Les filiales suisses des banques françaises sont peu menacées par un reflux de fonds des clients français, estime Martin Maurer, secrétaire général de l’Association des banques étrangères en Suisse (ABES). «Les grandes banques françaises établies en Suisse n’ont pas beaucoup de clients domiciliés en France, au contraire des banquiers privés suisses», a-t-il indiqué mercredi à l’agence allemande AWP en marge d’une rencontre avec la presse.La part des clients domiciliés en France de ces banques étrangères est très minime selon lui. «Un membre de notre association m’a dit qu’elle s'élevait à 5%», a-t-il indiqué. Il ne voit ainsi pas de raisons de craindre un reflux des fonds de clients français. Certaines banques privées poussent leurs clients, notamment français, à régulariser leur situation d’ici fin avril, a-t-il indiqué. Mais en cas de refus, il n’est pas si simple de dire au client de partir. «Il y a des situations où les clients refusent de fermer leur compte», a-t-il indiqué, en citant le cas, peu courant, d’un client qui a refusé d’encaisser l’argent de son compte, envoyé par voie de chèque. Concernant la régularisation fiscale avec les Etats-Unis, un éventuel accord pourrait se faire attendre et tomber plus tard que durant l’année 2014 citée par certaines banques. «D’ici à fin juin, les autorités américaines obtiendront les informations des banques de catégorie 2 (c’est-à-dire les banques qui estiment avoir pu violer le droit fiscal américain), notamment les ‘Leaver List’», la liste détaillant les clôtures de comptes, a expliqué Martin Maurer. Avec ces informations, elles pourraient mettre une pression supplémentaire sur les banques de catégorie 1 (les banques déjà poursuivies aux Etats-Unis). Un accord pourrait ainsi ne survenir qu’en 2016, a-t-il estimé, tout en reconnaissant que certaines banques pourraient conclure les négociations déjà au cours du second semestre 2014. Quant aux banques qui n’ont pas encore communiqué leur participation au programme, Martin Maurer «part du principe que les grandes banques étrangères qui ne sont pas encore déclarées se sont inscrites en catégorie 2, comme la plupart des grandes banques en Suisse».