Le Monde a révélé, lundi 27 janvier, l’existence de deux listings HSBC. Le 26 décembre 2008, l’informaticien Hervé Falciani avait livré aux enquêteurs du fisc français quatre DVD où figurait un listing contenant, in fine, 2 846 identités de fraudeurs potentiels. Le 20 janvier 2009, la justice avait saisi les ordinateurs d’Hervé Falciani et traité les données brutes. Un deuxième listing a été établi par la gendarmerie, recélant pour sa part 2 956 patronymes de suspects. Une soixantaine de personnalités y figurent. Première catégorie, celle des titulaires de comptes parfaitement en règle : des Français résidents suisses, le footballeur Christian Karembeu, les frères Christian et François Picart (fondateurs de la chaîne de restauration Buffalo Grill), ou encore d’Alain Afflelou. En revanche, les enquêteurs s’interrogent sur un ancien coéquipier de Christian Karembeu en équipe de France, lui aussi champion du monde en 1998, titulaire d'1,6 million d’euros chez HSBC, de même que sur deux monstres sacrés du cinéma français, un humoriste star, une vedette de la chanson, une ancienne Miss France. Et enfin un sénateur UDI. Le cinéaste Cédric Klapisch figure sur la liste qui a tout régularisé en 2012, et n’a plus d’argent là-bas. Gérard Miller fait part d’une expérience analogue. Son témoignage fait écho à celui de l’avocat Michel Tubiana ou de Richard Prasquier, ex-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Paul Bocuse n’est pas dans ce cas. Le célèbre cuisinier plaide l'étourderie. Il détenait un compte nanti de 2,2 millions d’euros, indique Le Monde.Les enquêteurs ont aussi saisi les rapports de visite des gestionnaires de comptes chez HSBC, conseillant leurs clients. Au vu des rapports de visites à 239 clients français, « la banque propose de façon systématique diverses mesures de contournement en vue d'échapper à l’impôt. Les juges disposent déjà de témoignages précis. Comme celui de l’avocat parisien Laurent Azoulai. Lui qui voulait régulariser ses avoirs en Suisse – près d’un million d’euros – s’est heurté à l’hostilité d’HSBC. Les magistrats vont maintenant tenter d’identifier les ayants droit des nombreuses sociétés offshore, mais aussi les véritables bénéficiaires des comptes atribués sur les listings, sans doute à tort, à des « employés HSBC », qui pourraient n'être que des prête-noms.