L’assurance a toujours posé des problèmes particuliers de valorisation, tant en matière d’actif que de passif. Les passifs d’assurance sont considérés par Philippe Trainar, chief risk officer du groupe Scor, comme« virtuels, longs, illiquides et sub-additifs ». Ils cumuleraient ainsi tous les problèmes de valorisation que l’on trouve individuellement dans d’autres activités économiques. De plus, l'économiste estime qu’aucune solution comptable n’est capable d’apporter à elle seule une réponse satisfaisante à ces problèmes. Dès lors, on mesure mieux la difficulté de l’exercice qui consiste, pour les assureurs, à identifier correctement leurs expositions et à les gérer, et, pour les régulateurs, à déterminer le cadre réglementaire adéquat. La directive Solvabilité 2, dont l’entrée en vigueur sera vraisemblablement repoussée à 2016, a précisément pour ambition de mieux traiter ces sujets. Quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir de cette évolution du cadre réglementaire européen, il est un fait certain : l’industrie de l’assurance ne peut pas faire l'économie d’une gestion plus dynamique de ses expositions, anciennes ou récentes. D’année en année, le secteur en prend de plus en plus conscience, notamment les assureurs et les réassureurs de taille moyenne, ainsi que les captives, selon une étude de PwC. La gestion plus dynamique des expositions Sans être exhaustif, cet environnement réglementaire en devenir aura notamment pour effet: - d’obliger les assureurs et réassureurs à avoir une vision plus fine de leur provisionnement sur leurs expositions, notamment anciennes (d’autant plus que les provisions techniques feront l’objet d’une nouvelle méthode d'évaluation, réduisant les marges de prudence et tendant à faire disparaître le pilotage des résultats par les provisions); - d’augmenter le capital nécessaire pour faire face aux engagements (selon l'étude PwC précitée, 74% des sociétés interrogées s’attendent aujourd’huiàuntel effet, contre seulement 34% en 2008), ainsi que de mieux prendre en considération le risque de contrepartie sur les réassureurs; - d’obliger les assureurs à renforcer leur gouvernance (l’Orsa), notamment en se focalisant encore plus sur la gestion des sinistres en raison des exigences de reporting et d’identification des risques instaurés par Solvabilité 2. Même l’externalisation de cette gestion ne dispensera en rien la société d’assurances de mettre en place des outils de suivi; - de revoir leur modèle d’organisation juridique, par exemple en passant d’un système «mèrefiliale » à un système «mère-succursale », moins consommateur de fonds propres; - de permettre aux sociétés en runoff d'être exemptées, sous la réserve qu’elles soient en mesure de démontrer à leur régulateur qu’elles seront liquidées dans les trois années suivant la date de transposition de la directive. Les commutations et les transferts de portefeuille À cet « effet Solvabilité 2 » s’ajoutent les contraintes supplémentaires qui pèsent sur les assureurs et les réassureurs du fait de la crise financière, qui ont eu pour conséquence des restructurations (lire encadré). Les solutions les plus fréquemment utilisées par les assureurs d’Europe continentale consistent à avoir davantage recours à la commutation de leurs expositions et/ou au transfert de portefeuille. Le recours à ces deux outils traduit sans doute le fait que leurs run-off sont en général logés dans des entités actives et non dans des sociétés dédiées. Par rapport aux contraintes que font peser les exigences de Solvabilité 2, la commutation ou le Policy buy back (technique de rachat des engagements d’assurance ou de réassurance) présentent, en effet, l’intérêt d’obtenir immédiatement des liquidités et de réduire le risque de contrepartie, deux facteurs importants dans les calculs de solvabilité définis par la directive. Quant au transfert de portefeuille, il a bien entendu comme avantage de faire sortir du bilan les expositions consommatrices de fonds propres. Selon la méthode retenue, il faudra naturellement transférer non seulement les actifs correspondants, mais également tous les contrats «attachés » à la gestion de ces portefeuilles (on pense notamment aux contrats de réassurance). La réglementation