Les pays d’Europe de l’Est ont été particulièrement malmenés par la crise financière. Mais pour Marcus Svedberg, chef économiste de la société de gestion suédoise East Capital, spécialisée dans l’Europe de l’Est, la Russie et la Turquie, la bonne nouvelle est que «ces marchés n’ont pas de problème d’endettement structurel». En effet, la dette souveraine y reste très faible : la dette publique totale des pays d’Europe de l’Est est moitié moins élevée que celle de la zone euro. La dette des acteurs privés a certes augmenté trop vite, mais elle reste aussi limitée. Pour Marcus Svedberg, qui s’exprimait mardi à Paris, «les pays d’Europe de l’Est n’ont qu’un problème provisoire de refinancement».Néanmoins, le chef économiste d’East Capital pense que «la récession sera plus longue et plus profonde qu’en 1998". En effet, les marchés d’Europe de l’Est ne pourront pas s’appuyer sur des pays comme la France, l’Allemagne ou la Scandinavie, qui sont aussi mal en point, pour s’en sortir. De plus, ces économies ne peuvent pas stimuler leurs économies, ayant pour certaines obtenues l’aide du Fonds monétaire international.Mais la crise ne sera pas inutile, estime Marcus Svedberg. Car le FMI a demandé à ces pays de se réformer.Au total, le chef économiste pense que l’Europe de l’Est finira par afficher une croissance supérieure à ses voisins de l’Ouest, qui eux seront pour le coup pénalisés par leurs problèmes d’endettement structurel qui ne vont pas s’arranger avec la crise.En termes de gestion de portefeuilles, Aivaras Abromavicius, associé d’East Capital, a indiqué avoir augmenté l’exposition de la Russie, et réduit celle de la Turquie. Il souligne aussi le potentiel de la Pologne, dont le conservatisme a fini par payer, puisque c’est le seul pays d’Europe de l’Est à pouvoir afficher une croissance de son PIB. Pour Aivaras Abromavicius, les PIB du troisième trimestre vont encore être mauvais, mais ce devrait être le dernier trimestre de déclin. «A partir du quatrième trimestre, nous devrions enfin voir des taux de croissance positifs pour de nombreux pays», conclut-il.