Une plus grande aversion au risque qui se traduit par un recul des actions, des investissements alternatifs ou du capital-investissement au sein des portefeuilles institutionnels, au profit la part des titres monétaires, des produits de taux et de l’immobilier. Tels sont les tendances dégagées par l’enquête EIAMS (European Institutional Asset Management) pour 2009 (*). Dans ce cadre, l’immobilier est aujourd’hui considéré comme l’une desprincipales sources de performance absolue future, juste derrière les marchés obligataires. D’ailleurs, 15 % des investisseurs de toutes tailles ont l’intention d’en tirer un rendement absolu. Dans le détail, l’allocation globale au secteur immobilier relevée par l’enquête s'élève à 5 %. Bien que ce niveau soit comparable à celui constaté un an plus tôt, les investisseurs ont déclaré qu’ils prévoyaient d’accroître sensiblement leur exposition nette au secteur. L’enquête EIAMS a également noté un biais prononcé en faveur de l’Europe au sein de l’allocation d’actifs et une reconsidération par les institutionnels de leurs horizons d’investissement - en particulier pour les actifs internes dont ils doivent reconstituer la valeur. Alors que l’immobilier était auparavant plus prisé des investisseurs suisses (16 %), irlandais et britanniques (8 %). Depuis, le secteur a suscité un regain d’intérêt au Benelux (8 % en 2007 à 9 % en 2008) et en France (2 % en 2007 à 4 % en 2008). (*) Conduite pour la deuxième fois en partenariat avec Investment & Pensions Europe (IPE), l’enquête EIAMS 2009 couvre 117 investisseurs, soit un actif sous gestion de 477 milliards d’euros. Les investisseurs sondés sont à 80 % des fonds de retraite et à 82 % des fonds de capitalisation petite et moyenne (moins de € 5 Mds d’actifs gérés). Elle a bénéficié du soutien renouvelé de l’AFG, de NYSE Euronext, de l’association allemande BVI ainsi que d’Invesco
Selon l'étude d’European Private Equity & Venture Capital Association (EVCA), avec 2,5 milliards d’euros investis en 2008, l’activité du non-coté en Europe centrale et Europe de l’Est n’a chuté que de 18 % par rapport à l’année précédente, qualifié de cru exceptionnel.Les investissements «de croissance» sont passés de 132 millions d’euros en 2007 à 710 millions d’euros en 2008, représentant 29 % du total dediés aux fonds de private equity dans la région. A titre de comparaison, dans l’ensemble de l’Europe, ces investissements de croissance ont représenté moins de 14 % du total de la valeur des investissements. D’un point de vue géographique, l’investissement est resté fortement concentrée dans cinq pays - la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, l’Ukraine et la Roumanie. Ils ont attiré 86 % du montant total de l’investissement. Comme en 2007, avec 628 millions d’euros soit plus d’un quart du total de la région la Pologne a drainé les investissements les plus importants, devant la Hongrie et la République tchèque (avec 477 millions d’euros et 411 millions d’euros respectivement).
Réalisé à partir d’un sondage adressé entre le 11 et le 23 juin 2009 à l’ensemble des fonds d’investissement français, le baromètre d’AeliosFinance a pour objectif d'étudier les prévisions d’activité de ces derniers pour les 6 prochains mois.A partir des 60 réponses recueillies, il ressort qu’en dépit d’une baisse des valorisations des entreprises à laquelle ils s’attendent, les fonds ne sont pas en position d’attentisme. Bien au contraire: 57% d’entre eux déclarent vouloir augmenter leur rythme d’investissement contre 26 % qui pensent maintenir un niveau similaire aux six mois passés et 17 % qui pensent réduire cette proportion. En outre, malgré l’ampleur de la crise, 39 % des fonds de capital-investissement continuent de recevoir un nombre croissant de dossiers par rapport aux six derniers mois, et 41 % estime que ce nombre est équivalent. Seuls 29 % ont noté une baisse comparé au semestre précédent. Quant à la qualité des dossiers, elle est jugée bonne pour 66 % des sondés – à rapprocher avec les 13 % qui les estime plutôt bons, les 17 % qui les jugent «plutôt mauvais» et le solde qui les considèrent de «mauvaise qualité». La crise a également laissé des traces dans les comportements. Ainsi, les fonds se montrent sélectifs et recherchent des sociétés plus mûres. Exemple : en matière de capital risque, les fonds étaient 81 % en janvier à vouloir investir à «l’amorçage», mais ne sont plus que 53 % en juillet. Autre exemple, dans le cadre d’une transmission-LBO, ils étaient 50 % en janvier à être partants en capital-développement (minoritaire), mais ne sont plus que 36 % en juillet. Cela étant, en dépit d’un contexte économique difficile, les capital-investisseurs font preuve de sérénité. Bien que légèrement inférieures à leur budget pour 54 % d’entre eux, les performances financières de leurs participations ont tendance à s’améliorer. Si aucun ne juge les performances financières de leurs participations actuelles nettement supérieures à celles réalisées entre janvier et juillet, ils sont toutefois 22 % à les estimer en ligne. En outre, beaucoup n’ont pas de problème de collecte ou anticipent une collecte bonne (20 % des sondés) ou moyenne (30 % des sondés). Reste que pour les fonds de capital risque, le problème majeur est la baisse importante des opportunités de sortie (en forte diminution selon 53 % d’entre eux). Mieux vaut faire le gros dos et laisser passer la tempête comme le pensent la plupart des personnes interrogées. A ce titre, 72 % estiment que la faible capacité de financement bancaire va se poursuivre dans les 6 prochains mois, contre 13 % qui pensent qu’elle va se débloquer. On notera également que pour les fonds de transmission et de développement, le problème d’accès à la dette constitue un frein majeur qui est appelé à perdurer. A noter également que certains craignent par ailleurs les évolutions réglementaires en discussion actuellement.