française applicable en la matière résulte également de la transposition d’une directive européenne. De façon très schématique, pour l’assurance, il convient de se reporter à l’article L.324-1 du code des assurances, qui détermine la marche à suivre et rend automatiquement opposable aux assurés ledit transfert. Pour la réassurance, c’est à l’article L.324-1-2 qu’il convient de se référer. La procédure consistera, dans ce cas de figure (et pour un transfert effectué entre deux sociétés établies dans l’Union européenne), à demander une autorisation au Comité européen des assurances (CEA) et à informer les entreprises réassurées, cette procédure rendant le transfert opposable à ces dernières, même si cet article du code ne l’indique pas de façon expresse. Si cette technique est moins utilisée, certains grands réassureurs poussent également à l’emploi de couvertures de réassurance comme outil à envisager, spécialement les traités de réassurance dits «rétrospectifs », qui peuvent constituer une réponse pour économiser les fonds propres des assureurs -même si le régulateur français se livre à un examen attentif de ces contrats avant de les prendre en compte dans le calcul de la marge de solvabilité. Bien entendu, ces exemples, rapidement abordés, ne sont pas limitatifs. Quoi qu’il en soit, les techniques développées par les acteurs de l’industrie du run-off sont tellement intéressantes qu’elles tendent à être reprises par des compagnies d’assurances et de réassurance actives pour gérer des portefeuilles récents. Ainsi, que l’on pense que «les chasseurs de passifs ne vont plus attendre longtemps leur or » (pour paraphraser un article de L’Argus de l’assurance paru le 18 novembre 2005) en raison des effets mécaniques de Solvabilité 2, ou que la conjonction de Solvabilité 2 et de la crise financière crée une puissante incitation à revoir sonmodèle d’organisation et sa stratégie, quelle que soit la maturité des portefeuilles concernés, les acteurs du marché, s’ils ne l’ont pas déjà fait, seraient bien avisés de profiter du cadre réglementaire actuel.
Les Accords de Bâle III traduisent la volonté des régulateurs de renforcer la régulation du système financier. Dans ce cadre, l’exigence de solvabilité se voit renforcer par l’augmentation qualitative et quantitative des fonds propres requis par rapport aux niveaux précédemment exigés par Bâle II. Dans un contexte généralisé de défiance en Europe sur la solvabilité des états et du système bancaire, une telle mesure est de nature à rassurer. Elle doit permettre de s’assurer de la solvabilité des banques et, in fine, essayer de restaurer un cercle vertueux de confiance envers ces établissements, mis à mal par une succession de crises destructrices. Aussi salutaire soit-elle, son application a un coût financier important pour les banques. Ces dernières doivent donc trouver des solutions pour se conformer aux nouvelles attentes des régulateurs. Les moyens d’actions sont bien identifiés (baisse des encours de crédits, cession d’actifs, etc.) mais ont tous des impacts forts sur les métiers et les acteurs de l’industrie bancaire ainsi que sur l'économie. Lire la suite : cliquez ici
La Commodity Futures Trading Commission (CFTC) vient d’envoyer des demandes d’informations à tous les grands noms de la place pour examiner leurs activités de négoce sur les matières premières (métaux, énergie), rapporte Les Echos. Elle demande aux banques concernées de prouver que des opérations appelées EFS (« exchanges of futures for swaps ») sont légitimes et légalement bétonnées. Dans ces opérations de produits dérivés, les deux parties souscrivent d’abord un contrat « swap », puis transforment leur position en un contrat « Future ». La CFTC soupçonne que, dans un certain nombre de cas, les swaps étaient en fait des Futures déguisés. Les Futures sont des outils qui doivent transiter par une plate-forme réglementée, alors que les swaps sont des instruments de gré à gré beaucoup plus souples. L’utilisation de « swaps » aurait pu permettre à des traders de fixer des prix qui ne reflétaient pas du tout le marché au moment de la transaction. Parmi les banques qui ont reçu la demande d’information figurent JPMorgan Chase, Goldman Sachs et Citigroup.
