Dans l’environnement actuel, «nous sommes très défensifs», a indiqué hier lors d’un point de presse Roland Lescure, directeur des gestions de Groupama Asset Management. Un portefeuille diversifié type sera à 40% sur les actions et 60% sur les obligations dont éventuellement une poche de cash, a-t-il précisé.Les perspectives se sont améliorées, à l’instar des indicateurs avancés aux Etats-Unis et comme l’a encore montré hier en Europe le plus haut atteint par le climat des affaires en Allemagne au mois de juin. «Il faut s’attendre à une croissance du PIB au second semestre aux Etats-Unis mais ça ne signifie par pour autant que la crise est terminée» a souligné Laurent Berrebi, responsable de l’analyse économique. Notamment pace que le commerce international ne reprend toujours pas, que l’ajustement des stocks des entreprises n’a fait que commencer ou encore parce que l’absence de rétablissement des profits éloigne les perspective de reprise de l’investissement. En zone euro, l’activité demeure sur une pente sensiblement baissière et aux Etats-Unis, le retour de la croissance peut être remis en cause par la remontée des taux longs et son impact sur les taux hypothécaires et les taux de crédit aux entreprises, la nouvelle hausse des prix énergétiques et l’explosion des défauts et son impact sur la solvabilité des banques. Même constat pour Marie-Pierre Peillon, directrice de l’analyse financière et extra-financière, qui estime que les perspectives de croissance sont toujours limitées malgré la levée de la contrainte de financement pour le secteur bancaire et les grandes entreprises européennes. Dans la banque retail, «l’activité reste gelée encore pour quelques mois» alors que dans la BFI, «le gâteau est certes plus petit mais il y a aussi moins d’acteurs pour se partager le gâteau», relève Marie-Pierre Peillon. Par ailleurs, les banques vont encore devoir passer des pertes très significatives mais qui vont surtout concerner le portefeuille de prêts, ce qui autorise un lissage que les pertes de trading ne permettaient pas. Philippe-Henri Burlisson, responsable de la gestion de taux, s’attend à un statu quo des taux des banques centrale sur les douze prochains mois et souligne qu’"après une pentification exceptionnelle de la courbe ces derniers mois, nous maintenons nos stratégies d’aplatissement en favorisant la zone 10 ans». Côté actions, les valorisations ont retrouvé des niveaux à peu près normalisés mais la prudence reste de mise en raison de trois grandes problématiques, relève Romain Boscher, responsable de la gestion actions. «Les particuliers ont arrêté de vendre mais ils ne sont pas encore franchement acheteurs; les fonds de pension, vu le vieillissement de la population, seront moins générateurs de flux nets à l’achat à partir de 2010; et les investisseurs institutionnels réduisent leur allocation actions en raison des normes comptables et de Solvabilité II». En outre, l’Europe, avec un marasme plus durable, arrive en dernière position dans l’ordre des préférences boursières, derrière les Etats-Unis, plus en avance dans le cycle, et certains pays émergents comme la Chine, qui ont préservé ou retrouvé une certaine vigueur.