«Nous restons mobiles et pragmatiques. Il ne faudra pas hésiter à changer d’avis». Sur cette phrase, Dominique Netter, président du comité stratégique d’allocation d’actifs, a conclu jeudi la présentation de la politique d’investissement de La Compagnie Financière Edmond de Rothschild (LCF Rothschild), non sans avoir avancé l’hypothèse qu’après «six mois anxiogènes», elle «ne pense pas que le troisième trimestre sera plus bas».Sur le plan macroéconomique, Dominique Netter considère que le pire de la super-récession est désormais derrière nous et qu’il n’y a pas de risque d’inflation à 24 mois. On pourrait ainsi voir le S&P 500 à 1050, au terme d’une hausse de 10-15 % maximum.Cela posé, en matière de placement, «on garde les primes d’assurance que sont les emprunts d’Etat et l’or». D’autre part, LCF Rothschild croit toujours aux obligations d’entreprises investment grade, qui conservent énormément de valeur, ainsi qu’aux convertibles. Sur le front des actions, il pourrait y avoir de bonne surprises dans les pays développés, en Europe, dans les valeurs exportatrices américaines, dans les japonaises et dans la «croissance verte» (infrastructures et énergies alternatives).
Selon L’Agefi suisse, Dipankar Shewaram, gérant de fonds chez Western Asset, une filiale spécialisée dans l’obligataire appartenant à Legg Mason, estime que le marché de la dette corporate est plus intéressant que celui des actions. La situation actuelle présente une caractéristique différente et cruciale pour investir dans la dette des entreprises: ce ne sont pas les fondamentaux de crédit des acteurs qui se sont détériorés et qui ont eu un impact sur les spreads mais la diminution de la liquidité des prêteurs. Par ailleurs, il ne vaut pas la peine de s’aventurer hors des marchés matures. «Les opportunités sont telles parmi les champions nationaux des pays développés que l’on peut proposer des fonds avec un risque faible et qui offrent un rendement intéressant sans aller voir dans les pays émergents». Pas la peine non plus de s’intéresser au «high yield». «C’est encore trop tôt,» estime l’expert. «Les investisseurs regagnent petit à petit la confiance et envisageront des paris plus risqués, mais cela prendra du temps». En revanche, il exclut presque entièrement un secteur: la dette gouvernementale.
Nommé début juin directeur des fonds de fonds chez DWS, Udo Rosendahl a annoncé à Citywire son intention d’ouvrir désormais la gamme à des fonds externes. D’après Das Investment, la gérante senior Johanna Piechiski envisage de faire entrer dans les portefeuilles le JOHCM Continental European Fund, le First Private Aktien Global et le Fortis L Equity World Fund pour les actions ainsi que l’Investment Grade Bond Fund (Bluebay) et le LBBW Rentamax pour l’obligataire.
Selon le baromètre des fonds espagnols, un sondage mensuel réalisé par Lipper auprès de 14 sociétés de gestion, 53,85 % des gérants interrogés jusqu’au 1er juillet ont fait état d’une exposition neutre actions contre 38 % le mois précédent, tandis que 7,69 % seulement sont surexposés (en fait cela correspond à un seul gérant). D’autre part, 38,46 % sont sous-exposés aux actions et d’une manière générale, la poche actions dans le portefeuille a été réduite à 36,18 % contre 36,56 %, indique Cinco Días. D’autre part, le cash représente 26,41 % des encours.