L’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) ont annoncé dans un communiqué publié le 14 mai la publication de deux guides (1) rappelant les règles applicables aux opérations relevant de la finance participative, connues également sous le nom d’opérations de crowdfunding.Le crowdfunding, ou financement participatif, est un nouveau mode de financement de projets par le public. Ce mécanisme permet de récolter des fonds – généralement des petits montants – auprès d’un large public en vue de financer un projet créatif (musique, édition, film, etc.) ou entrepreneurial. Il fonctionne le plus souvent via Internet. Les opérations de crowdfunding peuvent être des soutiens d’initiative de proximité ou des projets défendant certaines valeurs. Elles diffèrent des méthodes de financement traditionnel et intègrent souvent une forte dimension affective.En France, le crowdfunding, qui entre dans les initiatives de la « finance participative » et facilite ainsi le financement des PME et TPE, n’a pas de définition juridique, relève le communiqué. Compte tenu de l’essor du crowdfunding en France, l’ACP et l’AMF ont souhaité clarifier le cadre réglementaire actuel d’exercice de cette activité, afin d’en améliorer la lisibilité et la compréhension par les opérateurs et par le public. Ce cadre a vocation à évoluer après l’été dans le prolongement des conclusions des Assises de l’Entrepreneuriat visant à promouvoir ces nouveaux modes de financement innovants tout en protégeant efficacement le public.(1) Guide du financement participatif (crowdfunding) à destination du grand publicGuide du financement participatif (crowdfunding) à destination des plates-formes et des porteurs de projet
Mark Lyttleton, un ancien gérant de BlackRock, a été arrêté le mois dernier par la police londonienne dans le cadre d’une enquête sur un délit d’initié diligentée par la nouvelle autorité des marchés financiers britannique, la FCA, rapporte Investment Week.Mark Lyttleton, qui a officiellement quitté BlackRock fin mars, a été arrêté le 30 avril. Depuis une dizaine d’années, il gérait plusieurs portefeuilles dont le BlackRock UK, le UK Dynamic et le UK Absolute Alpha. BlackRock a confirmé l’arrestation de l’ex-gérant à Investment Week. La FCA a en outre indiqué à la société de gestion que les soupçons portent sur des faits perpétrés hors des locaux de BlackRock et que ni l’entreprise ni aucun de ses collaborateurs ne font l’objet d’une enquête.
Les ministres européens des Finances n’ont pas réussi à se mettre d’accord le 14 mai sur les moyens de lutter contre la fraude fiscale, l’Autriche et le Luxembourg continuant de faire de la résistance. Les ministres étaient appelés à se prononcer sur la révision d’une directive européenne sur la fiscalité de l'épargne, en souffrance depuis 2008. Elle prévoit l'échange automatique d’informations sur les intérêts versés à des personnes physiques non résidentes. La Commission souhaite la renforcer et en étendre le champ d’application, notamment à l’assurance-vie. L’Autriche et le Luxembourg, qui bloquent le texte depuis plusieurs années afin de préserver leur secret bancaire, n’ont pas complètement levé leurs restrictions, contrairement à ce qu’espéraient leurs partenaires. Or, l’unanimité est requise au sein des 27 sur les sujets fiscaux. «Nous pourrons donner notre accord, mais pas aujourd’hui», a déclaré l’Autrichienne, Maria Fekter. Son homologue luxembourgeois, Luc Frieden, a dit qu’il ne pouvait «pas donner le feu vert» à la directive pour le moment. Les deux ministres ont expliqué leur refus par l’exigence d’une «égalité de traitement» avec les pays non membres de l’Union européennes dans la mise en oeuvre des mesures prévues par la directive.
Après les records de 2011 liés au printemps arabe, les autorités suisses ont continué de recevoir en 2012 de nombreuses dénonciations de soupçons de blanchiment d’argent. L’an dernier, aucun événement politique majeur n’a influencé le nombre de communications, mais davantage de cas suspects isolés ont été repérés.Le Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent (MROS) a reçu en 2012 pas moins de 1585 communications, soit seulement 40 de moins qu’en 2011, mais 426 de plus qu’en 2010. En outre, 86% des cas signalé l’an dernier ont été retransmises aux autorités pénales, précise un communiqué.La somme des valeurs patrimoniales impliquées a atteint en 2012 3,15 milliards de francs. Ce résultat n’est pas très en-dessous des 3,28 milliards cités en 2011, qui correspondaient aux montants des années 2009 et 2010 réunies.Six des soupçons transmis l’an dernier ont généré à eux seuls un volume de 1,44 milliard de francs, relève le Bureau. Trois d’entre eux étaient liées à des détournements de fonds publics étrangers, deux avec des infractions présumées d’escroquerie et la dernière concernait une organisation criminelle présumée active en Asie.Deux tiers des soupçons sont communiqués par les banques. Viennent ensuite les sociétés de transferts de fonds (23%), les fiduciaires (4%) et les gestionnaires de fortune (3%). L’escroquerie demeure en tête des infractions présumées et représente un tiers des cas.
