Dans un entretien accordé aux «Echos» ainsi qu’aux quotidiens italien «Sole 24 Ore» et allemand «Süddeutsche Zeitung», Michel Barnier, le commissaire au Marché intérieur, dévoile l’architecture du projet de supervision bancaire européenne. Les 6.000 banques de la zone euro seront couvertes à terme par le régulateur mais la mise en place sera progressive. Au 1er janvier 2013, seuls les établissements sous perfusion publique seront concernés. Cela devrait donc être le point de départ qui permettra aux fonds de secours européens (MES) de recapitaliser directement les banques. Ensuite, ce seront les établissements systémiques le 1er juillet, puis l’ensemble des banques de la zone euro début 2014 qui passeront sous la coupe du superviseur. Le nouveau mécanisme de supervision sera officiellement présenté le 12 septembre.
Le Parquet fédéral allemand a confirmé avoir été saisi d’une plainte au pénal déposée par l’avocat genevois Pierre Schifferli contre le ministre des Finances de Rhénanie du Nord-Westphalie Norbert Walter-Borjans, pour vol et recel de données bancaires, rapporte Die Welt. Le plaignant, ancien vice-président de l’Union Démocratique du Centre (UDC ou SVP en allemand) de Genève, a précisé avoir déposé cette plainte à titre personnel et non pour le compte de clients. Dans une interview à la Handelszeitung, il reproche au ministre d’avoir autorisé l’acquisition de cédéroms de données volées à des banques suisses, estimant qu’on «ne peut faire régner le droit en utilisant des méthodes de gangster».
L’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement (Alfi) estime par la voix de son directeur général Camille Thommes que la directive AIFM «représente une opportunité unique pour l’Europe de créer une marque mondiale sur le marché de l’investissement alternatif, à l’instar d’UCITS. Avec l’AIFMD, l’Union européenne est sur le point de créer le premier cadre réglementé pour les fonds d’investissement alternatifs au niveau mondial.»Alors que le Ministère des Finances du Luxembourg vient de soumettre à la Chambre des Députés son projet de loi de transposition de la directive, «l’Alfi salue l’ambition du gouvernement luxembourgeois d’ouvrir la voie en étant parmi les tous premiers pays membres à transposer cette directive». L’Association professionnelle souligne en outre que le projet de loi luxembourgeois présente par ailleurs deux caractéristiques majeures susceptibles de rencontrer l’intérêt des professionnels de la gestion alternative. D’une part, la création de la société en commandite spéciale, complétant l’offre de produits de fonds avec une organisation partenariale à la fois flexible et sûre, devrait convenir particulièrement aux investisseurs habitués à cette structure inspirée du modèle de partnership anglo-saxon. D’autre part, le projet de loi clarifie le régime fiscal de l’intéressement aux plus-values.
En janvier 2012, Principal Global Investors avait obtenu de la commission des valeurs chinoise (CSRC) une licence de Qualified Foreign Institutional Investor (QFII). A présent, rapporte Z-Ben Advisors, le gestionnaire américain s’est vu attribuer par l’Office des changes (State Agency of Foreign Exchange ou SAFE) un contingent QFII de 150 millions de dollars.Principal a déjà ouvert un bureau à Pékin et son équipe d’investissement QFII sera basée à Hong-Kong. Sa joint-venture chinoise, CCB-Principal Asset management Co Ltd, a été retenue comme consultant, mais elle n’interviendra pas dans le processus de décision en matière d’investissements.
Le Conseil fédéral suisse a annoncé le 29 août qu’il avait chargé le Département fédéral des finances (DFF) d'élaborer un projet pour le printemps prochain sur la réglementation des transactions sur les dérivés de gré à gré.Eu égard aux changements intervenus sur les marchés financiers, l’actuelle réglementation suisse en matière d’infrastructure des marchés est dépassée, souligne le DFF. En outre, «elle ne répond plus aux nouvelles exigences définies par les organismes internationaux pour les grandes infrastructures des marchés financiers que sont les plates-formes de négoce, les chambres de compensation centralisées, les gardiens de valeurs et les référentiels centraux». La crise financière a montré que le manque de transparence sur les marchés des dérivés négociés hors bourse ou dérivés négociés de gré à gré («over the counter», OTC) pouvait déstabiliser l’ensemble du système financier. Sont en cause leur forte implication au niveau international ainsi que le volume important des affaires et des risques de pertes. Depuis lors, les efforts se succèdent, en particulier au sein du G20 et du Conseil de stabilité financière (CSF), pour améliorer la transparence et la stabilité des marchés de dérivés OTC. Afin de maintenir la compétitivité de sa place financière et de renforcer la stabilité financière, la Suisse doit mettre en œuvre, aussi complètement que possible et parallèlement aux autres pays abritant une place financière, les engagements du G20 et les recommandations du Conseil de stabilité financière concernant le négoce des dérivés de gré à gré. En outre, elle doit adapter aux normes internationales sa régulation en matière d’infrastructure des marchés financiers. Pour que les acteurs suisses du marché restent concurrentiels et que l’accès au marché de l’Union européenne demeure possible, une réglementation équivalente à celle de l’Union européenne doit être adoptée dans ces deux domaines.
