Le Conseil fédéral a transmis mercredi au Parlement Suisse deux projets de loi, l’un sur les services financiers (LSFin) et un autre sur les établissements financiers (LEFin). En pratique, la LSFin vise non seulement à créer des conditions de concurrence uniformes et à renforcer la compétitivité de la place financière suisse, mais aussi et surtout à améliorer la protection des clients. «Elle définit, pour tous les prestataires de services financiers exerçant leur activité à titre professionnel sur la place financière, des règles concernant tant la fourniture de services financiers que l’offre d’instruments financiers», précise le Conseil fédéral.Dans le cadre de la LSFin, parmi les mesures y figurant, le prestataire de services financiers n’a pas l’obligation par exemple de procéder à des vérifications lorsqu’il s’agit de la simple exécution d’une transaction ou de l’exécution d’une transaction à la demande du client qui n’ont pas lieu dans le cadre d’un conseil. En revanche, s’il propose à un client un conseil sur des transactions précises, il doit vérifier le caractère approprié de ce dernier et, si ce conseil porte sur l’ensemble du portefeuille du client, il doit en vérifier l’adéquation. En outre, le système de classification des clients est dynamique, les clients ayant la possibilité, sous certaines conditions, de passer d’une catégorie à l’autre (opting-in ou opting-out). Deux catégories principales de clients sont prévues: les clients privés et les clients professionnels, ces derniers comprenant un sous-groupe rassemblant les clients institutionnels. Enfin, les prescriptions relatives au comportement des prestataires et aux produits sont adaptées en fonction du besoin de protection de la catégorie visée.Par ailleurs, pour toutes les rémunérations reçues de tiers (par ex. rétrocessions, courtages, etc.), il existe une obligation d’information relevant du droit de surveillance. Des règles uniformes sont également prévues en ce qui concerne l’obligation de publier un prospectus (avec d’importants allégements pour les PME) ainsi que l’introduction d’une feuille d’information de base. Le renversement de la charge de la preuve, le fonds pour les frais de procès et le tribunal arbitral, instruments très controversés lors de la consultation, sont abandonnés. En outre, les organes de médiation sont renforcés. Selon la LSFin, tous les prestataires doivent en outre s’affilier à un organe de médiation qui existe déjà ou qui devra être créé.Enfin, la LEFin définit pour sa part des règles de surveillance différenciées pour les établissements financiers (gestionnaires de fortune, gestionnaires de fortune collective, directions de fonds et maisons de titres). Principale nouveauté, les trustees et les gestionnaires de fortune administrant des valeurs patrimoniales pour le compte de clients individuels ou d’institutions de prévoyance sont également soumis à une surveillance prudentielle. Cependant, tous les établissements financiers ne sont pas surveillés par la Finma. La surveillance prudentielle des trustees et des gestionnaires de fortune administrant des valeurs patrimoniales pour le compte de clients individuels est exercée par un ou plusieurs organismes de surveillance indépendants. En ce qui concerne les gestionnaires de fortune, les deux types d’autorité de surveillance se voient accorder la compétence de prévoir un intervalle de plusieurs années entre les audits en fonction de l’activité de l’assujetti et des risques correspondants.