Les députés français ont donné leur feu vert au déblocage exceptionnel de la participation et de l’intéressement dont disposent les salariés afin de relancer la consommation, une enveloppe estimée à plusieurs milliards d’euros, rapporte L’Agefi. Ce déblocage exceptionnel concerne les sommes attribuées avant le 1er janvier 2013, avec un plafond global de 20.000 euros, net de prélèvements sociaux.
Dans un communiqué diffusé hier, l’Autorité de Contrôle Prudentiel (ACP) et l’institut d'émission d’outre-mer (IEOM) ont mis en garde le public concernant l’exercice d’opérations de banque ou de services d’investissement et les activités des bureaux de représentation de banques étrangères dans les collectivités d’outre-mer. Le régulateur et l’institution ont rappelé qu’il est interdit à toute personne autre qu’un établissement de crédit d’effectuer des opérations de banque à titre habituel. Il est, en outre, interdit à toute entreprise autre qu’un établissement de crédit de recevoir du public des fonds à vue ou à moins de deux ans de terme. Par ailleurs, seuls sont habilités à effectuer des opérations de banque ou fournir des services d’investissement dans les collectivités d’outre-mer, respectivement, les établissements de crédit et les prestataires de services d’investissement agréés par l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP). Les établissements de crédit ayant leur siège social à l’étranger ne peuvent y exercer leur activité qu’à condition d’avoir obtenu préalablement de l’ACP l’agrément d’une filiale ou d’une succursale, précise le communiqué.
La plate-forme multilatérale de négociation BATS Chi-X Europe vient d’obtenir le statut de «Recognised Investment Exchange» (RIE) auprès de la nouvelle autorité britannique de surveillance des marchés, la FCA.Ce statut de RIE autorise de facto BATS Chi-X Europe à coter des ETF en Europe. BATS avait obtenu en 2011 sa licence pour la cotation d’ETF aux Etats-Unis. La première cotation aux Etats-Unis d’un ETF est intervenue en janvier dernier avec un produit d’iShares.
De nouvelles dispositions de l’Autorité européenne des marchés financiers (Esma) devant entrer en vigueur en 2014 ont fait leur première victime, relate le Financial Times fund management (FTfm). Cantab Capital Partners va ainsi fermer le CCP Quantitative Ucits fund, un CTA créé en 2012 pour répliquer son fonds vedette basé aux Iles Caïmans. Comme tous les Ucits, il ne peut pas investir dans des futures de matières premières, explique le FTfm. Mais comme la plupart des CTA Ucits, il a contourné le problème avec un swap total return basé sur le fonds qu’il réplique, lui-même autorisé à négocier des futures de matières premières. Désormais, les fonds ne pourront continuer de la sorte que si la méthodologie et les composants de l’indice suivis sont publiés. De plus, l’indice ne peut pas être rebalancé plus d’une fois par mois. Mais la plupart des acteurs du secteur pensent qu’ils peuvent s’accommoder des nouvelles règles de l’Esma, indique le FTfm.
NPB Neue Privat Bank, une société de gestion privée suisse s’adressant à une clientèle fortunée, a déclaré lundi faire l’objet d’une enquête par le département américain de la Justice dans le cadre de la lutte contre l’évasion fiscale des Américains, rapporte The Wall Street Journal. L’établissement basé à Zurich coopère avec l’enquête américaine, a déclaré Andreas Hildenbrand, un porte-parole.
La Börsen-Zeitung rapporte que, devant le tribunal de Stuttgart, 25 hedge funds dont Viking Global Equities, Glenhill Capital et Greenlight Capital, exigent de Porsche automobile Holding SE des dommages et intérêts de 1,36 milliard d’euros. Ils estiment avoir été insuffisamment informés par Porsche lors de la bataille pour la prise de contrôle sur Volkswagen (prise de contrôle qui avait finalement échoué).Le Parquet de Stuttgart a pour sa part engagé des poursuites contre l’ancien directeur financier et l’ancien président du directoire de Porsche, Holger Härter et Wendelin Wiedeking, pour manipulation de marché.