Par quatre voix contre une, les commissaires de la SEC ont adopté mercredi la levée dès octobre de l’interdiction faite depuis des décennies aux hedge funds de faire de la publicité pour des investissements non cotés, rapporte The Wall Street Journal.
Citigroup a accepté de payer 590 millions de dollars pour en finir à l’amiable avec une plainte d’actionnaires accusant la banque de ne pas avoir totalement dévoilé son exposition à des produits hypothécaires toxiques en amont de la crise financière, rapporte le Financial Times. Le règlement doit encore être validé en justice.
Plusieurs sujets brûlants vont être traités à Bruxelles dès la rentrée, rappelle L’Agefi. Aux alentours du 11 septembre, la Commission doit présenter une proposition législative sur une supervision bancaire commune. Tout aussi importantes, les négociations sur la transposition du cadre prudentiel de Bâle 3 vont reprendre sous l'égide de la présidence chypriote. Du côté du Parlement, on espère pouvoir voter le texte en plénière au plus tard en novembre. A cela s’ajoute la révision de la directive Marchés d’Instruments Financiers (MIF) dont le vote prévu en Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement devrait se tenir le 26 septembre. Enfin, les députés devraient voter sur la directive Abus de Marchés début octobre, ajoute le quotidien.
La Commission européenne examine ce mercredi les grandes lignes du projet d’Union bancaire européenne, qui doit déboucher sur la création d’un superviseur européen pour les banques de la zone euro, rapporte Les Echos. Les détails du projet seront présentés le 11 septembre.
La Banque centrale européenne (BCE) pousse le comité de Bâle à élargir la liste des actifs éligibles à la définition du ratio de liquidité à court terme dans le cadre de la réforme Bâle 3, rapporte L’Agefi. Le ratio LCR (liquidity coverage ratio) impose aux banques de détenir suffisamment d’actifs mobilisables rapidement sur le marché pour leur permettre de survivre pendant 30 jours en cas de fermeture du marché du crédit. La BCE souhaite notamment que les ABS (asset-backed securities), ces titres adossés à des actifs, soient pris en compte dans le calcul du ratio de liquidité.
L’Asie n’est pas une deuxième Suisse et y appliquer les mêmes recettes dans la gestion privée ne conduit pas au succès, analyse L’Agefi suisse. La viabilité de nombreux acteurs s’en trouve sérieusement menacée par des coefficients d’exploitation dépassant 80% ou 100%. Telles sont les conclusions d’une étude du consultant genevois Newtone Associates, en collaboration avec A.T. Kearney, sur le marché de la gestion privée en Asie. Ce marché, très fragmenté, fait l’objet d’une féroce compétition entre gérants. Ces derniers recherchent davantage à augmenter les revenus et les actifs sous gestion, plutôt qu’à assurer une rentabilité durable. Un réservoir de talents limité pénalise le développement de la clientèle et la concrétisation d’objectifs élevés découlant d’une acquisition agressive de clients. Enfin, l’Asie n’échappe pas au renforcement des exigences réglementaires, qui se traduisent par des coûts plus élevés. Les gérants asiatiques en sont d’autant plus affectés, affirme cette étude, qu’ils sont souvent moins pointus en matière de compliance et de gestion du risque.
L’Office financier de Shenzhen a sollicité de l’Office des changes (State Agency for Foreign Exchange ou SAFE) l’octroi d’un contingent de Qualified foreign Limited Partner (QFLP) comme ceux obtenus par Shanghai, Pékin, Tianjin et Chongqing. S’il obtient cette autorisation, Shenzhen permettra aux gérants de private equity et de capital-risque offshore de changer des devises contre des yuans et d’investir dans des entreprises de private equity et de capital-risque «onshore». Selon Z-Ben Advisors, Shenzhen devrait utiliser sa licence pour promouvoir l’implantation de hedge funds et de fonds industriels pour renforcer sa réputation de centre international pour la finance et la gestion de fortune.
L’agence d'évaluation financière Moody’s Investors Service a annoncé le 28 août qu’elle avait fixé à A1 la notation d'émetteur à long terme de la banque zurichoise Julius Baer tout en indiquant qu’elle l’examinait en vue d’une éventuelle dégradation.C’est la première fois que Moody’s évalue la notation d'émetteur à long terme de Julius Baer, précise l’agence dans un communiqué. Moody’s explique que l'éventuelle dégradation de la note d'émetteur à long terme est due au fait que cette note est au même niveau que la note long terme des dépôts de la banque. A la mi-août, l’agence Moody’s avait effectivement abaissé la note de dépôt à long terme de Julius Baer à A1 de Aa3, suite à l’annonce faite le 13 août par la banque suisse du rachat des activités de gestion de fortune de Merrill Lynch hors des Etats-Unis.
