Le texte de compromis publié il y a quelques jours par l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (Eiopa) constitue un compromis acceptable, a estimé le 19 juin Robert Ophèle, sous-gouverneur de la Banque de France à l’occasion des Entretiens de l’Af2i.L’Eiopa propose un compromis équilibré même si côté français, les professionnels de l’assurance relèvent de nombreux points de controverse, par exemple le mécanisme retenu du «classical matching adjustment» qui ne permet pas comme le mécanisme «extended», une véritable gestion ALM, transparente et auditable.Peu d'évolutions sont désormais attendues au-delà de certains calibrages, a estimé Robert Ophèle, mais, compte tenu du fait que l’arsenal réglementaire de Solvabilité I est complètement dépassé, il est temps d’adopter en l'état la nouvelle réglementation, quitte à recalibrer un certain nombre d'éléments à l’avenir.Cela dit, des aménagements à la réglementation pourraient être envisagés pour favoriser l’investissement dans des produits d'épargne longue. L’investissement à long terme est notamment freiné par la contrainte de la provision pour risque d’exigibilité (PRE). Certains produits, comme les fonds de titrisation, pourraient ainsi être exonérés de PRE, a estimé Robert Ophèle.En outre, le responsable de la Banque de France s’est dit favorable à un toilettage du Code des assurances. Le Trésor commence à y réfléchir, a-t-il précisé.Sur le chapitre du projet de taxe sur les transactions financières (TTF), Robert Ophèle a souligné les effets dévastateurs des dispositions envisagées, avec notamment une délocalisation en règle de la gestion française et une disparation mécanique des véhicules de court terme.Compte tenu toutefois du tollé suscité par les dispositions de ce texte, il n’entrera probablement pas en vigueur, comme prévu initialement, début 2014, et certainement pas selon les modalités inscrites dans le projet actuel…Le président de l’AF2i, Jean Eyraud, a par ailleurs évoqué le dossier des infrastructures de marché, relancé par l’OPA récente de l’américain ICE sur NyseEuronext et l’annonce par ICE de la scission du groupe pour remettre sur le marché la plate-forme européenne Euronext. Se pose notamment la question, avec la règlementation EMIR et le transit des titres par des chambres de compensation, de la propriété des titres.Paris Europlace s’intéresse au problème et Bercy a confié Thierry Francq une mission sur l’avenir de la Bourse de Paris. Dans ce contexte, l’Af2i estime qu’il est encore temps de participer à ces réflexions sur l’avenir des infrastructures de marché et pourquoi pas contribuer à ce que la France retrouve la souveraineté sur sa Bouse actions.