L’agence d'évaluation financière Standard & Poor’s a annoncé le 13 mai la publication d’un dossier spécial de l’hebdomadaire CreditWeek consacré à l’Afrique et plus particulièrement au recours par les pays d’Afrique subsaharienne aux marchés de capitaux internationaux.Alors qu’il y a quelques années, l’Afrique du Sud était le seul pays de la région à intervenir sur les marchés de capitaux, sept autres pays africains ont depuis 2007 fait appel aux marchés internationaux pour des émissions totalisant près de 5 milliards de dollars. Cette tendance s’est accélérée au cours des deux dernières années.Standard & Poor’s a par ailleurs publié une étude sur la réglementation, en cours d'élaboration, des obligations sécurisées au Maroc (""Morocco Looks To Covered Bonds To Support Housing Finance» ) qui pourrait servir de base aux premières émissions d’obligations de ce type en Afrique.
Les gestionnaires de fortune indépendants seront soumis à un contrôle plus strict dès 2014 pour pouvoir gérer les biens des caisses de pension. Ils devront obtenir une habilitation attribuée par la commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle. Le Conseil fédéral a publié le 8 mai les détails de ces nouvelles exigences dans une ordonnance.Les gestionnaires de fortune externes, qui ne sont actuellement pas soumis au contrôle de l’Autorité de surveillance des marchés financiers (Finma), devront en principe, d’ici au début de l’année prochaine, être soumis à une surveillance ou disposer d’une habilitation. Les employeurs qui gèrent la fortune de leurs propres institutions de prévoyance ne sont en revanche pas concernés. Idem des associations patronales ou d’employés en charge de caisses de prévoyance associatives.
Martin Wheatley, directeur général de la Financial Conduct Authority, confie au Financial Times que le Libor pourrait être remplacé dès l’an prochain par un double système de sondage auprès des intervenants et d’indices basés sur les transactions effectives. Un système permettant une continuité avant de songer à un nouvel indice lié plus étroitement à des données objectives. Mais cela pourrait susciter l’opposition du régulateur américain, la CFTC, dont le patron Gary Gensler appelle à une transition immédiate vers une référence aux transactions.
Le fisc britannique a annoncé le 9 mai avoir lancé avec ses homologues australien et américain une vaste enquête internationale après avoir obtenu des fichiers informatiques secrets sur des sociétés offshore créées par des entreprises ou des particuliers pour échapper à l’impôt.Le gouvernement dispose de 400 gigabits de données qui vont l’aider à traquer ceux qui dissimulent leur fortune offshore. «Le message est simple: si vous faites de l'évasion fiscale, nous serons à vos trousses», avertit le ministre britannique des finances, George Osborne, cité dans un communiqué. Le gouvernement britannique a investi des centaines de millions de livres dans la lutte contre l'évasion fiscale, dans ce pays et à l'étranger. Ces données constituent une nouvelle arme dans l’arsenal des services fiscaux britanniques. Selon le quotidien The Guardian, les données fournies aux autorités pourraient être en partie les mêmes que celles qui avaient été présentées récemment à la presse internationale par le Consortium international de journalistes d’investigation (ICIJ), dévoilant des informations secrètes sur des milliers de sociétés offshore.Ces 400 gigabits d’informations sont probablement les plus importantes jamais fournies aux services fiscaux britanniques sur ce type de montages, note la presse. Elles dévoilent l’usage extensif par de riches particuliers ou des entreprises de complexes structures offshore pour dissimuler des actifs dans divers territoires, notamment à Singapour, aux Iles Vierges, Caïman et Cook, précise le Trésor britannique dans son communiqué.Ces fichiers sont toujours en cours d’analyse, mais le fisc britannique a déjà découvert qu’au moins une centaine de personnes le concernant ont bénéficié de ces montages. Certaines ont déjà été identifiées et font l’objet d’une enquête, selon la même source. Le fisc britannique va aussi se pencher sur les noms de plus de 200 comptables, avocats et conseillers fiscaux qui ont aidé à mettre au point ces structures. Les ressortissants britanniques qui y ont eu recours doivent régulariser d’eux-mêmes leur situation, faute de quoi, avertit le fisc, ils s’exposent à des poursuites ou à des pénalités financières très élevées. Leur identité pourrait aussi être rendue publique.Cette enquête conjointe des services fiscaux britanniques, australiens et américains pourrait être le début de l’une des plus grandes enquêtes fiscales de l’histoire, note pour sa part l’ICIJ sur son site.
