D’anciennes personnalités de Rothschild ont fait parler d’elles cette semaine: l’ex-chancelier Gerhard Schröder a quitté la banque Rothschild en Allemagne après 10 ans de bons et loyaux services, tandis que Christophe de Backer, un ancien responsable d’Edmond de Rothschild, est revenu à ses amours d’antan au sein de la gestion d’actifs de HSBC à Londres. En Europe, sans réelle surprise les députés européens ont rejeté mercredi 14 septembre les modalités d’application du règlement PRIIPS visant à protéger les investisseurs de détail et les ont renvoyées à la Commission européenne pour révision. Le Parlement a soutenu le point de vue de sa commission des affaires économiques et monétaires (dite ECON) qui, début septembre, avait déjà rejeté le projet censé entrer en vigueur en janvier prochain. L’association européenne des gestionnaires d’actifs Efama s’est immédiatement félicitée du vote des euro-députés. Voilà en effet de quoi apporter un peu d’oxygène aux sociétés de gestion qui ne font que constater une pression croissante sur leurs coûts. Et les hedge funds sont en première ligne. Les retraits subis par les fonds spéculatifs les poussent à revoir leurs tarifs pour tenter de garder des clients déçus par leurs performances. Ainsi, l’agence Reuters a révélé que l’américain Caxton Associates a rejoint cette semaine la liste des gérants annonçant à leurs clients une réduction de tarifs. Avant lui, Och-Ziff Capital Management et Tudor Investment, entre autres, avaient déjà revu les leurs à la baisse. Les déçus de ces gestions sont notamment les family office, qui vont chercher de la performance dans d’autres types de gestion. Au niveau mondial, ils ont réduit leur allocation aux hedge funds, de 9 % à 8,1 % l’année passée. A l’inverse, selon le dernier Global Family Office Report 2016, réalisé par Campden Wealth Research et UBS, l’allocation réservée au private equity a augmenté de 2,3 points sur un an à 22,1%, soit près d’un quart du portefeuille moyen des family office à travers le monde. De toute façon, la gestion active n’a pas trop la cote en ce moment. Le S&P Indices Versus Active (Spiva) montre ainsi que sur les 12 derniers mois à fin juin, 90,2 % des fonds américains gérés activement qui investissent en actions domestiques ont été battus par leur indice S&P, lorsque les rendements sont calculés nets de frais. Mais si l’on en croit la dernière étude publiée par Schroders, cela pourrait bien passer inaperçu auprès du grand public. Sur la base des réponses de 20.000 investisseurs particuliers interrogés dans 28 pays, 63 % des sondés ne savent pas ce que fait une société de gestion d’actifs. De nombreuses personnes font la confusion avec un conseiller financier ou une banque d’investissement. Le constat est encore plus sévère en France où 71% des sondés disent ne pas savoir ce qu’est une société de gestion. Les nouvelles initiatives de l’Association française de la gestion financière (AFG) risquent donc aussi de rester relativement confidentielles sur notre territoire. Elle a en effet publié pour la première fois auprès de la presse des statistiques de collecte mensuelles. Et les chiffres sont bons. En juillet les organismes de placement collectifs (OPC) de droit français ont collecté 16,2 milliards d’euros portant à 32,9 milliards la collecte nette depuis le début de l’année. Toujours en France, le secteur de la gestion immobilière poursuit sa consolidation. Après les ententes entre Natixis et La Banque Postale en juillet, c’est au tour d’Amundi et Crédit Agricole Immobilier d’annoncer le rapprochement de leurs activités dédiées en fusionnant leurs deux filiales Amundi Immobilier et CA Immobilier Investors (CAII). Le nouvel acteur pèsera près de 23 milliards d’euros d’actifs. De quoi faciliter un développement en Europe auprès des grands institutionnels. BNP Paribas de son côté, s’applique plutôt à développer ses ETF pour lesquels la banque avait pris un sérieux retard. Sous l’impulsion d’Isabelle Bourcier, une ancienne de Lyxor et Ossiam, la filiale de gestion de BNP Paribas, Theam, espère ainsi tripler ses encours dans les ETF d’ici 2020 et revenir dans le TOP 10 des émetteurs en Europe, un classement qu’elle avait quitté en 2008. Theam souhaite de façon plus générale doubler les encours de son pôle « expertise indicielle » dont font partie les ETF. Ils pèsent actuellement 14,7 milliards dont 4,2 milliards en ETF.