiaires de programmes de pension. Un autre modèle prévoit un conseil comprenant les partenaires sociaux d’une part, et les bénéficiaires de pensions d’autre part qui ne peuvent pas disposer de plus du quart des sièges du conseil.