Michel Sapin, ministre des Finances et des Comptes publics, a réuni pour la troisième fois le Comité Place de Paris 2020 mercredi 22 juillet. Plusieurs priorités ont été fixées pour les prochains mois. Tout d’abord le projet de label ISR doit être finalisé d’ici la fin de l’année, permettant d’accorder les premières labellisations début 2016. Ensuite, Michel Sapin souhaite favoriser le financement en fonds propres des entreprises, de petite et moyenne taille. D’ici la fin de l’année, des projets seront menés à bien «tels que la dynamisation du PEA-PME, la mise en place des fonds d’investissement de long-terme ELTIFs en France, ou encore la réflexion autour de l’émergence de quelques fonds de capital-investissement de qualité et de taille suffisante pour pouvoir apporter les financements qui manquent pour ancrer les entreprises de croissance en France». Michel Sapin s’est dit également favorable à la modernisation des marchés de dette et de couverture des risques. «Je souhaite qu’aboutissent, d’ici la fin de cette année, plusieurs chantiers, notamment la réforme des titres de créance négociable et les réflexions sur le développement de produits dérivés, de couverture et non de spéculation, par nos infrastructures de marché», a déclaré le Ministre.Le Comité « Place financière de Paris 2020 » a également été l’occasion pour Paris Europlace - qui co-animait la réunion - et le Cabinet McKinsey de remettre à Michel Sapin, Ministre des Finances et des Comptes publics, un rapport préconisant 25 mesures (en pièce jointe) qui feraient de Paris «une place offensive et forte au service de l’économie». «Il est primordial que les pouvoirs publics se saisissent de l’enjeu que constitue une place de Paris compétitive, d’autant que le contexte aujourd’hui est celui de l’accélération de la globalisation de l’économie, avec un rôle accru des marchés financiers et la poursuite de la révolution numérique, y compris dans l’assurance, la banque de financement et la gestion d’actifs», a rappelé Paris Europlace dans un communiqué. Dans ce cadre, le rapport a ciblé 4 axes prioritaires:1. Développer une plateforme innovante de financement de l’économie en Europe continentale :- Accélérer le financement des start-up et ETI ;- Accompagner la transition du mode de financement des entreprises vers plus de financements de marché ;- Faire de Paris la place des nouveaux instruments de dette en Europe continentale.2. Faire de Paris la place centrale de la gestion d’actifs en Europe continentale, en développant l’épargne longue, en l’orientant vers le financement des entreprises et en construisant un pôle de référence de la finance responsable.3. Renforcer les atouts de Paris en matière de couverture des risques et de sécurisation des actifs et consolider des infrastructures de marché de référence en zone euro.4. Améliorer la compétitivité de la place de Paris au sens large, afin de favoriser le maintien et/ou l’attraction en France des quartiers généraux d’entreprise.Parmi les 25 mesures proposées, huit sont prioritaires, juge Paris Europlace :1) Abandonner le projet de taxe sur les transactions financières concernant 11 des 28 pays européens. Ce projet est en contradiction avec la mise en place de la nouvelle Union des marchés de capitaux européenne. Il se traduirait, pour les entreprises des pays concernés, par des surcoûts importants de leurs financements et le déclin du marché français ;2) Préserver le modèle des banques universelles françaises dans les projets de réforme bancaire européenne ;3) Réduire progressivement la taxe sur les salaires, appliquée au secteur financier, avec dès maintenant la suppression de la tranche supérieure ;4) Relancer l’épargne longue, en élargissant les mesures en faveur de l’épargne salariale et en s’engageant à ce que toute nouvelle mesure fiscale favorise l’épargne longue ;5) Eliminer les obstacles réglementaires, notamment dans la transposition des directives européennes et obtenir des Pouvoirs publics qu’ils s’engagent à ne plus faire de surtranspositions ;6) Accélérer la relance d’une titrisation simple, transparente et standardisée, qui nécessite une révision des exigences de Solvency II pour les investisseurs et de CRD IV pour les banques et des mécanismes incitatifs pour les Organismes de titrisation (OT) ;7) Engager, dans le cadre du Pacte de Responsabilité, la réduction de l’impôt sur les sociétés pour attirer à Paris les quartiers généraux des entreprises ;8) Accélérer la réflexion sur le renforcement de la zone euro et de sa monnaie.