Le système fiscal helvétique est en train de devenir «médiéval», estime l’avocat et professeur de droit fiscal à Genève Xavier Oberson. «On n’a pas pris la peine d’examiner l’ensemble. On est en train de supprimer toutes sortes de niches, mais on risque de se retrouver avec un système fiscal très lourd, pas compétitif et complètement dépassé - un système médiéval», dénonce le spécialiste, régulièrement consulté par Berne, dans une interview publiée le 27 décembre par le quotidien «Le Temps»."On le voit avec la taxation des entreprises: sous la pression de l’Union européenne, il nous faut changer de système, mais dans quelle direction? Le mérite du ministre des finances genevois David Hiler est de proposer quelque chose, d’ouvrir le débat: supprimer les statuts spéciaux, placer toutes les entreprises au même taux», relève Xavier Oberson. S’agissant du secret bancaire, il est remis en question à l’interne, pour les Suisses aussi. Si l’on va dans cette direction, l’impôt anticipé n’a plus de sens non plus, car il est à l’origine un mécanisme antifraude, destiné à compenser la garantie du secret bancaire, analyse le professeur. «Mon idée est donc de repenser l’impôt anticipé pour en faire un impôt libératoire à la source’», explique Xavier Oberson. «On taxerait tous les revenus du capital et, à l’instar des accords internationaux, on ouvrirait en même temps la possibilité aux contribuables suisses de faire une déclaration spontanée pour régler le passé en payant un montant forfaitaire global». Pour le Genevois, le pire serait de supprimer le secret bancaire et de garder l’impôt anticipé. A ses yeux, on pourrait penser à supprimer l’impôt sur la fortune et à le remplacer par une imposition des gains en capital, quitte à taxer également mais modérément les successions.