L’intensité carbone des économies du G20 a chuté de 2,7% en 2014, révèle le cabinet d’audit et de conseil PwC dans la septième édition de son édition de son étude annuelle. Une diminution sans précédent depuis la première publication de l'étude il y a sept ans. Ainsi, l’économie mondiale a connu une croissance de 3,2% en 2014 moyennant une augmentation de seulement 0,5% des émissions de gaz à effet de serre liées à la production d'énergie. A moins de deux mois de la COP21, qui réunira à Paris les chefs d'État et de gouvernement, cette étude dévoile des signes positifs de «découplage». Or, le «découplage» – la suppression du lien entre les émissions de carbone et la croissance économique, est essentiel pour éviter les pires effets du changement climatique. PwC souligne que c’est la première année où plusieurs pays enregistrent un taux de décarbonisation au moins égal à 6,3% –taux requis au niveau mondial pour limiter à 2°C le réchauffement climatique. Le Royaume-Uni arrive en tête avec un taux remarquable de 10,9%, qui s’explique par une économie solide, une baisse de la consommation de carbone et un hiver plus doux. Il est talonné par la France (9,1%), dont la réduction des émissions de carbone est en fait légèrement supérieure, mais dont la croissance du PIB est plus faible. L’Italie et l’Allemagne enregistrent aussi des taux de décarbonisation très élevés, à respectivement 7,8% et 7,1%. La première voit ses émissions chuter rapidement, mais son économie se contracter légèrement. En Allemagne, en revanche, la réduction relativement rapide des émissions s’accompagne d’une croissance économique de 1,6%. La Chine, plus gros émetteur de CO2 au monde, apparaît comme le pays le plus performant hors UE, avec un taux de décarbonisation de 6%. L’Australie perd sa première place, mais affiche encore un taux de décarbonisation de 4,7%. L’intensité carbone a cependant augmenté dans cinq pays : l’Afrique du Sud, l’Inde, le Brésil, l’Arabie saoudite et la Turquie. «Ces résultats témoignent d’un début de découplage entre la croissance et les émissions de carbone. La tendance en Chine montre que les choses évoluent et que les énergies renouvelables sont en progression. Mais il reste encore du chemin à parcourir et les engagements pris à l’approche du sommet de Paris ne sont pas suffisants. Nous franchirons véritablement un tournant lorsque les énergies renouvelables seront à parité de coût avec les énergies fossiles», commente Sylvain Lambert, associé en charge du Développement durable et du Changement climatique chez PwC.