La réglementation a été au menu de la table ronde sur la distribution de fonds organisée dans le cadre du séminaire parisien de LuxembourgforFinance. Rappelant que la distribution de fonds était la grande spécialité du Luxembourg, Charles Muller, associé de KPMG, a listé l’ensemble des nouvelles règles qui ont déjà ou allaient avoir un impact sur les acteurs du secteur : Ucits 5, AIFMD et MIF 2.Pour commencer, la directive Ucits 5, censée entrer en vigueur en mars, mais dont les mesures de niveau 2 n’ont pas encore été publiées (cela devrait arriver en novembre), ne va rien changer en matière de distribution de fonds, a indiqué Sébastien Danloy, CEO de RBC Investor Services Bank, au Luxembourg. Mais elle aura un impact sur les dépositaires. La responsabilité de ces derniers sera renforcée et ils auront notamment l’obligation de restitution immédiate des actifs, souligne Sébastien Danloy, ce qui mettra tous les pays sur un même niveau de protection (qui existait déjà en France). « Le dépositaire devient de plus en plus un assureur », commente le CEO de RBC Investor Services Bank. Pour Charles Müller, cette « sécurité pour l’investisseur » représente un argument de vente supplémentaire pour la distribution.Jean-Christian Six, associé de Partner, Allen & Overy au Luxembourg, est quant à lui revenu sur la directive AIFM, entrée en vigueur le 22 juillet 2014 pour la majorité des Etats. « Avec le recul, nous voyons que cela fonctionne et que cela a changé la manière dont les fonds non Ucits peuvent être commercialisés sur une base transfrontière », indique-t-il. Certes, des freins existent encore, comme l’a rappelé l’Esma dans un récent rapport cité par Jean-Christian Six. Mais, selon lui, ces obstacles ne sont pas insurmontables. Parmi toutes les réglementations citées, Frédéric Bompaire, responsable des affaires publiques d’Amundi à Paris, attend avec une certaine appréhension la directive MIF. « C’est notre priorité numéro un », indique-t-il. Il rappelle que ce texte va faire cohabiter deux modèles de rémunération des distributeurs. D’ores et déjà, la sémantique semble avoir choisi son camp : en effet, le terme « inducement » en anglais, que l’on traduit par « rétrocession » en français, induit une notion d’incitation, note Charles Muller… Dans le même temps, les sociétés de gestion parlent de « clean shares » pour évoquer les nouvelles classes de parts pour les distributeurs indépendants...