Dans un entretien au Temps, le Dr V. Anantha-Nageswaran, directeur des investissements de la banque Julius Baer depuis fin mars, estime que les marchés d’actions pourraient tester leurs plus bas niveaux. De son point de vue, «la propension au risque est trop élevée et rejoint ses niveaux d’avant la crise (…) Aussi longtemps que l’investisseur n’exige pas une prime de risque pour ses actifs et qu’il accepte les hypothèses d’autres gens sans poser des questions suffisamment dérangeantes, nous pourrons revivre une forte baisse», explique-t-il.
La crise économique et financière semble avoir modifié profondément l’attitude et les pratiques des investisseurs : telle est la principale conclusion de l’enquête EIAMS 2009 (1) publiée par Invesco. Outre une rotation importante de l’allocation d’actifs en faveur des produits de taux et des produits de trésorerie au détriment des actions, l’enquête montre que les investisseurs sont de plus en plus attentifs à l’horizon de placement, puisqu’ils doivent maintenant redresser la valeur de leurs portefeuilles après les récents bouleversements des marchés.« Les investisseurs ont perdu beaucoup d’illusions sur les mérites des différentes classes d’actifs, et demeurent toujours confrontés à la difficulté de construire des portefeuilles sur la base des performances attendues et de la diversification des risques. Ils ont désormais beaucoup moins de certitudes quant au rôle que peuvent jouer aujourd’hui les différentes catégories d’actifs en matière de performance», souligne Yves Van Langenhove, Directeur commercial institutionnel pour le Benelux et la région nordique chez Invesco.Combinée à l’impact mécanique de la baisse de la valorisation des actifs actions sous l’effet de la chute des marchés (l’indice MSCI Europe a reculé de 43% en 2008), la recherche de sécurité par les investisseurs a affecté les parts relatives des différentes classes d’actifs. La part des actions au sein des portefeuilles est passée à 25 %, contre 32 % un an plus tôt. La proportion des investissements obligataires a gagné 3 points de pourcentage à 54 %. Les produits de trésorerie sont les grands gagnants : ils représentent désormais 10 % des actifs en portefeuille, contre 6 % l’année précédente. 14 % des investisseurs sondés prévoient de continuer à renforcer leur allocation en produits de trésorerie et seuls 5 % envisagent d’alléger leurs positions en portefeuille. On note également le succès croissant des obligations d’entreprises, qui représentent aujourd’hui 18 % de l’ensemble des actifs contre 12,9 % dans l’enquête EIAMS 2008, ainsi qu’un biais prononcé en faveur de l’Europe au sein de l’allocation d’actifs. Ainsi, en moyenne, 81% des actifs sont investis en Europe contre 8,7% aux Etats-Unis et 2,2% en Asie.Pour l’avenir, les investisseurs qui prévoient d’accroître leur allocation en actions sont aussi nombreux que ceux qui prévoient de la réduire, ce qui laisse suggérer un optimisme prudent quant à la possibilité d’une issue à la crise. Toutefois, dans l’ensemble, les investisseurs interrogés considèrent les produits de taux comme la plus importante source de performance absolue, suivie par l’immobilier.(1) Il s’agit de la 9ème enquête européenne sur la gestion des réserves des investisseurs institutionnels, conduite en collaboration avec Investment & Pensions Europe (IPE) entre décembre 2008 et avril 2009. L’enquête EIAMS 2009 repose sur l’analyse de réponses de 117 investisseurs issus de 24 pays (France, Allemagne, Benelux, Grande-Bretagne, Irlande, Suisse, Italie…) représentant près de 477 milliards d’euros. Elle a bénéficié du soutien renouvelé de l’AFG, de NYSE Euronext et de l’association allemande BVI.
Le gérant-star Jim Rogers indique que son allocation au dollar est actuellement plus basse qu’il y a un an, qu’il n’a pas acheté d’actions américaines depuis le début de l’année et qu’il envisage de vendre des Treasuries à découvert, rapporte la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Pour lui, l’endettement croissant des Etats-Unis sape la confiance dans le billet vert. Il a en revanche acheté des francs suisses et détient aussi des positions en yen, en dollars de Singapour, en yuans ainsi qu’en dollars australien et néo-zélandais.
Dans un point de vue publiée par l’Echo, Emmanuel Kragen d’Exane Derivatives, estime que le rally des émergents, qui a surpris bon nombre d’investisseurs, pourrait révéler une tendance de long terme: la surperformance des marchés émergents par rapport aux marchés développés. «Il faut bien s’y résoudre: l’essentiel de la croissance mondiale, dans les années à venir, nous viendra du développement de la consommation dans les pays émergents. La thèse du découplage de la croissance, un temps discréditée par la phase de sous-performance, regagne en crédibilité», écrit Emmanuel Kragen dans le quotidien.
