Afin de lancer les travaux du « Comité Place de Paris 2020 », dont la mise en place a été annoncée par le ministère de l’Economie et des Finances en décembre, Paris Europlace a présenté deux rapports sur la compétitivité de la Place financière et les actions à mettre en oeuvre.Le rapport Perrier du collège « Investisseurs Institutionnels » de Paris Europlace, présidé par Yves Perrier, directeur général d’Amundi, élaboré avec le concours du Boston Consulting Group, se propose notamment de redonner sa compétitivité au pôle investisseurs de la place de Paris. Le rapport constate que le Pôle Investisseurs est créateur d’emplois et de richesse en France, mais sa compétitivité s’est dégradée progressivement. D’une part, l’épargne française est encore allouée principalement à l’immobilier qui représente 2/3 de l’épargne des ménages français et d’autre part, les flux d’épargne financière sont en baisse significative (-54% entre 2006 et 2012), dans un contexte économique difficile en raison d’une aversion au risque de l’épargnant français, d’une fiscalité peu attractive pour les produits de long terme par rapport aux produits de court terme ainsi que d’une concurrence accrue des places étrangères. Pour orienter davantage l’épargne financière sur un horizon long terme vers le financement de la croissance de l’économie et redonner sa compétitivité à la place de Paris, Paris Europlace propose une stratégie reposant sur deux piliers : 1 – Développer en France l'épargne financière longue : - En faisant bénéficier l’épargne longue de la clause d’une fiscalité plus incitative notamment sur les actions ainsi que sur l’épargne salariale et l’épargne retraite ; - En complétant les dispositifs de retraite et en renforçant l’offre de produits d’investissement contribuant au financement à long terme de l’économie. 2 – Capter davantage de capitaux étrangers avec un objectif de passer de 15 à 20% de capitaux étrangers gérés en France en 5 ans : - En veillant à ce que les règles de commercialisation des produits de gestion, qui visent à renforcer la transparence et la protection des investisseurs, ne génèrent pas des lourdeurs contraires aux objectifs poursuivis et en alignant le niveau d’exigence en termes de transparence et d’information sur tous les produits d’épargne (bilan et hors-bilan) ; - En renforçant l’écosystème de la place de Paris notamment par une maîtrise accrue des infrastructures de marché. L’autre rapport, présidé par Séverin Cabannes, directeur général délégué de Société Générale, élaboré avec le concours du cabinet Oliver Wyman, concerne plus généralement le financement de l'économie. Le document souligne que le redressement de la compétitivité de la Place de Paris et des activités d’intermédiation, au sens large, en France, est une condition indispensable pour accompagner les besoins d’investissement et de développement de nos entreprises, en particulier des PME/ETI, dans un contexte de bouleversement du mode de financement de l’économie européenne, nécessitant un recours croissant aux marchés financiers.Outre la stabilisation du cadre réglementaire et fiscal, le rapport suggère notamment de saisir les opportunités créées par les dynamiques actuelles de désintermédiation du crédit : mettre en place un système de notation des placements privés ; adapter le cadre réglementaire pour faciliter la création de ces instruments ; mettre en place un régime fiscal simplifié pour les structures légales de titrisation.