Investir au son du canon
Vendre au son du clairon et acheter au son du canon. S’il suffisait de s’en tenir à ce vieil adage boursier, la vie des investisseurs serait simple. Mais les bruits de bottes à la frontière russo-ukrainienne montrent combien l’appréciation des risques géopolitiques s’avère complexe pour les opérateurs de marché. Non pas que ces foyers de tensions échappent à leurs radars. Dans les traditionnels sondages réalisés en fin d’année sur les perspectives d’allocation d’actifs, la géopolitique figurait en bonne place dans la liste des menaces pour 2022, au même rang que la pandémie, et un cran derrière les perspectives de resserrement monétaire. Une mention pour la forme : en pratique, bien peu d’investisseurs estimaient que la situation de l’Ukraine pourrait déstabiliser les marchés financiers et avaient jugé utile de s’en prémunir. C’est plutôt du côté de Taïwan et des positions toujours plus bellicistes de Pékin en mer de Chine que se tournaient leurs regards.