Emily Porter, gérante de portefeuille au sein du Universities Superannuation Scheme (USS), a rappelé que fonds de pension a décidé en 2007 d’investir jusqu'à 20 % de son portefeuille de 23 milliards de livres en produits alternatifs et qu’elle envisage de sélectionner 25 hedge funds d’ici au plus tard deux ans, rapporte Professional Pensions. L’objectif sera de générer une performance de 500 points de base supérieure au Libor avec une volatilité de 50 % de celle du marché actions. L’USS a l’intention d’utiliser les services d’agrégateurs de risques.
A compter du 1er juillet 2009, l’indice de référence des fonds mixtes de Fortis Investments évolue vers le Smart Benchmark III, une allocation d’actifs actualisée qui tient compte «des nouvelles opportunités de valorisation» à la suite de l’effondrement récent des marchés. Dans le cadre du processus de révision, Fortis Investments a également actualisé le modèle utilisé pour intégrer les nouveautés issues de recherches universitaires et du secteur de la gestion d’actifs dans le cadre de la construction du portefeuille afin d’obtenir les meilleurs profils rendement-risque.La première version de Smart Benchmark avait été lancée en novembre 2002 et la deuxième, avec l'émergence de nouvelles classes d’actifs, en octobre 2005.
Profitant de la remontée des marchés, les grandes familles espagnoles comme les Polanco, les Serratosa Caturla, les Sanahuja ou une partie des Areces ont retiré durant le deuxième trimestre de l’argent de leurs Sicav pour faire face à leurs besoins de liquidités, rapporte Expansión.Les Polanco, principaux actionnaires de Prisa, ont par exemple retiré 60 % de l’argent dans leurs Sicav Nomit III Internacional, Nomit Inversiones, Nomit IV Global et Euro K Inversiones (gérées par le Banco Urquijo, le BBVA et Abante Asesores), soit 163 millions d’euros, au premier semestre.Les Serratosa Caturla ont retiré 72,9 % de leur Sicav Nerei Inversiones et 46,8 % de Rentactivo Capital pendant que les Sanahuja faisaient de même pour 46,1 % de Cartera Cresa. Les Areces, fondateurs d’El Corte Inglés, les ont imités en retirant d’importantes sommes de Tricon Inversiones. Mais les plus forts retraits ont été ceux d’Amancio Ortega (le président fondateur d’Inditex) qui a réduit de moitié ses placements dans les Sicav Keblar, Gramela de Inversiones et Alazán Inversiones 2001.
Selon Les Echos, Paris Europlace, l’association de promotion de la place parisienne qui ouvre sa conférence annuelle ce jeudi, a initié une douzaine de chantiers, présentés mardi à la ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, Christine Lagarde, pour tenter d’accroître son influence face à la City. L’association estime, par exemple, que la capitale peut devenir la place de référence en matière de finance environnementale pour peu qu’elle obtienne les aménagements réglementaires lui permettant de domicilier en France les fonds carbone et d’attirer le futur marché primaire des quotas d'émission de CO2.
«Les bénéfices futurs des banques ne vont pas venir du consommateur, ni des prêts, mais de la flexibilité qu’ont certaines institutions à se restructurer, à réduire leurs coûts et à gérer leurs capitaux de manière plus agressive et efficace», estime Guy de Blonay, gérant de Henderson Global Investors (ex-New Star), spécialisé dans le secteur financier, de passage à Paris.Dans cette perspective, le gérant a modifié l’allocation de son fonds, le New Star Global Financials Fund. Ainsi, il est de nouveau investi à 100 %, alors qu’en mars il était à 40 % en obligations. Ce retour sur le marché actions est aussi lié à la volonté du gérant de profiter de la reprise des cours, du retour de l’inflation et des restructurations.Par ailleurs, après avoir évité les banques britanniques pendant une longue période, Guy de Blonay en détient désormais 15 % dans son fonds, notamment Barclays, Lloyds. Les banques américaines font aussi leur retour dans le portefeuille du gérant, après avoir été bannies pendant 4 ans, à hauteur de 10 %. Le gérant cite notamment JPMorgan, qu’il pense être l’un des gagnants de demain, et Bank of America.Les marchés émergents, et notamment la Chine et le Brésil, constituent aussi un thème de prédilection pour Guy de Blonay, et représentent 15 % du portefeuille. Pour lui, les banques chinoises vont bénéficier pleinement des capitaux débloqués par le gouvernement pour les travaux d’infrastructures. Il mise notamment sur Industrial and Commercial Bank of China (ICBI), la plus grande banque commerciale du pays. Quant à la Russie, le gérant commence à y revenir.En revanche, il a réduit son exposition aux banques européennes qui, selon lui, continueront à avoir des problèmes. Enfin, si Guy de Blonay pense qu’il y a un potentiel de reprise dans le secteur financier, il ne pense pas pour autant que nous allons pouvoir renouer avec la situation connue il y a 5-10 ans.