Le projet de taxe sur les transactions financières (TTF) continue de susciter des protestations tous azimuts. Tant sur le continent qu’au Royaume-Uni où, à la veille du week-end, le premier ministre David Cameron a encore tiré à boulets rouges sur ce projet qui n’est pas une bonne idée et qui ne pourra pas fonctionner à moins d'être appliquée sur toute la planète.Même son de cloche de la part de l’un des onze Etats européens participant à ce projet. La TTF n’est pas une question prioritaire, a ainsi estimé le 9 mai le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble. «Nous démarrons juste ces discussions. Ce n’est pas une préoccupation majeure, pour être très franc», a dit Wolfgang Schäuble en réponse à une question au sujet de la taxe sur les transactions financières."Cette année, l’année prochaine (...) ce n’est pas un problème majeur», a-t-il insisté. L’Allemagne ainsi que dix autres pays se sont mis d’accord en janvier pour créer une taxe sur les transactions financières qui pourrait entrer en vigueur dès janvier 2014.Cette déclaration intervenait alors que le patronat allemand venait de monter au créneau pour dénoncer à son tour le projet de TTF à l’occasion de la publication d’une enquête du Deutsches Aktieninstitut (DAI). Selon l’organisation représentant les sociétés cotées et les investisseurs, les coûts estimés de la TTF pour 24 grandes sociétés allemandes se situeraient dans une fourchette comprise entre 600 millions d’euros et 1,5 milliard d’euros."Les politiciens n’ont manifestement pas conscience des dégâts que provoquerait la TTF dans les entreprises de l'économie réelle», estime la directrive générale du DAI, Christine Bortenlänger.Toujours la semaine dernière, les dirigeants de Dexia ont également évoqué le projet de TTF à l’occasion de l’assemblée générale du groupe. La banque franco-belge, qui a encore perdu plus de 300 millions d’euros au premier trimestre, a souligné que ses résultats à venir dépendraient d'événéments extérieurs, la crise des dettes souveraines ou l’introduction de la TTF. Si cette taxe était introduite, elle aurait coûté à Dexia 574 millions d’euros l’an dernier. «Nous ne pourrions pas absorber cela. Et comme Dexia va être davantage actif sur les marchés financiers, cela aurait plutôt un impact de 700 millions d’euros, voire plus», a estimé Robert de Metz, le président du conseil d’administration de Dexia, en marge de l’assemblée générale. Il estime toutefois que cette taxe ne devrait pas être adoptée dans sa configuration actuelle… C’est manifestement le souhait a minima de très nombreux professionnels.
La Suisse est ouverte à l’idée de négocier l’échange automatique de renseignements fiscaux, rapporte Le Temps. La conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, et Sergio Ermotti, patron d’UBS, admettent, dans des interviews parues samedi et dimanche, qu’il faudra, d’une manière ou d’une autre, discuter d’un nouveau standard. La décision de changement de cap stratégique, après l’échec de l’extension à l’Allemagne du concept du prélèvement libératoire à la source, n’est pas encore prise par le Conseil fédéral. Mais elle est imminente. C’est ce que laisse entendre très clairement Eveline Widmer-Schlumpf dans une interview accordée samedi au Tages-Anzeiger.La conseillère fédérale indique que la Suisse participera à l’élaboration d’une nouvelle norme fiscale internationale uniquement dans un cadre élargi, soit celui de l’OCDE, mais ne négociera pas directement cette question avec l’Union européenne, dont elle ne fait pas partie. C’est également la position de Sergio Ermotti. Le patron d’UBS, dans une interview parue dans la NZZ am Sonntag, considère l’OCDE comme le seul lieu où peut être discuté le passage à la norme de l’échange automatique de renseignements fiscaux, ne serait-ce que pour contraindre l’ensemble des places financières importantes, y compris Singapour ou Hong kong, à y adhérer.
La Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF) a lancé un avertissement à destination du public concernant les activités d’une entité dénommée VERIM Management Limited qui prétend être établie à l’adresse L-3895 Foetz, rue de l’Industrie coin des Artisans. «La CSSF informe le public que VERIM Management Limited ne dispose pas de l’agrément nécessaire à la prestation de services financiers au ou à partir du Luxembourg», souligne la Commission.