Invité à faire un tour d’horizon dans le domaine de la gestion d’actifs des sujets de la rentrée 2015 et des textes européens à venir, Xavier Parain, secrétaire général adjoint, en charge de la Direction de la gestion d’actifs de l’AMF a notamment rappelé sur le site du régulateur lundi 7 septembre, l’adoption de deux lois françaises en aout 2015 dont une (Loi Macron) introduit une nouvelle catégorie de fonds professionnel spécialisé : la société de libre partenariat (SLP). «Nous nous tenons prêts à modifier ou avons modifié notre règlement général et notre doctrine (DOC-2012-06) pour permettre aux acteurs de se lancer rapidement», a insisté Xavier Parain, qui considère cette évolution comme une opportunité pour attirer de grands investisseurs français et étrangers. A l’image des limited partnerships, la SLP permet une flexibilité de gestion, tout en apportant une gouvernance renforcée (...) et devrait intéresser beaucoup de gestionnaires du capital investissement, mais aussi d’autres classes d’actifs.L’autre loi - de transition énergétique - comporte une dimension « gestion », exige, notamment, que les Sicav effectuent un reporting sur leur exposition aux risques liés au changement climatique et sur l’impact qu’auront leurs investissements sur l’environnement. «Un décret d’application précisera le détail des informations à donner aux investisseurs», a précisé Xavier Parain.Par ailleurs, si la Commission européenne n’a pas lancé de nouvelles initiatives réglementaires depuis plusieurs mois dans le domaine de la gestion, il faut se préparer à l’entrée en application, d’ici fin 2016, de plusieurs directives ou règlements ayant un impact direct ou indirect sur leur activité. Notamment le règlement sur les fonds européens d’investissement de long terme (FEILT ou ELTIF en anglais) dès décembre 2015. Ces fonds visent à acheminer l’épargne européenne vers des investissements européens à long terme dans l’économie réelle et peuvent être commercialisés, par passeport, dans toute l’Europe à des investisseurs professionnels et, sur option à l’initiative du gestionnaire, à certains particuliers. Il permettra également à des fonds « agréés ELTIF » de consentir des prêts dans des conditions spécifiques. «Ce texte entrera en application à la fin de l’année», a rappelé le responsable qui a invité les acteurs "à en prendre connaissance car il constitue une véritable opportunité."Après voir recensé les «nouveautés» et les réglementations qui seront mises en lumière en 2016 - Securities financing transactions regulation en anglais (SFTR) en janvier sur le shadow banking, OPCVM 5 en mars, MIF 2 en juillet, EMIR en octobre, PRIIPS en décembre - Xavier Parain a également relevé les projets de texte européens sur lesquels les acteurs de la gestion d’actifs devaient se mobiliser. «Certains textes européens actuellement en cours de négociation doivent faire l’objet d’une attention particulière de la part des acteurs de la gestion d’actifs. Parmi eux, la directive Droits des actionnaires qui devrait renforcer les obligations de reporting sur les droits de vote ; le règlement Benchmark dans la mesure où les acteurs de la gestion ont couramment recours aux indices dans leurs stratégies de gestion ; ou bien encore à l’initiative « Titrisation » dans le cadre l’Union des marchés de capitaux. «Ces textes devraient aboutir fin 2017 ou en 2018. D’ici là, j’encourage les acteurs à prendre part aux débats et à répondre aux consultations qui seront lancées sur ces sujets», a indiqué Xavier Parain, qui a également rappelé qu’il sera intéressant de suivre les travaux sur le règlement européen relatif aux fonds monétaires (MMF).Enfin, de nouvelles initiatives pourraient voir le jour à Bruxelles au cours des prochains mois qui peuvent concerner le domaine de la gestion, C’est le cas des sujets liés à la transition digitale qui est d’ores et déjà en train de s’opérer chez certains acteurs, en France et à l’étranger. Les nouvelles pratiques et offres observées récemment, imposent aux législateurs et aux régulateurs de s’interroger sur les nouveaux modes de distribution et de conseil. Les questions liées à la distribution de fonds en Europe et à l’international devraient ainsi donner l’opportunité aux acteurs d’échanger une nouvelle fois très concrètement avec l’AMF aux cours des prochains mois.