L’Asie n’est pas une deuxième Suisse et y appliquer les mêmes recettes dans la gestion privée ne conduit pas au succès, analyse L’Agefi suisse. La viabilité de nombreux acteurs s’en trouve sérieusement menacée par des coefficients d’exploitation dépassant 80% ou 100%. Telles sont les conclusions d’une étude du consultant genevois Newtone Associates, en collaboration avec A.T. Kearney, sur le marché de la gestion privée en Asie. Ce marché, très fragmenté, fait l’objet d’une féroce compétition entre gérants. Ces derniers recherchent davantage à augmenter les revenus et les actifs sous gestion, plutôt qu’à assurer une rentabilité durable. Un réservoir de talents limité pénalise le développement de la clientèle et la concrétisation d’objectifs élevés découlant d’une acquisition agressive de clients. Enfin, l’Asie n’échappe pas au renforcement des exigences réglementaires, qui se traduisent par des coûts plus élevés. Les gérants asiatiques en sont d’autant plus affectés, affirme cette étude, qu’ils sont souvent moins pointus en matière de compliance et de gestion du risque.