En Allemagne, le boum de la gestion passive ne se manifeste pas seulement par les fortes souscriptions dont bénéficient les ETF. Il se concrétise aussi à l'échelon des fonds institutionnels (Spezialfonds). Universal Investment chiffre à près de 8 milliards d’euros l’encours de ses Spezialfonds passifs, rapporte la Börsen-Zeitung. State Street gère de son côté environ 12,4 milliards d’euros pour des clients allemands et autrichiens dans des mandats passifs, ce qui représente 65 % de son encours dans la région. Quant à DB Advisors, le spécialiste de la gestion institutionnelle dans le groupe Deutsche Bank, il gère environ 6,8 milliards d’euros en mandats passifs actions et obligations.
Depuis le début de l’année, JPMorgan Asset Management a enregistré en Europe des souscriptions des 700 millions de dollars pour son fonds marchés émergents mondiaux, 600 millions pour son fonds Chine et 300 millions pour son fonds Russie, ce à quoi l’on peut ajouter environ 550 millions de dollars pour les deux fonds de ressources naturelles, a indiqué lundi Cyril Toma, client portfolio manager à Paris. Les rentrées ont débuté en mars-avril et sont surtout provenues de Scandinavie, du Benelux et de Suisse. Les cinq thèmes porteurs pour les prochaines années dans les marchés émergents seront les infrastructures, la consommation des ménages, les services financiers, les télécommunications et les matières premières. Dans les services financiers, JPMAM privilégie le secteur hypothécaire avec Sberbank en Russie, Banorte au Mexique ou HDFC en Inde. Dans l’ensemble, poursuit Luke Richdale, client portfolio manager, emerging market equities, les valorisations demeurent attrayantes.L’Asie au cœur du dispositifPour sa part, Pinakin Patel, client portfolio manager, Japanese and Pacific region equity group, rappelle que le groupe JFAM emploie 83 professionnels de l’investissement et gère environ 46,5 milliards de dollars en Asie. Chacun des spécialistes a connu au moins trois phases de marchés baissiers dans la région. L’expérience des crises passées à montré selon Pinakin Patel qu’il faut vendre lorsque les actions se traitent à trois fois la valeur comptable et acheter à une fois la valeur comptable. Actuellement, après la reprise de ces derniers mois, le ratio est de 1,7 (on était à 1,1 en mars). JPMAM est surpondéré sur la Chine,l ‘Inde et l’Indonésie, et sous-pondéré sur la Corée du Sud, Taïwan, Singapour et les bancaires australiennes.La poche de liquidités est assez importante pour l’instant, le gestionnaire -qui a pris ses bénéfices- attendant la consolidation pour revenir sur le marché. Ce repli temporaire escompté pourrait porter sur 10 à 15 %.
Roland Vogel, directeur financier, a indiqué vendredi qu’Hannover Rück (Hanovre Ré) ne compte revenir sur les actions qu'à partir de septembre au plus tôt. Mais, précise la Frankfurter Allgemeine Zeitung, les participations ne dépasseront pas les 4 % du portefeuille et la part des actions cotées sera maintenue sous la barre de 1 %. Le rendement du portefeuille devrait être cette année de 3,4-3,8 %, alors qu’il est tombé à un catastrophique 0,4 % pour 2008, comme l’indiquee de son côté la Börsen-Zeitung.
Dans un entretien aux Echos, Bruno Le Chevallier, gérant chez CCR/UBS Global Asset Management, estime que « sauf à parier sur la déflation, les actions restent le meilleur investissement à moyen terme et le seul actif vraiment liquide ». Avec la mondialisation, souligne-t-il au quotidien, « la flexibilité s’impose car les solutions ne peuvent plus être seulement régionales mais globales». De son point de vue, «la gestion flexible est une gestion opportuniste. Elle témoigne des convictions de son gérant à un moment donné. Elle le délie des contraintes du suivi d’un indice. En aucun cas, il ne faut voir dans la flexibilité une démission du gérant face à des arbitrages qui lui sembleraient difficiles. Au contraire. Elle témoigne de son talent et d’une responsabilité qu’il assume pleinement au lieu de se faire porter par un indice. »