La SEC va voter une première fois ce mercredi pour lever l’interdiction fait aux sociétés d’investissement non cotées de faire de la publicité, rapporte The Wall Street Journal. De fait, le régulateur américain aurait dû prendre une telle décision dès juin pour se conformer à la loi JOBS (Jumpstart Our Business Startups). Un second vote de la SEC sera nécessaire cet automne. Quant aux dirigeants de hedge funds, ils commencent à se renseigner auprès des professionnels de la publicité pour cerner ce qu’ils peuvent envisager comme méthodes de publicité. Ils n’iront certainement pas jusqu’à acheter des spots à la télévision ou à rebaptiser des stades comme leurs confrères plus visibles du monde bancaire.
Après avoir encadré les rémunérations des dirigeants des entreprises publiques, le gouvernement s’attelle aux émoluments du secteur privé, rapporte Les Echos. Le Trésor a lancé une consultation publique. Les parties prenantes doivent répondre avant le 15 septembre. Le gouvernement déposera ensuite, à l’automne, un projet de loi.
L’Autorité des marchés financiers (AMF) a lancé le 28 août une mise en garde à destination du public contre l’activité irrégulière du blog http://projetxtreme.blogspot.fr/ qui propose aux internautes de bénéficier de conseils en investissement dans des programmes d’investissement à haut rendement (HYIP) d’un prétendu expert en souscrivant à différentes formules d’abonnement. Le blog promet aux souscripteurs d’un abonnement, s’ils suivent à la lettre les conseils de l’expert, un rendement mensuel moyen de 30%.L’AMF rappelle que sont seuls autorisés à conseiller un investissement, les prestataires de services d’investissement dûment agréés et les personnes habilitées en tant que conseillers en investissements financiers conformément aux articles L.541-1 et suivants du code monétaire et financier. Ce blog ne permet d’identifier aucun intervenant qualifié. En conséquence, l’AMF recommande aux investisseurs de ne pas donner suite aux propositions commerciales émanant de ce blog.
Gérante d’un fonds qui détient environ 15 % des droits de vote dans la chaîne allemande de magasins de bricolage Praktiker pour le compte du capital-investisseur chypriote Maseltov et de la banque viennoise Semper Constantia, Isabella de Kassny fait l’objet d’une enquête du parquet de Vienne pour un possible délit d’initié lors de l’acquisition en 2009 d’une participation dans la société d’informatique autrichienne Phion, rapporte le Financial Times Deutschland.Le dossier a été transmis à la justice par l’Autorité des marchés financiers (FMA), mais l’intéressée dément. Isabella de Krassny affirme n’avoir pas su que l’américain Barracuda avait l’intention de bonifier les modalités de son OPA (à 16 euros par action contre 12 euros initialement) sur Phion lorsqu’elle avait acquis des parts de la société autrichienne pour le compte de Donau Invest. Isabella de Krassny est actuellement en conflit avec le directoire de Praktiker, dont elle conteste le plan d’assainissement et veut faire limoger le président.
D’après une enquête réalisée par Morningstar, la pratique du prêt de titres par les ETF européens a gagné en transparence l’an dernier, les promoteurs fournissant sur le site Internet davantage de renseignements sur cette activité, rapporte la Neue Zürcher Zeitung. Cependant, il ne faut pas s’attendre que les nouvelles règles de l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF ou ESMA en anglais) améliorent les rendements perçus par les investisseurs. En effet, les fonds pourront s’y conformer en indiquant qu’ils transfèrent à leurs clients 100 % du revenu net des prêts de titres… tout en continuant à prélever autant qu’aujourd’hui sur le revenu brut.
Les nouvelles règles de l’Autorité européenne des marchés financiers (Esma) ne constituent pas «une menace énorme» pour le secteur des CTA au format Ucits, représentant un encours de 3,7 milliards de livres, selon Georg Reutter, analyste de Kepler Partners, interrogé par le Financial Times Fund Management. Les véhicules basés sur des indices complexes et opaques ont été critiqués comme pouvant être une menace pour la marque Ucits.
Les fonds européens réservés aux particuliers pourraient être autorisés à investir dans des hedge funds, de l’immobilier ou des matières premières si le secteur se montre convaincant, observe le Financial Times Fund Management. La Commission européenne a en effet publié un document de consultation sur Ucits VI, demandant si «le champ des actifs et expositions considérés comme éligibles pour un fonds Ucits» devrait être revu, invitant à une discussion qui pourrait se traduire par l’inclusion de nouvelles classes d’actifs éligibles pour les fonds retail.