Il y aura un avant et un après IFRS9 pour le marché des ETFen Europe. Cette réforme comptable qui doit être mise en application en janvier 2018, pourrait sonner la fin de son utilisation chez les institutionnels, alors pourtant qu’ils sont aujourd’hui les plus friands utilisateurs de ces fonds cotés. Invité au 9ème Forum ETF et Gestion indicielle de l’Agefi qui se tenait à Paris ce 22 février 2017, Patrick de Cambourg, président de l’Autorité des normes comptables, n’a pas offert de perspective réjouissante aux promoteurs d’ETF. En termes de traitement comptable en effet, et au regard de la manière dont sont utilisés les ETF par les investisseurs institutionnels, leur détention pourrait causer une plus grande volatilité des comptes de résultats. «La classification de ces instruments va changer. Aujourd’hui, les actifs financiers de manière générale sont classés selon la durée de détention (à maturité, pour le trading, ou disponible à la vente). Demain, les actifs constitutifs du portefeuille AFS (disponibles à la vente) seront classés soit par catégorie d’instrument de dette, soit par instrument de capital propre. Les ETF seront, eux, considérés comme un instrument de dette en raison de leur caractère rachetable », explique Patrick de Cambourg. Et aucune distinction ne sera faite en fonction des sous-jacents, c’est-à-dire qu’un ETF obligataire sera traité comme un ETF actions. « Ensuite, dans la plupart des cas, les ETF ne passeront pas le test SPPI qui permet à un instrument de dette d’être en coût amorti. Ils devraient donc être comptabilisés en juste valeur par le compte de résultat, ce qui conduira à une grande volatilité des comptes de résultats. L’échec au test SPPI peut aussi mener à une comptabilisation en OCI (other comprehensive income) , une catégorie intermédiaire du compte de résultat où on met la plus-value latente, mais alors il le sera définitivement et ne pourra jamais revenir dans le compte de résultat ». Une situation qui pourrait affecter les investisseurs de long terme comme ceux qui couvrent leur passif de long terme, de type provisions de réhabilitation des usines nucléaires, en investissant pour 30 ou 40 ans dans ce type d’actifs. Selon Patrick de Cambourg, les assureurs sont exemptés temporairement de cette réforme IFRS9, mais pas les bancassureurs. Des discussions sont toutefois en cours pour qu’elles soient exclues également. «La commission européenne hésite car l’Allemagne bloque», explique Patrick de Cambourg.Par ailleurs, les interprétations de la norme comptable peuvent parfois varier selon les pays .